‹ Le chambard socialisteChapitre 292 sur 412 · ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE

La loi.

Clovis Hugues.

CHEZ LES PUDIBARS

Dans tth salon bien Clos, où il fait chaud et où il fleure bon, avec, sur la table, des tasses d'un thé odorant et des flacons dé liqueurs douces, ils sont une demi-douzaine de vieux potets, dents crénelées, cheveux jaunasses, bajoues simiesques, qui papotent, jacassent avec des gestes de Guignol apeure ;

— La bros-ti-tu-tion! messieurs, chose horrible et déletere... ruine de la moralité publique, dégénérescence... et tentations ignobles!... La femme est la suppôt de Satan... Sa gorge, nid de fornication! Ses cuisses, colonnes de vice!... Ses reins, bases dil temple de perdition... Frappons la femme, frappons!... Ah ! bâti moyeu âge! tii avais la fustigation, la promenade à rebours sur l’âne en attendant la chemise de soufre et le bûcher. la torture et la hart ! On nous a ôté tout cela. Infâme Révolution !... Mais du moins il nous reste la Loa, la sainte et féroce Loa, avec laquelle on peut tout... Donc, faisons une Loa... Que la simple parole d’appel, adressée par une truande au passant naïf, soit assimilée à l’outrage à la pudeur... Eh! messieurs! de la parole à l'acte, il n’est pas de différence... La parole excite à la débauche, à l’immonde copulation,,. Dans l'âme chaste de l’homme, elle évdque l'idée libertine, odieuse du rapprochement des chairs; elle titille les sens de nos fils, de nos frères, de nos neveux, et provoque en leurs vêtements les plus intimes des mouvements désordonnés,.. La’ Loa! tra-

Et avec des gestes tremblants, ils miment, pour s’entraîner, les multiples aspects des accouplements charnels...

Lâ porte s’ouvre. Le vieux Thomas Vireloque parait et leur

— Vieux cochons !

Et connue ils s’ébaubissent devant l'apparition du vieux biffin, riant macabrement, il continue :

— Oui, vieux cochons!... c’est le seul mot qui vous soit applicable. Votre vertu n’est que de la putasserie tartufe. Impuissants à l'acte, vous vous chatouillez en pensée. Comme prêtres en confession, vous analysez la saloperie à en baver. Vieillards obscènes, avez-vous bientôt fini de nous embêter !

« Les tilles publiques! Eh! qui donc les fait, les crée, lesjette sur le trottoir, sinon vous, sénateurs de Priape, qui attirez les petites filles dans les coins et leur offrez des confitures au bout d’un biscuit, sagouins infâmes qui tapotez les joues des jeunes garçons, fessés et refessés, comme au bon temps des Bourbons... Votre vertu!... on sait ce qu’en vaut l'aune, tas de bourgeois riches qui avez chez vous des Dide et des Gcrrainy, traitants hypocrites de chair humaine qui, après avoir défloré les vierges,' les livrez à vos fils... Votre grand monde est le vaste dépotoir de toutes les ignominies et vous êtes professeurs de mystères obscènes... paillards et rufians, vous êtes, ô ramollis, les fournisseurs du marché des guenipes!...

« Et après cala, vous venez taper sur vos victimes... Parce qu'elles répéteront les mots que vous leur avez appris, vous les jetterez en prison!... Voyez-vous le proxénète jugeant el condamnant sa pensionnaire!... C'est à crever de rire ou de dégoût!... -

« Vous voulez abolir la prostitution! Eli bien, moi, Thomas Vireloque, le vieux démoc, le vieux justicier, je vous regarde en face et je vous dis ;

— Osez donc, me jurer que de ces putains il n’en est pas une qui soit votre fille, misérable enfant de quelque pauvre créature. que vous avez trompée, trahie, chassée, apres vous être réjouis d’elle !...

« Maintenant que vous êtes foutus, vous affectez de mépriser ces malheureuses dont les cotles naguère vous faisaient courir comme lapins en chaleur. Halte là!... c'est moi qui ai pitié de ces prostituées, dont la misère est votre œuvre... c’est moi qui vous défends d’y toucher du poing, alors que vous les avez

' « Le trottoir! Vous croyez peut-être — vous feignez de croire — qu’il n’y en a que dans la rue... Allons donc! il n’est, pas un de vos salons qui ne soit un bordel, il n’est pas une de vos grandes dames qui ne raccroche et ne fasse le tapis comme les autres font le bitume... Avant, de fourrer le nez sous les jupes des miséreuses, flairez-moi donc un peu les dessous de vos femmes, adultères ou Lesbiennes!... Et celles-là ont du pain tous les jours et des écrevisses pour s’échauffer, et des bals pour se secouer.

o Que les filles du peuple aient à manger et soyez tranquilles, elles seront trop heureuses de ne plus être contraintes de vous subir, vous et vos fils!... La prostitution sera abolie le jour où vos capitalistes n’exploiteront plus les femmes, où vos gamins ne les saouleront plus, où vos sénilités ne les saliront plus... Que la femme n’ait plus l'estomac tordu parla faim hideuse, que sa chair ne soit plus la rançon de sa pauvre gueule... et vous verrez si elle ira chercher vos culottes...

« J’ai dit ; vieux cochons! j’ajoute : vieux bourreaux!... »

Et faisant tourner sa trique. Vireloque cogne dur sur les crânes chauves qui sonnent creux comme œufs d'autruche...

Jules Lermina.

Insecticide

On lit dans Uh-journal opportunisle :

C Nous avons à Paris dus sauteurs oxlraordinaires, tellement extra- » ordinaires qu'on les couronne — quand ils ne se couronnent pa* » eux-mêmes en sautant. »

En voilà un qui aimo à vanter ses amis.

Georges Berger, l'entrepreneur d'expositions, recommanie dans son journal V Exposition de 1900, de ne rien épargner pour donner à celle entreprise tout l’éclat possible. « Il faut, dit-il, no pas regarder à dix on quinze millions. »

Berger a la main large, quand il faut l’introduire dnns la poche des souscripteurs. A part çà, il compte parmi les plus honnêtes gens de l’opportunisme, et il le mérite bien.

Yves Guyot n'est pùs pour l'abolition de la peine de mort. Il demande à grands cris la tète d'Emile Henry. Guyot sera sans doute satisfait, mais cela no veut pas dire que l’humanité y aura gagné Quelque chose.

Du même journal sur l'élection do Wilson :

« La Ghambro devra se résigner à compter M. Wilson parmi sos » membres. Elle est si pure qu'uno petite tache no s’y remarquera

Moi je prétends qne la tache sera pour Wilson. Demandez plutôt à Raynal des conventions ou à Reinach lo gendre du voleur.

Extrait d’un article signé Emmanuel Arène et paru dans le Matin :

« Mon ami Gaston Thomson, nn des membres les plus actifs et les » plus consciencieux do la commission de la marine... Ole. »

H faut que ttf èlége du eonseiancioux Thomson Soit «igné du oom-

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