‹ Le chambard socialisteChapitre 316 sur 412 · EN FAMILLE · texte numérisé non relu

EN FAMILLE

Dors mon gros lutin.

Mon gros poupin,

Mon gros rouquin.

Allons, pas d’ potin Ou tu r’cevras un paing.

Ainsi l’autri jour un ministre à i’aise

In amiclotant ch’ bon populo

Lui disait : — M’ n’ ami, d’ n’ avoir pas d' braise,

En trimant fort c’est pas rigolo.

Y a pas du foin dans ses bottes.

Ça nous rend très patriotes,

Demand’le plutôt

A not’ président, m’sieur Carnot.

Si tu m’ laissais faire un peu d’ besogne, J’dégrèv’rais l’alcool et le tabac.

Si j’ peux taper sur Toussaint qui grogne,

J’ n’enverrai pas d’dragons àTrignac.

Ces gens-là sont bien cocasses Aux banqnets d’ vouloir des places;

S’ils veul’nt des pruneaux,

Y en a toujours dans les lîingots.

J' te f'rai voir la cour du roi Guillaume Un homm’ qui sait gouverner I’ soldats. Bourgeois, croquants, sous l’or ou !e chaume, Chacun ne doit voir que 1' bien d’ l’Etat.

Y a presque pas d’anarchisses;

Y trouv’nt leur plaisi A tendr' le... dos et dir' : Merci.

D’ Cornélius si tu veux la poire,

J’ vais la redemander aux bons Anglais.

De c’ divertissement, tu peux m’en croire,

C’est nos députés qu’y front les frais.

J’ préfèr’ que tout ça finisse Tant que j’ suis encore minisse.

Tâchons d’êtr’ malins Autant que c’ poseur de lapins.

Nous supprimions tous les journaux hostiles.

Le Cliambard et tout le tremblement.

Nous n’aurons plus que des feuill's utiles.

Les Débats. I’ Figaro, VEeèn'menl.

Et si Miil’rand fait sa tète,

Au 8 mai j’ mettrons la fête,

Et sûrs du succès,

L’abonn’rons au Peuple français.

(1) Desrousseaux, chansonnier lillois, dont les œuvres jouissent d'une immense popularité dans la France du Nord. Sou P'tit Quingain, qui a servi de modèle û noire camarade Job. a bercé, berce et bercera longtemps encore les petits enfants du ce pays.

n J’appartiens à la démocratie. »

C'esl au moins la troisième fois que le mi 11 ion liai ru Casimir l’erier prononce cette phrase. Pour la répéter si souvent, il faut qu’il se rende compte de la peine qu’on éprouve à le

L’autre soir il la prononçait de nouveau devant les ouvriers et employés des chemins de fer. Entendons-nous : les ouvriers et employés eu question, s’appellent le directeur de la Compagnie de l’Est, le directeur d’Orléans, les présidents du conseil d'administration des autres Compagnies ; les ingénieurs, les chefs de service.

Inutile de dire que tous ces travailleurs ont applaudi Casimir-Perier. Leur enthousiasme tenait du délire quand l'orateur d'Anzin, s’est écrié : Travaillons ensemble, messieurs !

Et chacun de se mettre au travail en buvant un verre de champagne. J1 n’y a point .le sut métier, dit le proverbe. Celui qu'a choisi Perier, donne plus de profils que de peine.

Voila pourquoi il appartient a la démocratie.

Pro Pâtriâ !

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