‹ Le chambard socialisteChapitre 309 sur 412 · GIROFLÉES A CINQ BRANCHES · texte numérisé non relu

GIROFLÉES A CINQ BRANCHES

Les robins de Toulouse, homard eux parce qu’ils sont de rouge vêtus, ont confirmé le jugement prononcé par ceux d’Albi, qui ne sont pas homardoux, mais qui ne me dégoiïtent pas moins, contre René

Qu'ils confirment ! Ils seront bien, un jour ou l'autre, confirmés à

Ceux de Paris viennent d'être joués de la belle façon par une do leurs victimes. Ils avaient traîné le citoyon Lucien Pemjean devant les assises, et le jury, révolté des biches insultes proférées par l'édenté Bulot à l'adrosso d'un prévenu, l'avait acquitté. Cela no faisait pas le compte des inquisiteurs. Pemjean leur échappant d'un côté, ils voulurent lorattrappor de l’autre.Malheurousoment pour eux et heureusement pour notre camarade, le garde préposé a sa surveillance se laissa aller aux douceurs du sommeil. Quand il se réveilla, Pemjean avait joué la fille de l’air.

Cola prouve qu'il y a parfois une justice au palais du même nom.

Les napoléoconnards, mis en goût pur le gouvernement de nas empire que nous subissons, ont entrepris un pèlerinage au mirliton de la place Vendôme. Chaque matin, les balayeurs ramassent des couronnes déposées par eux au pied de la colonne. Ces imbéciles croient donc faire revivre leur bonhomme eu toc en te fumant, comme un vulgaire potiron. Alors, pourquoi n’ernploient-ils pas le guano?

Mac-Mahon a laissé des mémoires, lui qui en manquait au point de ne plus reconnaître son chemin quand il avait bu deux ou trois douzaines d’absinthes.

Le Gaulois publie un extrait de cet ouvrage posthume. Nous apprenons ainsi que Mac-Mahon refusa de placer Chambord sur le trôuo. Voilà pourquoi le royal boiteux no régna pas sur la France.

Arthur Meyer uo s'en consolera jamais. Pourtant Chambord doit être maintenant dans le royaume éternel, et c'est bion suffisant pour un infirme.

Lépine a passé, dimanche dernier, la revue des sorgots. 11 a particuliérement félicité les agonis des brimades centrales.

M. de Talleyrand-PérigOrd, prince de Sagan, dont les titres nobiliaires sont moins faux que les traites qu'il met en circulation, a été relâché.

C'est ce qu'on peut appeler un relâchement de mœurs. Nous ne

nous en étonnons point, car les honnêtes gens seuls ont quelque chose à craindre de la magistrature conduite en laisse par Dubost.

De Magnard, le directeur en chef du Figaro, lui-même, à propos de Jeanne (l'Arc :

« Si elle avait pu prévoir ce débat posthume de l'Eglise et de l’Etat » à son sujet, pauvre fille que l’Eglise condamnait et que l'Etat lais-

L'Elat d'alors c'était le roi. Or, le Figaro se datte d’être l’organe du trône et de l’autel.

On n’est jamais trahi que par les chiens.

L'autre jour, les docks de la marine prenaient fou à Toulon. Cela m’a rappelé une histoire assez vieille, mais qui ne laisse pas de friser l'actualité.

On annonçait à un intendant do la marine de Brest que le feu prenait à un bureau.

— Ah ! je sais, dit-il, c'est le commissaire qui rend ses comptes.

Raclures de Philosophie

Quand je n’ai plus de raisons à fournir à mes adversaires, je les méprise. C'est plus commode mais ça no leur fait malheureusement aucun mal. — Charles Laurent,

Les médecins no savent pas s'affranchir des vieilles conventions scientifiques : Au contraire de ce qu'ils prétendent, ce n'est pas on buvant beaucoup qu'on se grise, C'est en buvant trop. Encore exisle- 1-il fine sorte de vins, que Ton boit dans des pots spéciaux, qui ne m’a jamais tfo .iblé la cervelle. — Ravnal.

A mon lit de mort j’élèverai mon âme vers Dieu. Jusque là, que Dieu me laisse élever des lapins pour les vieilles dévoies. — Abbé Garnier.

J'aimerais mieux embrasser le judaïsme que Turrel morl. — D^schanel.

Pour obéir aux préceptes de l'Evangile qui m’interdit do mal penser du prochain et pour d'autres motifs d’un ordre inférieur, je u'en dirai pas autant do M. Déchanel. — Turrel.

Je n'ai confié à personne que je voulais être sous-gouverneur du Crédit foncier et cependant tout le monde le sait à l'heure actuelle. Il ne fait pas assez chaud pour que cela ait transpiré aussi vite. Etrange ! étrange I — Goiiia.nd.

J'aimerais autant éplucher un oignou que les comptes du budget. Ça ne me forait pas pleurer davantage. — Un honnête homme

Toutes les bêles ne sont pas méchantes ; voyez Marty, Une ferait, pas de mal à une mouche. — Vigër.

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§Îa Conversion

C’est décidé, j’chang’ d’opinion,

J’ suis d’àge à m’ faire un’ position ;

V’ià des ans que j’ louvoie,

J’ crois qu’enfin j’ai trouvé ma voie.

Du passé, ma foi j’ m’eu bats l’œil,

L 'Esprit nouveau, vTâ mou orgueil, J’abaudonn’ l’idé' subsersive,

C'est fini : Qui m'aime me suive.

Je rentre sous l’égid’ des lois :

J’ me fouts bourgeois !j

J’étais d’ la Sociale et j' croyais,

Que pour Populo j’ travaillais,

Eh bieu ! la chose est sans conteste :

C’était une erreur manifeste.

En somin’ j’ turbinais comme un cliiéü,

Sans espoir d’amasser du bien.!

Mais il est temps d’ changer d’ manière,

J’ai par trop crevé la misère,

C’est décidé, j’ai fait mon choix :

J’ me fouts bourgeois 1

Adieu ventre vid', jours sans pain !

J’ m’en vas être costo, très rupin.

J’étais un croquant d’ socialiste,

J’ deviens un brave opportuniste.

Et dam ! je vais me les caler,!

Je m’ promets d’joliment rigoler ;

J’ veux un’ voiture, un' maîtresse ;

J’irai le dimanche à la messe,

Pour être d’ la fin’ fleur des pois ;

J’ me fouts bourgeois !

J’ s’rai patron, j'aurai des commis,

Je sortirai toujours bieu mis.

J' désire une cave excellente.

Une cuisine succulente ;

Aux pauvres j’ f’rai la charité.

Et j’ cri’rai : Vive l 'Egalité. '

Enfin s’il faut que je succombe,

Au choléra j’ préfère une bombe.

Car, voyez-vous, on n' meurt qu’un’ fois ;

J' me fouts bourgeois !

J'ai du boulo, j’suis pas feignant,

J’ turbin’ que c’en est éreintant,

Tous les jours et même l’ dimanche.

D’iouparder. non, c’est pas mon Hanche.

J' veux changer de genre, mais voilà,

Ça n’ést pas plus commod’ que ça ;

J* réfléchis que j’ n’ai pas d’ galette,

Et qu’ mon rêv’ c’est 1’ rêve d’ Perrette.

C'est pas avec mou gain du mois,

Que j’ peux m* foutr’ bourgeois!

Edouard Paty.

CHAMBARD EN PROVINCE

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