‹ Le chambard socialisteChapitre 283 sur 412 · LA RÉPUBLIQUE ATHÉNIENNE · texte numérisé non relu

LA RÉPUBLIQUE ATHÉNIENNE

M. Carnot a visité dimanche le salon des Champs-Elysées. Mnio Carnot accompagnait son présidentiel mari.

Arrivé devant une nature morte, représentant des épinards, l’auguste couple, auquel rien de ce qui intéresse la pauvre humanité ne demeure étranger, a bien voulu poser une question à M. Bonuat :

— C’est de la peinture?

— Oui. monsieur le président et madame la présidente, à l’huile.

Je les préfère au beurre, a répondu M. Carnot, pendant que tout l’entourage souriait de cette fine repartie.

On lit dans le Temps :

« M. le duc d’Aumale, poursuivant sa belle Histoire des « princes de Condé, donne à la Rerue des Deux-Mondes, qui « la publiera demain, une très intéressante, très claire et très « vivante étude sur la bataille de Senefl'e, la dernière victoire a de Condé. n

N’oublions pas que le dernier prince de Coudé lut, au dire des royalistes, pendu à l’espagnolette d’une fenêtre du château de Chautillv, par un prince d Orléans, et que ce suicide obligatoire autant que fortuit, fit la fortune du duc d’Aumale, héritier du suicidé.

On ne pourra pas au moins accuser celui-ci d’ingratitude.

Don Carlos ayant résolu de prendre femme, a arreté son choix sur la princesse de Rohan.

Autrefois il arrêtait des diligences. C’était plus difficile. Mais la sagesse vient avec l'fige.

Le roi de Serbie vient de réintégrer son père, le gros Milan, dans le grade de général. La reine Nathalie va, à son tour, réintégrer le domicile conjugal.

En voilà des réintégrations. 11 n’y a donc plus de balais eu Serbie ?

On lit dans le Pays, grand apôtre de L’alliance franco-

c Le fils aine du roi Christian de Danemark célébrera

en juillet, ses noces d’argent, au château de Frendensborg.

« Guillaume II, invité, a accepté, mais, malgré ses liens de « parenté, l’empereur Alexandre ne se rendra pas aux fêtes. « Il sera représenté par le grand-duc héritier.

<i Nous ne ferons aucun commentaire. »

Sage résolution qui évite à son auteur — profond diplomate, sans doute — une bêtise..

- Enfin, s'est écrié Clovis Hugues, voilà près honnête !

Dépêche de Budapest :

o Un coup de fou a été tiré sur le train .

°Oh ! Uli t

» T.a halle a passé au-dessus du wagon. » Peuli !

à put

Là MARMITE

Ce matin, à cinq heures, comme le vieux Thomas dormait à poings fermés sur le tas do chiflons qui lui sert de lit, un branle-bas furieux a éclaté à la porte de sa cambuse.

— Ouvrez, au nom de la loi !.. ,

Vireloque, qui ne dort jamais que d’un œil — puisqu il est borgne — a sauté sur ses pieds et instinctivement a saisi le long et lourd gourdin, fidèle compagnon de ses luttes.

Puis, réfléchissant, il a -ricané et, comme on vociférait, en assénant d’énormes coups de botte dans le panneau de bois, il ■ a ouvert très tranquillement.

Des argousins se sont précipités, avec, à leur tête, un commissaire de police, à mutle de boule-dogue.

— Tiens, dit Vireloque, je vous reconnais, vous m’avez foutu dedans en 186S... sous Badinguet... Et qu’est-ce qui me procure le déplaisir de vous voir ?...

Le magistrat, rageur, dit nettement :

— Perquisition...

— Ah bah ! cherchez donc, messieurs.

Et Vireloque, philosophiquement, ado

ir, bourra s

erquisitionner! C’est bientôt dit. Mais encore faut-il qu'il y ait quelque chose ! De meubles, pas l’onibre. Ni d’armoires. Le père Vireloque n’est pas des plus délicats, et à part des loques et des vieux papiers, pas grand’choso à remuer.

Pourtant, les policiers grattent dans tous les coins. Rien. Pas le moindre engin. Pas la pluspetite pincée depicrate ni de chlorate.

Le commissaire rongo furieusement ses moustaches. Il encourage ses hommes, on bouscule le lit et tout à coup un cri s’échappe de toutes les poitrines.

— Ha ! ha ! fait le quart-d’œil en se tournant vers Vireloque, Rien chez vous... et ça !

Et, taudis que les agents prudemment se reculent contre les murs, il indique debout de sa canne... une marmite, oui, une vraie cocotte de fontcj'è^ilïée do son couvercle... et le pis, c’est qu’elle porto sur sa- fiéifiniip, écrit avec do la peinture blanche, ce seul mot : • , . I '

— SocifiTf: f ?}

— Touchez pas! dît simplement Vireloque.

— Alors vous avouez! fait le commissaire très pâle. Un engin... à renversement peut-être...

— Je vous conseille de ne pas renverser, réplique le vieux Thomas, qui continue à fumer.

Le commissaire hésite. Enlever la marmite!... Et si elle allait éclater! Alors il donne des ordres à voix basse... « Un homme à la Préfecture, vite, à bride abattue, ramenez M. Girard, la voiture aux engins. »

— Et vous, dit-il à Vireloque, ue bougez pas !

Des hommes se sont placés devant le brave biflin.le séparant de la marmite, prêts à sauter dessus au premier mouvement.

— Voyons, dit le commissaire, qui rêve de l’avancement, vous feriez mieux d’avouer... Est-ce vous qui avez préparé...

— C’est moi ! ricana Vireloque.

— Mais contre qui? Quels étaient vos projets? Où auriez- vous lancé cette affreuse machine?...

— Dans l’égout...

— Horreur! pour faire sauter tout un quartier... Et quand avez-vous commis ce crime?...

— Si vous n’étiez pas venu, ça serait sans doute déjà fait...

Le commissaire est suffoqué. Ah 1 ces anarchistes !... heureusement que la guillotine est là!...

Une heure s’est passée.

Le commissaire s’ennuie. Les roussins s’embêtent. Vireloque n’a pas bougé.

Enfin ! la porte s’ouvre !... et voilà le chef du laboratoire... et avec lui, le Puybaraud... et Coron, tout le tremblement,

* Et le préposé aux explosifs s’approche de la marmite :

— Prenez garde ! s’écrie Puybaraud, un malheur est si vite

— Oh ! fait Vireloque, maintenant que vous êtes tous là, on peut ouvrir... j’en aurai ma part comme les autres...

Cependant M. Girard examine, courageusement il palpe. Même il a posé la main sur l’anse de fonte...

— Ouvrez donc, répète Vireloque. Le plus beau de votre nez

it fait...

seul coup, a

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