‹ Le chambard socialisteChapitre 36 sur 412 · DJ. ETS LE TAS · texte numérisé non relu

DJ. ETS LE TAS

L’archevôque Richard a ordonné à ses ratichons de chanter, le jour de Noël, le Domine salvum fac rempublicam, c’est-à-dire : « Seigneur, sauvez la République! »

Ah! çà, ils ont donc juré de la faire mourir! Car le bon Dieu à l’archevêque, pas plus que elui à Ravnal, n’est en état d’opérer ce salut.. Nous en faisons notre affaire, nous attires, et nous commencerons par jeter à la porte tous ces marchands dtgraisôns, juifs ou catholiques, avec leur bon Dieu et touteia sacrée clique, y compris l’archevêque et Raynal, cela va de soi.

M. Baudin, conseiller municipal , s’est aperçu que des sommes importantes étaient distraites du budget ds l’Assistance publique. Où vont-elles? Ceux qui le savent se gardent bien de le dire. En tous cas, les pauvres en sont frustrés. Quant aux employés de M. Peyron, ils s’appliquent, sans doute, le précepte chrétien : « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

Il y a des pays où de tels crimes sont punis! En France, on n’en est pas encore là.

L 'Univers souhaite longue vie au ministère.

11 y a là dessous un mystère. Eu effet, sur onze minisires, neuf sont francs-maçons. Et V Univers, journal catholique, doit savoir que Léon XIII et sc-s prédécesseurs ont excommunié la franc-maçonnerie.

L’Univers a donc trahi-, ou le ministère... à moins que ce m soit les deux. Quel temps fut plus, que le nôtre, fertile en ces soi tes de miracles ? dit un vers de Racine, qui s'est allongé en vieillissant.

Le budget est en déficit de 160 millions, ce qui fait dire à Jules Roche, ancien ministre, et bien digne de le redevenir : « La situation budgétaire ne nous fournit pas les ressources « nécessaires pour accomplir même la moins onéreuse des « réformes les plus utiles et les plus souhaitables. 11 ne faut u donc pas nous faire d’illusions ».

Rassurez-vous, Roche! 11 y a longtemps que vous et vos semblables avez brisé toutes nos illusions. Nous n’attendons rien que la Révolution Sociale.

Vous ne nous y pincerez plus à vous croire ; c’est nous qui vous pincerons l’oreille, ô Jules!

M. Charles Laurent est payé pour éclairer — comme la lune — le public sur les intentions du gouvernement. Aussi devons-nou accepter cette interprétation qu’il donne des lois récemment votées :

« Depuis que M; Baudin a pu menacer un gendarme de « son revolver à Carmaux, et rentrer ensuite paisiblement ii à Paris, la cause de l’ordre et du bon sens a une revanche « à prendre. »

M. Laurent oublie que Baudin avait contre lui, non pas un, mais dix gendarmes, le sabre au clair. Mais il est bien question de tout cela! Il est bien question aussi d’attentats, de bombes, de dynamite ! Personne n’y croit, pas plus les ministres qui demandaient les nouvelles lois de répression que les députés qui les votaient.

C’est aux socialistes qu’on en veut. Et on leur en veut parce qu’ils défendent les travailleurs contre leurs exploiteurs, ce qui, de l’avis de M. Charles Laurent, est contraire au bon sens et à la morale.

Huit ministères coûtent près de trois millions par an, rien qu’en chauffage, plumes, papier, encre.

On voit bien que c’est le peuple qui paie et il peut dire avec exactitude : celle chère administration!

Dès la rentrée des Chambres en janvier, Bardeau, ministre des finances, déposera, non pas son bilan, mais un projet de loi sur les successions qui seront frappées d’un impôt, Pendant qu’il y sera, le même Burdeau ferait bien d’imposer les opinions successives; mais il n’est pas assez égoïste pour

A peine arrivé à Vienne où l’envoie le gouvernement pour représenter la France, le canicide Lozé revient à Paris. Malgré sa bêtise, il se sera aperçu qu'on l’avait déjà assez vu dans la capitale de l'Autriche. Peut-être même qu’un viennois plus franc que les autres, l’aura interrompu brusquement au milieu d’un compliment pour lui dire : Vous nous assommez !

A quoi Lozé n’aura pas manqué de répondre: c’est le métier que j’exerçais à Paris.

M. Clemenceau, dans un île res derniers articles, cilait ce mot de son collaborateur Edouard Durranc : que la Répuplique était belle sous l’Empire!

C'est tristement vrai, au point que le vieux mouchard impérial Clément peut maintenant s’écrier : que l’Empira est beau sous la République!

M. Camille Flammarion vient de publier un nouvel ouvrage : la Fin du Monde.

Pour être bon prophète, il aurait dû ajouter : capitaliste. Mais nul n’est prophète en son pays.

Les citoyens Maurice Charnay et Jean Allemand ont dû se rendre, mardi dernier, devant le sieur Clément, surnommé le sous-Pietri de la République. En sortant du cabinet de cet agent d’affaires judiciaires, nos deux amis ont tàté leurs poches... C’est un mouvement bien naturel, en vérité!

Pensée d’un misanthrope :

Il a été mangé, disent les journaux mondains, deux millions d’huîtres à Paris, dans la seule nuit de Noël.

Marty, Spolier, Dubost, Floquet, Turrel, Barthou, Deschanel, tant et tant d’autres, ont échappé à cette Saint-Barthélemy des mollu>ques. 11 n’y o de la veine que pour

fllli LES GRANDS DE LA TERRE

A i. 'Elysée. — M. Carnot, M”' Carnot, les fils Carnot sont en lionne santé. Les amis et connaissances qui n’auraient pas reçu de lettres de faire part sont priés de considérer le présent avis comme en tenant lien.

Le Gaulois nous annonce très sérieusement que le roi dom François d’Assise est venu tout exprès de son château d’Epinay pour déjeuner hier avec sa femme, la reine Isabelle. Le journal d’Arthur Meyer ne dit pas qui a payé, l’addition. C’est là un détail de moindre importance, comme les seigneurs qui tenaient la chandelle.

On cite avec émotion et reconnaissance le cas du prince de Joinville qui vient de prêter dix mille francs aux paysans d’Arc et de Chàteauvillain pour les aider à attendre un avenir meilleur.

Le Soleil mouille ce récit de pleurs qui n’ont pas dû lui paraître amers, et il en conclut qu’il n’y a que les d’Orléans pour prendre ainsi intérêt aux malheureux.

Nous n’avons jamais dit le contraire. C'est même grâce à des intérêts u suraires que les fils de Louis-Philippe, et Louis-Philippe lui-même, ont pu réaliser leur scandaleuse fortune.

Le Figaro, toujours bien informé sur tout ce qui touche les gros personnages de la République, nous donne la raison du séjour prolongé de M. Dupuy auprès de Mme Dupuv, à l'Ille-sur-Tet (Pyrénées-Orientales) :

n Nous croyons savoir que M. le président de la Chambre » est sur le point de devenir père. »

Ah ! le pauvre enfant !

Ce qui nous rassure, c’est de le savoir à Ille-sur-Tet, qu’on prononce Tettedans le pays. Au moins, il ns mourra pas de la pépie.

Chronique à l’œil de bœuf

Le gros Aynard, qui en sa qualité de député-banquier fait des lois en même temps que des dupes, disait modestement l’autre iour : » 11 m’est plus facile de dépenser de l'argent que de l'esprit ».

Il n’avait pas besoin de le dire.

D’un grand philosophe : « On s’attache à quelqu’un par le bien qu’on lui fait ».

Ce grand philosophe n’avait pas connu les rois, les empereurs, les politiciens bourgeois qui ont pressuré et pressurent la France ot ne lui sont attachés que par le mal horrible qu’ils lui font. C’est leur manière de pratiquer le patriotisme.

Casimir-Perier ne se contente pas d'épouser la cause des orléanistes qne son grand-père ot son père ont servie. Il en fait sa1 maîtresse.

Savez-vous pourquoi les opportunistes mettent tous les jours la vertu sur le tapis?

Ne cherchez pas, ça crève les yeux: C’est pour mieux marcher dessus.

Dans la voie de la trahison, il n’y a que le premier pas qui coûte.

L’esclave A'vre Guyot prétend même que le premier pas lui a rapporté.

Depuis les scandales de Panama nombre de députés ont fait de la probité politique un talent de société. Ils ont besoin d'être en public pour en avoir.

La droite et le centre vont de nouveau porter Dupuy à la présidence de la Chambre. Il est si gros qu’il ne pourrait s’y porter lui-même.

Les patriotes à la mode de Raynal aiment la patrie au point de partager son budget. Là s’arrête leur patriotisme Quand il s’agit de partager ses dangers ils s’éclipsent.

Les dernières de Turrel (1) :

1° Ne vous laissez pas arrêter par une difficulté quelconque. Tournez-la.

S" J’endosse tout ce qu’on veut, hormis les responsabi-

(1) Aux lecteurs qui pourraient

» M Tlll-POl !

nnerde la publicité fuite >is devoir affirmer que le ame de 1 intéresse;. Nous faisons muent gratuit, lit voyez nuire la rccunuais-

3° Je complète le proverbe: Un oncle est un banquier donné par la nature. — Une tante est une tirelire donnée à certaines natures.

J<° A la place tl’Esaü, je n’aurais pas vendu mon droit d’aînesse pour un plat de lentilles, j’aurais craint do tout perdre du même coup.

Le ministre Marty, dont tout le monde reconnaît la supériorité sur le trop célèbre AI. de La Paliee, prétend que s’il était né vingt ans avant son père, il aurait ôté parfaitement capable de lui donner le jour.

Un vigneron de la Bourgogne demande homme ou femme de physique agréable pour chasser les oiseaux à l’approche des prochaines vendanges.

Renvoyé à Monsignord'Hulst.

Le général Mercier, qui a oublié, dans les camps, les leçons de ses maîtres, donne de terribles crocs-en-jambes à la syntaxe. Il prétend que, comme tous ses subordonnés, elle doit être menée militairement.

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M. Marty disait L’autre jour à son fils, — un jeune homme qui, s’il ne réalise pas les espérances de son père, réalisera du moins ses capitaux : « Jeune homme qui portes mon nom et des cols cassés ! tu ne connaîtras jamais l'étendue de mon affection. Je t’ai donné le jour, la nourriture, l’instruction, le logement, une place dans mon cabinet. Je n’ai malheureusement pas pu te donner l’expérience de la vie, si c’était à recommencer je n'hésiterais pas à te faire naître à cinquante ans. Comme çà il ne te manquerait rien. » Lejeune Marty est tombé de son haut et dans les bras paternels (tableau!). Puis il a fondu enlarnies, ce qui prouve que son âme n’est pas de bronze.

Le jeune ot joli M. Desehanel n reconnaissance à son coiffeur, ca le sou talent.

C’est toujours avec un plaisir digne des dieux que je contemple la tête de M. Aynard, déjà nommé; aussi mes camarades me reprochent-ils d’aimer le veau sans salade.

Une erreur couraute consiste à dire qu’il y a des honnêtes gens partout. Je défie bi°n l'œil le plus exercé d’eu décou-

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