‹ Le chambard socialisteChapitre 401 sur 412 · TROIS SEMAINES APRES · texte numérisé non relu

TROIS SEMAINES APRES

One grande soirée clioz la comlesso Greffulhe. — Salons splendides. Sur une cheminée, le buste de Mario-Antoinette. Sur une antre, la’ têlo lourdaude do Louis-Philippe. De tous côtés, des toiles de maîtres, rappelant les vagues ancêtres do la comtesse. Une cohue multicolore, jeunes faiseurs et grues de la haute, allant et venant dans la musique et les flottrs. Se mauvaises odeurs rôdent.

LA cojffESsfi

— J'en suis fièro, mon cher comie. Ël je sais que îé président ne l'oublie pas. II me le répétait enéctfd liièr : « On doit bien s'ennuyer dans cet Élysée, Oft l'art il peint des H. Ë. stir idiltëS léS pW«9. Je vous demanderai la permission d’à Ira souvent chez, vous ».

— A la ponne heure !

M““ DE foUùtaghès

— Enfin ! On va donc pouvoir s'ânitiser !

le valet, annonçant

— Madame la duchesse de Cadignan ! Monsieur d* RBSfîgliàc ! Monsieur le généi^l X , . . I

le comte de ganayche, s'éloignant au bras de la princesse d’ Bénin

— Monseigneur le cbmte de Paris me disait l’autre jour. . . (la voix so pord dans le bruit des acclamations saluant l’apparition du général;

SI”* OREFFULHÉ

— On vous attendait impatiemment, général.

LE RÈFfcnAL x. ..

— vous me flattez, madame.

M"4 DÉ FOURTAütlfa

— Pourquoi? La France entière ne vous attend elle pas 1

le OfmMst, km

— Chilt! La France est comme leé jolies femmes. Elle vCüt être pflsê de force. Travaillons d'abord S préparer lé lit de la fiche flarrWo'.

le baron de nucingen

— Foui! il faut auparafant rassurer l’argent. Les affaires sont tefennes imbosslbles.

lé valet, annonçant

— Monsieur Félix do Vandenesse! Monsieur de Talleyrand-Refi' gord I Monsieur Maxime do Traillés ! Monseigneur Goulié!

la comtesse gheffhule

— AU ! mes salons commenceat à s’emplir.

— Fouit mais ce sont nos caisse qu’il faudrait aussi remhlir!

— Patientez, monsieur le baron, patientez. Tout vient à point à qui sait attendre. A nous deux, lé président àidfifit, ne ferons- n ons pas de grandos choses 1

— Efitemmenl!

la comtesse GHEFFULHE, à Talteyrand- Périgord qui lui esquisse

une révérence

Ah! mon cher petit! Est-ce bien fini, le Dépôt, Mazas, tous ces mauvais lieux?

TAILLBYRAND-PÊRÏSOflft

— Fini, madame. Et tenez, à ce propos, permoltez-irior de vo-Os Offrir' ma dernière photographie, la dernière et là meilleure, celle de l’anthro-

MONSEtosEOn COOLIE, s'approchant pour voir

— Bertillon focit?

Et c’est maintenant l’hiver. La plaine immense, disparaît sous le linceul de neige, immaculé. Le vieux trïmardeur grelotte sous la limousine trouée; c’est eu vain qu'il a frappé aux portes des fermes, c'est en vain qu’il a quémandé un bricheton de pain bis: le bissac est vide, le ventre est creux...

Cinquième enfant de paysans normands, il avait poussé, tant bien que mal, entre deux torguolles, et, aussitôt après la première communion était entré « en condition ». D'abord petit valet de charrue, il vécut avec les chevaux, respira le crottin, sous la domination de domestiques plus' âgés, et ce fut à coups de bottes ou de mottes de terre qu’on lui apprit à

Cahin-caha, il arriva à l'àge de. la conscription qui lit de lui uu soldat discipliné, docile, astiquant consciencieusement, recevant, sans murmurés, les injures des galonnés. A la fin du congé, il se maria et reprit, au pays, du service dansla grande culture, se courbant de nouveau sur les manchons de la charrue, fournissant, chaque jour„ et par toutes las saisons, quinze ou seize heures de pénible travail.

Et lorsqu’il fut brisé, cassé, replové sur lui-même, tordu comme un sarment : lorsqu’il fut trop vieux pour faire pousser le ÿé. épandre le. fumier, emplir la panse du riche agriculteur; lorsque la sauté fut délabrée et les forces perdues, on le jeta à la porte comme Oit pauvre chien galeux...

Alors, sans une plainte, il éhtrt sur le tapis glacé, et la neige,

silencieusement, l’enseveli I. Les c tes funérailles...

rbeatrx lui firent de bruj Emile Violard.

— Monsieur le Comte do Gunaycite! Madame la princesse d'Iléftin ! Madame la cornlesso do Fourtagrés !

, L.v COMTESSE oRF.FFiir.fiE, s'empressant

— Oh! c'est gentil, gentil tout plein! Voici que nous nous retronvons tous, tels que nous étions ce fameux soir, lorsque nous arriva la tragique nouvelle. Pour un pou. on jurerait que c'est la mémo soirée

— Vraiment ? Moi, au conlrairo, il me semble que de gros, d’énormes évènements ont transformé la face dos choses, et quo des années et des années so sont écoulées depuis notre dernière rencontre.

- Nous avons toutes doux raison, ma petite. Mais n'importe ts sont les faits. Et quo du coups do théâtre, depuis trois semai

i.e baron, qui s’est approché

- Vous poufoz nchouter : Et de gonps do pourse, matame lai

— Ce cher baron !

— Quelle gloire pour votre salon, comtesse ! C'est ici que la voix du destin vint dire à votre ïftvîté fffifslfd : Casimir, (u seras roi t

— Quelle horreur! Mais c'est qu'il est toul-à-fait bien, lo petit, avec Opère-t-il au dehors, votre monsieur Bertillon?

— Non, comtesse, mais hésiteriez-vous devant un petit voyage à la Préfecture?

— Plaisanterie à part, mon cher petit, si on avait laissé faire quelque lomps encore cos sales républicains, le livre d’ccrou du Dépôt eût bientôt remplacé lo Livre d'or dn Toùt-Pârîs.

— Foui ! fus afez raison. Les affaires lefenaient très tancherenses.

— Fort heureusement, c'est biou fini.

— Croyez-vous?

— Très sincèrement. L'entente est nisles, ces réactionnaires satisfaits, s ces opportunistes mécontents que', i'ëaetioim'airos.

LE VALET, h!

— Monsieur Arthur Meyer! (Le vie de ohueholtomonts sympathiques.)-

virtuellement faite. Les opportufonl louf prêts à éroèWnSr devant nous Soùimes loTnï, fibtfc autres, tir la fil

eux lave-eurvettes entfeau milieu

La' COMTESSE

— AU t voici notre exquis polémisto ! Èh bien, mon cher, où

SOUVENIRS D’UN VIEIL INSURGÉ

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