L’ÉNORME
Le ministère Dupuy tombait, il y a six mois, sous les •oups des socialistes.
On fit le ministère Casimir-Perier, Raynal, Burdeau.
Celui-ci tombe à son tour culbuté par les socialistes.
Que croyez-vous qu’il arrive ?
De nouveau surgit Dupuy, tout rond, tout gras, tout graisseux, tout en fesses.
Perier voulut réduire en poussière le parti des travailleurs. C’est lui le pulvérisé.
Dupuy prendra la suite de l’entreprise. Le socialisme 1 Peuh ! Ï1 ne l’attaquera point de face, ni de côté, ni par derrière. Il a un cul énorme, pesant, massif. Il s’asseoira dessus. Ouf! Si le socialisme résiste à cet écrasement, il faudra désespérer.
C’est la suprême tentative, les dernières cartouches de l’armée capitaliste.
De cet amas de chairs adipeuses, de cette montagne de bêtise, d’outrecuidence et de pédantisme,
Que sortira-t-il souvent?
Du vent !
Dupuy, le rempart de la bourgeoisie, descend dans l’arène, oublieux de ses défaites passées, superbe de présomption sotte, certain de la victoire. Il cambre ses reins qu'un œil de lynx ne saurait distinguer de leur partie inférieure, les lignes de démarcation étant noyées sous l'inondation de graisse qui submerge tous les membres de cette personnalité aussi considérable que politique.
— A toi le gant ! lui crie Carnot.
Et Dupuy ramasse l’emblème du pugilat et il se promet merveilles.
C’est le combat de l’hippopotame, hôte boueux des marécages, contre le lion populaire, de l'inertie égoïste contre la généreuse équité.
Rendons grâce à Carnot, camarades.
Le champion qu’il nous dépêche est choisi a nos souhaits. Nous ne pouvions, nous ne devions désirer mieux.
Oh ! les belles maladresses, les superbes gaucheries, les bonnes balourdises que nous allons voir et entendre !
Casimir-Perier n’était qne canaille.
Dupuy réunit en un même bloc la canaillerie et la stupidité.
Le premier avait des nerfs: le second n’a que du suit ; Casimir évitait les pièges; l’autre y cherra comme à plaisir. Il se montrera brutal, inconscient, entêté. Point de cerveau, néant d’idées ; un derrière et c’est tout.
Le règne du ventre s’achève en lui par le règne du postérieur. Il représente la terminaison fatale des appétits, l’échéance de la digestion, le tout à. la fosse. Il empilera le trône; il en bouchera la lunette. La bourgeoisie, si elle retrouve un défenseur, perd son œil unique. La voila aveugle. .
Dupuy, sois le bienvenu, mon gros. Avec toi, pas besoin d’ètre habile. .
11 y a de la place. A qui le tour? On met dans le nulle a chaque coup!
GÉRAULT-RICHARD
Petite Fable en prose
Après Dupuy, Casïmfr-Perier,
Après Casimir-Perier, Dupuy.