ON N’A VU ÇA
NOTA. — Pour tous renseignements s'adresser au Figaro ou à. M. Casimir-Périer, ou à M. de Bismarck.
L’imprimour-gérant : Géiiauit-Riciuiid, II, rue Duperré, Tarie.
, saluant ceux qui en revenaient, $
î lignes et nous défilâmes entre la mplissait la place ne savait plus qui les héros d'hier ou ceux de de- la Roquette, çj ine, marquant
ceux qui marchaient à la t ponr toujours.
Lo bataillon fédéré se m.. .
colonne et lui. La foule qui et saluer, les morts ou les vivant main. Quand nous nous engageâmes dans ... .... nous les vîmes qui filaient par la rue Saint-? joyeusement le pas, les clairons sonnant haut.
Au Père-Lachaise, où des fosses avaient été creusées — ce n’était point les premières, la veille on avait enterré le colonel Henry, tue sur le Mont- Y alérien, — il fallut longtemps pour hisser les cadavres. Ce défilé à travers les tombes — ces tombes qui devaient voir l’égorgement final — fut saisissant. Au loin, la canonnade faisait rage, et, par dessus la masse noire des cyprès, dans la campagne verdoyante et lointaine, on cherchait involontairement les limites de cette bataille do tous les jours où d'autres ne pour ne plus se relever, x faible ut saccadée, dernier souffle vaillante et forte qu’enveloppait un is ou entendit lorsqu’il se baissa pour te grande rumeur s’élever de la foule montée du l’ére-Lachaise et nous tertre où s’élève aujourd’hui lo fastueux monument, du vainqueur de la Commune. Pnlrinm, dit ex il.
— dit l’enseigne — veritatemcoluit. O Patrie ! O Vérité.
La foule défila lentement devant, nous. Nous n'entendîmes que .;.' des cris de vengeance.
— Je repars ce soir à Vanves, me dit, en me serrant à les ocra- : sér, les mains que je tenais croisées derrière lo dos, la voix de la eantinière...
Quelques jours après, dans cette môme nécropole du Père- •. Lachaise, une dame voilée et deux jeunes gens rendaient les derniers devoirs à lour fils et frère, victime, lui aussi, do la guerre civile. Ou m’a dit que, ce jour là, se déployait, à cent pas plus loin, la pompe glorieuse d’un enterrement fédéré, semblable à celui dont je viuns de retracer le tableau.
< L'homme que l’on ensevelissait ainsi en silence était Gustave' . Fleurons. La dame voilée était la mère du général de la Commune, tué à Ohatou,- le 3 avril.
tombaient
Delescluse paria d’une qui s’échappait de cotte â corps débile. Il parla peu, ..
jeter la tlour (l'immortelle,
Nous arrivâmes à la Bastille.
La colonne était encore toute fleurie des pèlerinages qui précédèrent et suivirent le 18 mars. ■
Lo génie de la liberté, drapé dans une longue bandorolle rouge, resplendissait au soleil. Le long de la colonne olle-môme, très haut au-dessus du piédestal, des couronnes d’immortelles étaient accroohéos. 11 avait fallu des trésors d’audace pour arriver jusque-là. D'innombrables drapeaux flottaient accrochés aux grilles. 1 11 bataillon entier attendait au pied, en tenue de campagne, prêt à partir au fou. Ses clairons sonneront et je sens encore le irissonnemeut qui mo saisit on songeant à ce contraste effrayant,
(La suite au prochain numéro).
Un vieil insurgé.
Satirique, illustré, paraissant tous les samedis
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Rédacteur en Chef : GÉRAULT-RICHARD S^, :