SCÈNE
bel. Des Mi n eu
Lus mêmes, Tu
lin huissier introduit dans le saloij dudn commission deux hommes à ligure liàvo et décharnée, ipii semblent exténué* de fatigue. Deschanel. — Qui sont ces geiis malpropres ?
Turrel. — Ce sont des mineurs de Graissessac.
Reinach (qui 11’a pas encore aperçu les deux nouveaux venus à Turrel). — Vous fréquentez donc les jeunes gens qui n'ont pas atteint leur majorité ?... (Apercevant les deux hommes.) Ah, pardon !' Que veulent-ils ?
Tuiihel. — Ils viennent vous dire qu’ils sont en grave depuis deux mois, qu’ils sont' à bout de ressources, que leurs familles meurent de faim, et qu’il faut à toute force agu: sur la Compagnie qui les occupe pour l’amener à composer avec
- Qu’est-ce- que tout cela -peut b
Turrel (s’excusant). — Mais c’est qu’ils prétendent que la
Chambre a le devoir ae s'occuper d’eux !...
Reinach (s’esclaffant). — Eu voilà des sauvages! (b approchant des mineurs.) Que réclamez-vous ?
Premier mineur. — Le droit de gagner notre pam en travaillant. , .
Reinach (gognenard). — Vous ne le gagniez donc pas auparavant? .. . , ,
Premier mineur (résolument). — Non. nous sommes a bout de souffrances...
Deschanel. — Faudrait-il pas à chacun de ces messieurs un petit hôtel sur le. boulevard Maleshorbcs ou dans l’avenue des Champs-Elysées!...
Reinach. — Alors, vous n’êtes pas contents de votre situation actuelle? Vous désirez qu’elle change?...
Deuxième mineur. — A tout prix.
Reinach (triomphant). - Mais vous êtes donc des anarchistes?... , .
Les deux mineurs ensemble. — Pas le moins du monde. Nous ne voulons faire de mal à personne. Nous ne demandons que la possibilité de vivre. . . ,
Reinach — Oui, oui, on la connaît, celle-la. Eh bien ! vous vous expliquerez devant les juges. En attendant, vous allez aller attendre notre réponse au cachot.
Los doux malheureux protestent avec véhémence, mais sur l’insistance de Reinach, on les emmène de force.
Reinagh. — Je donnerai Tordre à mon parquet de ne les juger qu'après le vote des lois. Leur affaire est claire!...