LES PITRES DU PATRIOTISME
Le régime sous lequel gémissent les malheureux Alsaciens- Lorrains inspire de temps à autre d’hypocrites doléances aux organes patrouillotunts. Mais cela ne va jamais plus loin et lorsque d’aventure ils se trouvent, comme l’intègre Rurdeau, ou comme le sénile jésuite Jules.Simon, à portée des bottes du so-.dard Guillaume, ils n’ont rien de plus pressé que de les humblement baiser, très fiers lorsque le tyran de l’Alsace-Lorraine veut bien leur faire l'aumône de quelques cadeaux méprisants.
Ces vertueux époux delà Patrie savent fort bien, comme vous voyez, donner, quand ça leur plaît, des coups de canif dans le contrat. Et pourtant la malheureuse épouse leur a constitué de jolies dots. Rurdeau vit sur un pied de quaj-anle mille livres de rente. Simon a casé sa progéniture dans de fructueuses sinécures.
Il croient Ja payer de retour en prodiguant les imprécations contre les socialistes assez humains polir soutenir que les travailleurs de tous pays no sont pas précisément créés et mis au monde pour s’entre-égorger et que les froii-
Les journaux ministériels nous apprennent queM.Casimir- Pericr a reçu les délégués mineurs que lui ont présentés les citoyens Jaurès, Charpentier, Tnivrier et Lamendin, députés socialistes.
Et ils ajoutent : L’entrevue a été courtoise..
Ce qui veut dire que, dérogeant à ses habitudes, le Pandore de l’ordre bourgeois n’a pas donné ordre à lu garde de passer ces visiteurs à tabac.
D’ailleurs, M. Casimir Perier, gros actionnaire des mines d’Anzin, n’a aucune raison d'en vouloir aux mineurs. Il doit même garder d’eux des souvenirs touchants...
Le ministère se prépare à expulser deux cents socialistes étrangers. Ce n'est pas tant leur naiionulhô que leurs opinions qui leur valent eette aimable attention du suave Ruynal.
En effet, la Bourse est remplie de filous de tous pays, quand ils en ont un, qui ne restent en France que pour gruger le bon public.
Raynal, loin d’inquiéter ces messieurs, les couvre de sa haute protection, réservant toutes ses rigueurs pour les socialistes qui sont d’honnêtes gens.
On s’étonnait devant M. Aynard que son gendre eût fait si rapidement son chemin.
— Mon Dieu, oui, répondit, modestement le banquier ploutocéphale. A laChambre, il a percé assez vite.
— Comme les clous sur Mermcix, ajouta Viviani, — une mauvaise langue, entre parenthèses.
Nous lisons dans le compte rendu analytique de la séance du 18 déeembre.(Chanibre des députés):
M. famille Péllelan.— ...Croii-onquelaChambre soittombée si bas qu’elle en serait réduite à ne manifester que des regrets ?
M. Rouvier, président de la commission des crédits supplémentaires.— Faites-rfoùs des propositions !
Incorrigible ce Rouvier. Le proverbe dit : « Chassez le naturel, il revient au galop w.liaus ce cas spécial, on aurait dû renfermer.
Au cours des débats engagés à propos de l'arrestaiiou arbitraire du citoyen Naudin, directeur du Petit Calaisien, le citoyen Viviani s’est écrié : u Ce que vous voulez, c’est affaiblir le parti socialiste, parce que vous savez qu’il y a là une force oui viendra vous balayer. »
Aussitôt les ordures du centre et delà droite de réclamer un rappel à l'ordre, comme si l’ordre ne consistait pas précisément dans le balayage des ordures.
Musset irevu et corrigé par Antonin Dubost, qui, sous l’empiré, s’installa dans les bureaux de la Marseillaise, pendant que Rorhefort et ses collaborateurs étaient en prison. Mon verre n'est pas grand,
Je bols dans ceux des autres.
A présent, Dubost ne doit plus se plaindre. Il a dos sceaux à sa disposition. Qui se ressemble, s'assemble.
Les journaux cléricaux traitent de carnaval impie la Société du bap ême civil qui vient de se fonder à la Maison du Peuple de Montmartre.
Pour du toupet; ils ont un lier toupet de parler de carnaval, ces saltimbanques impudents qui passent leur vie à jouer une comédie ridicule, costumés en fantoches de saturnales; qui avalent chaque matin, avec d’horribles grimaces, un pain a cacheter et sifflent en gueulant comme des veaux un demi-setier de vin blanc.
Ali ! les fumistes.
Extrait d’un anicle de Gornély, le plus royaliste des imbéciles a moins qu’il ne soit le plus imbécile des loyalistes :
*. La République française s'achemine tout doucement “ vers une législation que la Russie lui envierait; mais, cette “ législation, saura-t-elle l’appliquer comme on l'appliquait
dans leministère Cas i i
r ia monnaie
« Voilà le problème. »
Nous répondons avec assurance : il y a dans leminisl Casimir-Perier la monnaie d’un isar. Mais quel boni serait assez naïf pour la faire ? Un ne va lias changer pièces dans une boutique où Rurdeau tient la caisse.
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