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BERGER

Le sieur Georges Berger, entrepreneur d’expositions, grand ami d'Eiffel, député opportuniste, président «'administration des mines de Trignac, a dit à des reporters qu’il était surtout un artiste.

Nul ne lui contestera cette qualité. Il faut être artiste pour gagner tous les millions qu'il possède sans JnésayeiitUre. 11 est vrai que les artistes de ce genre fourmillent à la Chambre. Nous avons ie susnommé Eiffel, nous avons Rouvier, nous avons Reinacli.

Berger peut marcher de pair avec ces estimables personnages et nous comprenons sa joie l’autre jour quand la majorité panamisto vota les poursuites contre Toussaint. .

— Encore une canaille d’honnête homme mis à la raison, s'écriait-il, en levant le pied comine s’il s'essayait à prendre le train de Bruxelles.

Dans le troupeau. Berger fait bonne figure, bien qu’il Soit aussi laid que méprisable.

Les Rimes Socialistes

CF, QUE DISAIT SAIYT-JIST A ROBESPIERRE

Nuit du neuf Thermidor, à l'Hôtel dé Ville SAÎNT-JUST

La loi ! toujours la loi ! je m’emporte, à la fin !

Mais, ne vois-tu donc pas que les tyrans ont faim De notre mort et soif de notre sang ? O rage !

A la Convention qui te chasse el t’outrage.

Tu réponds par des mots : — Je respecte la loi ! Robespierre, debout! Sauve-nous, sauve-toi 1 Frappe quelque grand coup, fais, ô tribun sublime, Excuser ion succès par la splendeur du crime Et par la sainteté de ta rébellion !

Ah 1 les loups dans son antre attaquent le lion ?

Eh bien ! il rugira, le lion que l'on raille,

11 sera formidable, et si dans la bataille Il tombe sous l’effort tragique des partis.

Nous le vengerons, nous qui sommes ses petits. Robespierre, que sont tes ennemis ? Des drôles I Des bandits de salon tenant mal leurs poignards !

Et nous, les soldats purs et les fiers montagnards,

II nous faudrait baiser les pieds à ces fantoches, * Parce qu’ils ont les lois et l’Etat dans leurs poches ? Que la Convention se défende, parbleu 1 O vertueux ami. je vous demande un peu Ce qu’entre ceS mains-là deviendrait ia morale ?

La vieille austérité s’en va, la vertu râle;

L’humanité se traîne au bord de son cercueil;

Le principe sacré qui faisait notre orgueil.

Traité comme un habit dont la mode est passée,

Ne fait plus rien flotter de grand dans la pensée;

La pourriture monte et la pudeur décroît ;

On ne croit qu'en soi-môme, on ne croit plus au droit; La justice ? On la vend ! Le peuple ? On le fait taire! Les géants qui changeaient la face de la terre Et pétrissaient le monde en leurs poings souverains Ne sont plus aujourd'hui que des pitres forains ; il suffit qu’une femme aux doux yeux les regarde Pour qu’ils courbent la tête et changent de cocarde ; Tallien, qui fut brave et libre. et triomphant,

Devant la Cabarrus tremble comme un enfant.

Honte I ils font de la France et de la République Deux filles aux seins nus, à lâ lèvre lubrique,

Q'ui s’endorment aux bras des passants attardés.

On vous souille, drapeaux ! Gloire, on te joue aux dés ! Les généraux qu’on fait se font dans les alcôves;

On livre la patrie à des tas d’êtres chauves Qui, nuis à la tribune et lâches dans les camps,

Pendant que nous luttions, n’ont rien fait en cinq ans ; La haine est dans les cœurs, la bave est dans les bouches; On signe, en plein soleil1, des alliances louches;

Capet, qu’on croyait mort, s’éveille et tend les bras Aux amis de Danton, commandés par Barras;

Goutte à goutte, à travers l’obscurité profonde,

On fait pleuvoir sur nous le sang de la Gironde;

On désigne aux couteaux nos poitrines ; on fait Vendre à l’encan l’honneur du peuple stupéfait,

De ce peuple qui fit sous sa large faucille Tomber comme un épi les murs de la Bastille Et qui, traînant au loin ses lourds canons d’airain, Terrible, a baptisé nos drapeaux dans le Rhin ;

Les faux républicains tiennent sur nous la hache; Vadier bave, Fréron ment, Barrère est un lâche,

Fouché rampe, tous ont frappé quelque innocent.

Tous ont sur eux du sang et puis encore du sang!

Et tu veux que je livre à cette horde infâme Ma liberté, mon droit, et mon souffle et mon âme,

Et que sous leurs arrêts Samt-Just courbe le front? Quoi ! tu veux que je fasse à la Loi cet affront De penser que ces gens la représentent? Certe!

Us ouvrent sous tes pas un abîme sans fond. Ecoutez-moi, vous tous. Savez-vous ce qu’ils font. Pendant que nos amis perdent un temps utile?

Ils se servent des lois comme d’un projectile Pour abattre ces murs où le droit est debout.

Oh ! la colère au fond de ma poitrine bout ! ils trompent bassement Paris gui les abhorre;

Et le temps marche, hélas! Si'nous tardons encore,

Ils nous feront saisir tout à l'heure au collet Par quelque sbire ayant un profil de valet.

Robespierre, tu sais si ma jeunesse est grave,

Calme, sévère... Eh bien ! mon cœur est une lave,

Je m’indigne, je sens l'audace de Danton Fermenter dans ma tête. Où va-t-on ? Que fait-on ?

Je veux frapper, je veux tonner, vaincre, dissoudre I On délivre un pays avec un coup de foudre.

Oh f nous te sauverons, S’il le faut, malgré toi.

Que peut-on invoquer contre le droit ?

Personne n'ignore que Raynal est d’une grossièreté toute hébraïque. Malgré son élévation aux charges suprêmes de l’Etat, on ne vit jamais un homme aussi mâl élevé.

L'autre jour, eu pleine réception dos ambassadeurs, au ministère

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