VIVE LA SOCIALE
Eli bien, oui, o'est moi, Vireloque, Thomas Vireloque, le biffin du faubourg, qui, après trente ans do lutto, so croyait. bien îp droit de se reposer uu peu. Je t’en fiche! En 1800, je cognais sur l’Empire dru et sec, et quand le Bàdinguet a filé comme ùu lâche qu’il était, je sui|> rentré dans ma turne, bien content d’avoir la République, mou vieux' rêve-do garniu !... Dame, ça n'a pas été comme sur dos roulettes, ot les copains de la Commune ont ou du fil a retordre. Mais enfin, maigre Foutriquet lui-même qui devenait ropublieuin — comme il fût devenu honnête, parce qn’il ne pouvait pas faire autrement - les rois étaient bien finis et fichus. Et je me disais : — Varna petite République, boulotte ton petit bonhomme de chemin... ça ira ! ça ira !
Je piquais bien encore de temps en temps dans. ma hotte des libelles do jésuites et dos pamphlets de badinguèusards. Bail ! .-a me servait ! Et je continuais à uie terrer, quand en 1877... Ali ! los gueux, les Seize-Ma.veux ! Vous avez presque oublié ça, les amis ! Eh bien, vrai! nous n’eu avons pas mené large à ce moment là, lo vieux Vireloque a compris qne le devoir des bons était do reprendre la triquo ot — c’était au Peuple et à la Marseillaise • j’ai vogué, beu .dieu de bois ! à en avoir le poignet démanché. Mac-Mahon a dégringolé dans lu mnr...éelialerie,.et moi, de mon seul mil — je suis borgne, mais j’y vois clair, — j’ai constaté que la République était sanvéo.
Alors plus besoin de moi, pas vrai ! jo me sais remisé dans ma cas sine et j'ai .lit. : — A votre affaire, maintenant, Ifes jeunes, et faiteo-tnei une République, là, d'apiotnb !
Mais, vous savez ! ono République do républicains, où la liberté ne se;l pas nno blague el A -entité uu attrape-nigauds ..
Et puis vuy.v.-von», < Vst très beau, la ipulitique, les minisbii
las parus, le Centre gaucho, ré., B.lieamo, le radicalisme...
des mots très ohouéito > Mais il y a von-oura quoique chose qui mo c- iilbiiuio, lu soûle cl. ise à laquelle on ne ponse .pas... o’est qao pour no pas crever*, on a besoin de manger au moins ono fois par jour.fll y en a qui bouffent plus que en, mais enfin, faut pas être chien.
Eh bien, il n’y à pas adiré mon bol ami ! Voilà quinze ans quo nos politiciens tiennent la queue do lu poêle ot la poële-elle-mèmo. Dilos-ruoi un pou pour voir ee que uotis autres, du populo, nous avons trouvé là-iledans à nous mettre dans l’tesophage.
Que ça soit Gambetta, Floquet, Périer, Ferry — qui vous voudrez, quoi! — V a-t-il uu seul de oes noms qui veuille dire : — Le pain coiito un sou do moins?... Je t’en fiche ! Tous la mémo rengaine. Des impôts à vous tuer. Quand on proteste, on Vous répond : — C’est la sécurité de la patrie qui vent ça, ou bien • — e’ost la dignité do la Franco ! — ou bien : — Il faut bien .que le luxe marche... est-ce qne jo sais ? Dca rengaines qui ont toutes lo même sens ; — Populo, sorre-toi le ventre et tais-toi !...
Vous nous avez fait une pauvre République qui ressemble- à un décor d’opéra, tout toile et tout châssis. Du solide, du vrai. jias un atome, tout camelote.
L’ouvrier travaille comme un nègre, sans avoir un sou de glus devant lui. Comme jadis, s’il a huit jours de maladie, c'est la misère, s’il a un mois de chômage, c’est la mort. Comme autrefois, nos femmes se tuent a dos labeurs de forçat ot nos -'enfants sont à la charité publique.
Le premier devoir do la République est do nous assurer à tous lo pain quotidien, la sécurité en cas de maladie, lo repos' pour lu vieillesse...
Qu’est-ce que vous avez fait pour ça ?
J’ouvre vos journaux. Qu’est-ce quo j’y vois ? Des polémiques sur un lus do balivernès, de questions de vanité, de stupidité, los mérites do M. Dupuy ou do M. Cavaignac, îles blagues sur Carnot ou des dithyrambes sur Casimir... qu’est-ce que ça me fout, tout ça!... Le pape fait risette à la République, la Russie nous fait les deux yeux en mettant la main dans nos poches, ça fait-il que lo proprio nous fiche moins à la porte, si nous ne lui donnons pas le meilleur do notre pauvre galette, ça fait-il qu’on crève moins de faim dans les mansardes ou sous les ponts ! Misère et corde ! Il n’y a riou de changé.
Si fait, il y a ceci. C’est qne coùmio. les camarades ont commencé à montrer les dents, qu’ils ont furieusement longues, les gens bi«u pensants, bien gras et bien portants, les exploiteurs do tout poil et de touto catégorie so sont senti los coudes, et qu’ils tapent sur los socios et sur les proies, à mort. Ils ont inventé unis nouvelle loi dos suspects et un nouveau mot, les anarchistes. Avec oes mous-là, on décime le populo. Nous connaissons ça.
a République. C’est pas pour ça qu’avec les copains tu as Bisqué cent fois ta peau. Puisqu’elle te veste, il faut la risquer e. Il y a le dab du Chambard qu’est un zigue, un jeune à Vas-y lui demander un petit coin où tu puisses gueuler â ton it plaider d’attaque la cause des miséreux... n’en faut plus de miséreux !
s donc venu, et le camarade m’a dit : — Voila du papier, moi tes idées là-dessus et vive la Sociale !... ui, la Sociale; ou on nous étripera ou nous l’aurons !
Thomas Vikeloque.
Pour copie conforme :
Jules Lermina.
GLANE DE MEGOTS
me oroircz si vous-vonlez, lundi dernier on pouvait lire la ■lvasQ suivante dans un article du Siècle , signé Yves (îuyot :
« M. Dosjardins et moi nous sommes des hommes de foi. »
J} Le typographe a commis une coquillo, évidemment. C’est fuie One portait le manuscrit et cela s’explique d’autant mieux que Buyot l’a fait sauter dans toutes les poèlos dont il espérait tenir la queue.
f H. Francis Magnard constate le succès de l’expérience faite mur les grands manufacturiers anglais MatT.er et Prott qui ont inauguré la journée de huit heures dans leurs usines. Le rédacu chef du Figaro s’en félicite et conclut... qu’il no faut pas r satisfaction aux travailleurs français lorsqu’ils réclament la limitation. légale de Ta journée do travail à huit heures.
M. Mngtinrd- préfère que les patrons prennent cette initiative. Ou voit bien qu’il ne les connaît pas on qn’il se moque du monde. 11 [Rendrait un autre langage s’il devait gagner son pain dans un
. Extrait dn oompte-rendu do l’inauguration du lycée do jeunes filles à Versailles, publié par le Petit Journal :
« M. Spullor a pris part à la préfecture à un déjeuner de qua-
nle couverts... Les pompiers do la ville do Versailles rendaient les honneurs. »
Toujours la mémo ohose : le ministre s’ost empiffré et les pompiers ont rendij.
Vérité — qui place co mot en titre pour se dispenser de lu ohose — nous annonce que quinze cents ouvriers do Hrest ont " ' u comité ouvrier catholique. 11 se disent républicains, so-
i et chrétiens,. partisans. de la religion et île la propriété... j Comprenne qui pourra! Socialistes chrétiens c’est déjà drôle, lirais, ■socialistes partisans "de la' pfôprieté, c’ést à faire rougir Reiïacîi lui-même. On ne fait pas jurer les mots aussi grossièrement quand on a tloTu roligiOn.
Noiro camarade Jean Barbier, rédacteur on chef du Petit t'Jerliontois ayant été injurie par uu marchand de patenôtres nommé T. Bon, lui envoya ses témoins. Ceux-ci revinrent avec cette réionse : « M. .1. Bon ne se bat pas en dnol parce que sa religion -e lui défend. , , " /. -
Eu vertu du mèmè précepte évangélique, Jean Barbier souffleta " , qui l’a trouvée mauvaise. Pourtant le Christ recommande de
.„...<ro la joue gauche quand la droite a été giffléc.
L’. ta tarifé1 appelle .1. Ron un brave. Cassaghac s’y connaît. 11 faut on effet une forte dose de .courage pour recevoir des soufflets
18 ‘ ,ro ‘ -m-
! Lo Triboulel agrandit son finamis non hospitalité excessives M. Willy peut ÿ .écrire on répons»! à l’un, de ses ilétfiœteùts : SU Quant alumnorer, diuis l 'Echo de Paris, de la réclame qu’il * quémande, npu, |>a» si bote. *
Le Triboulel a doi hôtes charmants.
AVISAUX COLLECTIONNEURS
. 11 est tiré do tous les dessins publiés par le Chambard, certt éprouves lithographiques hors texte, sur papier do luxe, numé- IQtéca .du, L à. 1»0. Prix : 2fr,ancs epnoir; 2 fr. 25 on couleur.
“ S’adresser onezM'. Kleinmann, 8, rue do la Victoire.