‹ Le chambard socialisteChapitre 315 sur 412 · U CHANT DÈS OUVRIERS · texte numérisé non relu

U CHANT DÈS OUVRIERS

; la lai

Par les cachots, parles pontons Où la vermine nous dévoré.

Par les vingt feux de pelotons Dont Satory résonne encore,

Par la fouie en proie au bourreau.

Par lés sinistres fusillades Abattant Crémieux au Pharo Et Delescluze aux barricades.

XtEli'KAtX :

Par le sang qui ruisselle et bout, Par le vent qui bat notre porte.

Par tous ceux que l’exil emporte, Debout! (1er)

Jurons de venger notre Morte!

Le. travailleur n Chaque siècle en passant I'

Après les nobles, les bourgeois !

Le salaire, après l’esclavage!

Juin sangiant est ressuscité;

On nous trahit à la tribune.

Et Cavaignac est complété Par Thiers écrasant la Commune.

Par le sang, etc.

Ils ont adossé des enfants Contre les murs où l’on fusille;

Et les voilà tout triomphants De sauver l'ordre et la famille!

Ils ont, dans des coins inconnus, Traîné nos morts sans sépulture ; Dans le massacre ils sont venus S’enfoncer jusqu'à la ceinture.

Parle sang, etc.

C’est parce que Paris a fait Mourir soixante-quatre otages Qu’ils ont déchaîné' Gallifet :

Ceux-là, c’étaient des personnages !

Mais les trente mille damnés Dont le ver boit les lèvres closes N’ont droit, sous les deux étonnés.

Qu’aux larmes de l’aube et des roses.

Par le sang, etc.

Quand, à la caserne Lobau, Retentissaient les mitrailleuses?

Ils trouvaient glorieux et beau L’horrible travail de ces gueuses.

Tous les épis furent fauchés ;

Partout la mort clamait : J’arrive!,,

Et les fronts se heurtaient, couchés Dans un grand linceul de chaux vive.

Par le sang, etc.

Ces jolis servants du drapeau,

Pantins dorés, soudards en carte.

Nous ont fait tenailler la peau Par les sbires de Bonaparte.

Ils ont choisi pour nous juger Les capitules de la veille,

Qui, souffletés par l’étranger.

Gardaient le képi sur l’oreille.

Par le sang, etc,

Et pourtant que demandions-nous?

Nous voulions, comme nos ancêtres, Ne plus tomber à deux genoux Devant le lâche orgueil des maîtres; Nous voulions que la royauté Ne vînt pius bâillonner nos bouches, Et nous voulions dans la cité Ga-rdcr nos droits et nos cartouches Par le sang, etc.

Vous qui fuyez quand a sonné L’heure sainte des sacrifices,

Rhéteurs au geste suranné, Républicains de pain d'épices,

Laissez désormais par les fous Cimenter l’œuvre politique 1 La Commune vaut mieux que vous :

Elle a sauvé la République!

Par le sang , etc.

Les cœurs s’ouvrent, l’aube descend Au charnier des guerres civiles :

L'Idée a mûri dans le sang Qui coulait au pavé des villes.

Nous saluons dans la clarté j L’innocent retour des colombes,

Et l’humaine fraternité S’épanouira sur les tombes.

Par le sang qui ruisselle et bout,

Par le vent qui bat notre porte, - Par tous ceux que l'exil emporte.

Debout! (1er)

Jurons de venger notre Morte !

Prison cellulaire de Tours, 1873.

I.o député est satisfait. Il a accompli son devoir social. Il a •oté contre l’abolition de la peine de mort. Il a voté pour le nain tien des exécutions publiques. Il se sent le cour léger, il imbrassij joyeusement sa femme et tapote paternellement lu oue île la'pètite... Le laquais ouvre la porte, et dit :

— Monsieur, un homme vous demande...

— Un homme?... un monsieur, voulez-vous direhomme... même qui a mauvaise

, monsieur.

ité... et...

un trac du diable. Mai : — C’est peut-être un

— Je ne reçois pas de ces gens là...

— C'est ce que j'ai dit.' Mais il a insi Le larbin n’osc pas avouer qu’il a et

clame murmure à l’oreille de son ma:

de tes électeurs...

— Le fait est, répond le député, que ces bougres-la sont b sales... Enfin 1. . introduisez cet homme dans mon cabinet..

El. digne. les lunettes bien campée* sur le nez. il entre di la pièce où l'altend l’ami Thomas, appuy Le député a un haut-le-corps ■

1 s dire que

n’insultez chez 1

— Qui êtes-vous? Que me voulez-vot

— Je suis VireloiTitc, le vieux biffin.

nom-là ? Possible. Mais ce que je vous vous êtes un Jean-Foutre!...

— ’pes laquais, député, je m’eu fiche comme de toi... Touche pas à la sonnette ou je casse l’œuf d’autruche qui te sert, de tête... D'ailleurs, je 11e serai pas long. Je me suis déjà résumé en te disànt que tn es un Jean-Foutre. Je n’ai qu’à expliquer pourquoi... Comme si en ton for intérieur, tu avais besoin d’expiicalions... Bouge pas, te dis-je. ou je cogne...

« Donc lout à l'heure tu as voté le maintien de la peine de mort... Tu as une fois de plus reconnu à la société le droit de tuer... Remarque ceei, tu n'as jamais pensé à lui voter la réciproque, le devoir de faire vivre. Ta société tue des hommes, mais elle 11e leur donne pas à manger. Me comprends-tu bien ? Vous donnez la mort et vous refusez la vie... Jamais il ne vous est venu à la pensée — tas de misérables que vous êtes — que la société ne pourrait s’arroger un droit sur la vio de l’homme que si elle remplissait ses devoirs envers lui...

« Crains pas. Je ne te fais pas de sensiblerie. Je prends tes arguments.,. Qui a tué doit être tué?... Eh bien, et toi ?... Estce que toi et tes pareils vous n'avez pas tué, vous ne tuez pas tous les jours... Il n'est pas un des objets, constituant ton luxe, qui n’ait coûté la vio à quelque misérable... Tes habits sont tissés de misère et tes meubles sont taillés en pleine cha ir humaine... Tuas inventé un mot : La lutte pont' la vie! qui implique le meurtre. Tu es un des vainqueurs, victoire qui pue le cadavre.,.

n Tu ns eu tort de 11e pas abolir la peine do mort... car on pouvait bien te l’appliquer à ton tour... Tu crois donc qu’il n’y en a que pour les autres!

« Misère

s tout

t corde ! La mort — dont t.u as si grand peu toi — tu n’aimes qu’elle, tu ne songes qu’à elle... lu lui a donné... elle a tes gendarmes, tes magistrats, ton budget, bourreau. Et aussi tes industriels et les spéculateurs. Ceux-là ont inventé avant toi la non-publicité de la peine de mort... Ils tuent sournoisement, hypocritement dans les usines, dans les carrières, dans les mines. Ils tuent lentement en rognant le salaire, ils ont à leur service le poison des gaz délétères et les émanations des oxydes dangereux. Et, tenant les hommes rivés au earcan de la faim, ils les forcent à mourir... pour vivre ! Tes rentes, tes actions, tes obligations, tout ce papier a d'invincibles lâches de sang... et tes millions ont des puait-leurs de charogne.

<1 Abolir la peine de mort ! .Allons donc! Ce serait ta ruine, puisque tu n’existes et 110 jouis que par ia mort des autres !... Pour une fois, tu as été franc et je t’en félicite... Tu as avoué 1 yjêté n’est que l’organisation du tuage des faibles par

e meurtrier que tu envoies à la guillotine 11’est qu'une unité négligeable... En le supprimant, lu te donnes 1 apparence de la justice. Mais moi. je le le dis en face, je ne me paie pas d’illusions... et te regardant dans les yeux — de mon seul œil — je te dis : Bourgeois, tu as eu tort de ne pas abolir • la peine de niort...

« Là-dessus, ta soupe refroidit et madame- s'impatiente... vas vivre; mais je te fous mon billet qu'à chaque bouchée tu penseras à la mort. Bonsoir! ne me reconduis pas !,.. «

Et lent. drapé dans ses guenilles, Yireloque s’en va...

Le député n'a pas très faim...

Jules Lermina.

Gare les Fesses !

C'est n lira van t ee qu’il faut do bêtise naturelle aux lecteurs de l'Autorité pour ne pas devenir tout-à-fait idiots. On chercherait vaiil déballage do lieux communs, de platitudes, do eaboli-

ridicülo. Et toujours, toujours tes mêmes rengaines.

Ce qu'écrivait Cassngnac il y a trente ans avait été déjà écrit cent mille fois auparavant. Il a de cos naïvetés :

« Sous la royauté et sous l'empire, tout le monde était riche. »

Or, ses parents à lui étaient do misérables gueux, sans sous ni mailles, riches de canailiorie seulement, aussi pauvres de rentes que de préjugés. Leur richesse leur est venue on ne sait comment, on 11e v complaisances de la monarchio de Juillet et do

e dégé

■ Ils.

La plupart des journaux ont reproduit le récit de l'évasion do P,-mjenn, publié par la Petite République. A ce propos, on rappelle l'a-

« Il s'agit d'un prévenu auquel le tribunal nommo un avocat d'of- « lice. Çomme il y a une demi-douzaine de causes à appeler avant la « sienne, le president dit au défenseur d'emmener son client dans une n salle à part, de causer avec lui et de lui donner « un bon conseil. »

« Un quart d'heure après, l'avocat rentre seul.

« — Et votre client, maître? demande le président.

« — Ma foi, monsieur le président, vous m’avez dit de lui donner « un bon conseil. Comme il m’a avoué qu’il était coupable, je 11e pou- « vais lui en donner un meilleur que celui de prendre la clé des •1 champs. C’est ce qu’il 11 fait.

« Tableau ! »

I.e député capî taliste Georges Berger Tait dire dans tous les journaux de son clini que les grévistes do Trignac ont subi passivement

Une Berger 110'se débalte pas autant. Nous nojlui savons aucun grc de la reprise du travail, et mil n’iguoro que ce n’est pas l’amour des travailleurs qui l’étouffe. Ceux-ci le lui rendent bien, d’ailleurs.

n Berlin a voté à l'unanirmté la prohibition absolue du travail dos » femmes et des enfants.

» Les socialistes ont lonu à afffirmer ainsi qu’ils sont les adver- » saires acharnés de l'amélioration des conditions sociales do la » femme ».

Conclusion: Il n’y a pas d'autre moyen d'améliorer le sort de la femme que le labeur brutal et son assimilation à la bêto de somme.

Ce Gayot n'en dit jamais d'autres.

Los ambassadeurs annammites ont été présentés augrosDupuy, qui leur a fait bon accueil, à ce que disent les journaux.

Parbleu, il n’aurait pas fallu qu’il s'amusât â leur iirer lu langue.

On nous assure que ces porto-naltes sont émerveillés de leur voyage. Ils admirent tous les monuments de Paris, Notre-Dame et la Bourse, l'Opéra et la Roquelle, la tour Eiffel et Dupuy.

Pas dégoûtés, les fils du Ciel. Ils aiinoul les gros morceaux.

La ville do Levallois-Perrel organise pour le premier dimauebe do novembre, un concours do serins qui fera, parait-il, une rude concurrence à colni de Paris.

Jonnart et Rouzaud remporteront sûrement le prixd'honnenr: s’ils prennent part au concours.

Autre exposition do bûtes : Le ministre de l'agriculture à visité le concours hippique d'Orléans. Les chevaux ne revenaient pas de l’étonnement causé par cotte soudaine intrusion d’un ûne à deux pattes. Mais ils n'en ont rien dit, à cause de la police.

Si vous voulez conserver votre voix, mangez du gigot à l'ail. C'est un conseil de Verdi û l'un de ses interprètes.

Je croyais qno l'ail donnait seulement de la force à l'hnleîne, témoin Bouge qui tue les mouches à quinze pas.

Le hideux Rcinach a tellement peur de n'ètre connu de la postérité que comme héritier d'un filon, qu’il inonde les librairies de ses discours el de ses articles mis on volumes.

Cotte fois il publie : Pages républicaines.

Le volume est relié avec les talons du carnet de chèques qui servit de bréviaire politique à son beau-père.

Malheureusement pour les amateurs, les chèques no valent plus

i:n journal opportuniste de province, V Indépendant du Beaujolais. publiait l'autre jour l'avis suivant :

a La fête des anciens mobiles du canton d’Anse sera célébrée le di- « manche 20 mai. ft Anse. En voici le programme :

« A neuf heures du matin; réunion des anciens mobiles du canton, « morts pondant le siégé do Belfort. »

C'est le jugement dernier avant la lettre, el. les eonvocateurs n’auront pas manqué sans doute do faire sonner le rassemblement par la trompette de la vallée de Josaphat.

La morulo bourgeoise : Deux familles comme U faut ont résolu de marier ensemble leurs deux rejetons. Celle de la future offre un bal, qui lui est rendu. Puis, û la suite do chicanes sur la dot, les pourparlers sont rompus. Conclusion do la rencontre : Deux bals ont été échangés sans résultat.

Avis aux Col Ice! ioimeui*s

il est tiré de chacun de nos dessins cent épreuves lithographiques, hors texte, sur papier de luxe, numérotées de 1 à 100. Prix, en noir: 2 fr,; en couleurs: 2 fr. 25.

S’adressera IYI. Kleinmann, marchand de dessins et d’estampes, 8, rue de la Victoire.

Encore une Tête

Do par la volonté de M. Carnot, lu société est vengée une fois de plus.

On a guillotiné Emile Henry afin de prouver que nul n'a le droit de tuer son semblable.

Comprendra qui pourrai D’ailleurs, est-il besoin de comprendre? La société fonctionne en dépit de toutes les lois de la logique, de l’équité. Chargée d’assurer à chacun le libre exercice

de ses droits, elle maintient dans l’asservissement les deux tiers de ses membres; elle prend aux plus pauvres de quoi nourrir les plus riches; elle écrase les petits pour le bon plaisir des forts.

Quoi d’étonnant qu’elle tue, pour apprendre à tous le respect de la vie humaine?

Elle condamne l’assassin, et son jugement est sanctionné par un assassinat.

Elle se refuse à garantir les moyens d’existence de chacun, puisque chaque jour des gens meurent de faim, mais elle sc reconnaît le droit de donner la mort.

C’est ce qu’elle nomme la justice, ce que nous nommons, nous socialistes, l’iniquité.

IoitbUb « Canclion Domoire »

VF

Malgré le ael de cett’ confidence L! populo s’ montra récalcitrant.

Il envoya ch...oir Son Excellence Et lui dit même en la tutoyant :

Tout ça c’est des fariboles Pour aider tes cabrioles.

Le peuple à son tour Veut avoir sa place au grand jour.

Ah ! maudit mutin.

Vilain rouquin,

Méchant coquin.

Tu fais trop d’ potin,

Tu vas r’cevoir un paing.

JOB

Su)' l'air du « P" lit Quinquin » de DRsnousskAcx (J.)

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