SOCIALISTES DE LA PROPRIÉTÉ ET COLLECTIVISME
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Nous extrayons du journal le Parti ouvrier du 2 juillet 1894 le compte rendu suivant, dû à l’un de nos plus remarquables publicistes du Parti ouvrier, le. citoyen Emile Joindy, membre du secrétariat général du Parti ouvrier :
Le citoyen Arcès-Sncré, dans ce troisième volume, examine avec une érudition considérable comment la propriété peut et doit être légitime, alors qu'elle est le fruit du labeur personnel ; et comment elle doit être regardée comme illégitime, et stigmatisée comino telle, alors qu'elle se décuple en devenant capital par le travail d'autrui.
En résumé, la lecture attachante du troisième volume de cet important ouvrage ne le cède en rien à ses devanciers ; l’auteur s'y montre d’une expérience consommée dans toutes les questions de droit qu'il soulève, et d'une grande facilité d’improvisation ou d'ingéniosité, si l'on veut, dans tous les cas forcément embarrassants qne comporte l'examen du présent, quand on entreprend de le faire passer au futur.
révolution r:a
n A d!4"fe]riO Miraculeux Jliil.ajU’llB, AMÉRICAIN
BREVETÉ S. G. D. G
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très bien se raser, sans en avoir l’habitude et sans pouvoir se couper, fût-on aveugle ou agité.
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Et s’il revenait, si on lo laissait on liberté, et qu'il remonte dans le wagon, il serait bien étonné de no plus m'y voir... A-t-il dû faire un nez, quand il a vu qu’on refermait sur moi la portière?... S'il avait eu l'idée, en montant à Troÿes, de prendre ma place au lieu do prendre celle qui l’a perdu, ce serait moi lo prisonnier et lui l'homme libre. . . Ma foi, mieux vaut que cela soit ainsi... et même — ô égoïsme — qu’il no revienne pas. . . On songerait peut-être à moi. . . Qu’il aille au diable, cet imbécile do B...1 Je suis sauvé, c’est tout ce dont je suis
Mais voilà que le train s'ébranle... Il roule lout d'abord... Puis, ce sont lesrudqs cahots des plaques tournantes... Nous devons passer en gare. . . Ne sortons pas... Le train roule bien cette fois... Attendons encore deux minutes., , Sortons.
Je suis si bien écrasé, et je me suis fait si petit, qu'û stupeur, il ne m’est plus possible de sortir do ma cachette. . . Si j’allais y rester, et que l’on dût venir me délivrer. . . Allons, un coup d’épaule, quitte à se meurtrir et à se déchirer. . . Je pousse. . . Enfin, çà y est. Je suis
Drôle de sensation de revoir, seul, la campagne. Pauvre B... Où est-il?
Une station. C’est Langres. Rien. Doux gendarmes, les bras croisés, regardant lo train. Imbéciles, va! Vous pouvez mo regarder... Autre station... Auxonne... Je passe la tête à la portière. Il me semble que je vois encore, comme à Chaumont, nn commissaire à redingote, avec l’écharpe traditionnelle... Encore une visite... Mieux vant descendre, bien que mon billet me conduise jusqu'à Dôle... Je ne songe même pas que s’il y avait vraiment visite, on ne laisserait pas sortir de gare les voyageurs... Je saute hors de mon compartiment. Je vole vers la porte de sortie. Je donne mon billet, et je n’entends même pas la voix de l’employé qui me crie :
— Mais, monsieur, monsieur, votre billot est pour Dôle, et vous n'èles qu’à Anxonne...
Jo m'en fiche' un peu. Tout ce que je veux, c'est de ne plus mettre les. pieds dans ce chemin de 1er, où tontes les deux heures on vous réclame un passeport que je n'ai pas, et dont l'absence est pour moi
Ah! non. Je ne remettrai pas lo pied en chemin do fer. D'Auxonne à Dôle, j’irai à pied au besoin. Je me rappelle que, tout jeune, j’avais six à huit ans, je suis venu à Auxonne avec ma mère, et que nous avons pris, précisément pour aller à Dôle, une grande pataclio jaune, qui, subitement, apparaît, la même peut-être, à vingt pas de moi, attelée devant une aubergo. Peut-être la même pataclie... Mais, ù malhour, le cocher grimpe sur son siège. Je n'ai que lo temps do me ranger. La patache s'est ébranlée. Dix minutes plus tôt, je filais avec elle.
Ma seule ressource est d'entrer à l’auberge. Je me fais servir à déjeuner — j’ai abandonné mon pâté dans le tragique compartiment — et, ensuite, je demande si l'on peut mo préparer une voiture pour Dôle.
— Mais, monsieur, me répond ta patronne, le train va passer.
Je prétexte uno indisposition.
-* Bien. Alors, dans nne henro.
Je sors en altendant. Je passe les vieilles fortifications d’Auxonne. ot je m'engage sur une longue roule blanche, bordée de vignes. Tout à coup, j’enlcnds, derrière moi, sonner le galop de deux chevaux. Je songe encore un inslant aux chevaux de gendarmes. Ce sont deux officiers prussiens qui vont à la promenade.
Lo soir, j'étais à Dôle,
— A quel hôtel allez-vous ? me demanda mou guide.
— Près de la grand'place, répondis-je à tout hasard.
A l’hôtel — il y on a toujours un sur une grand'place, quand la grand'place existe- — je demandai où habitait M. V..., ancien militaire, chevalier do la Légiou d'honneur.
— M. V... ? A deux pas. Et on m'indiqua nne petite maison.
Me voici donc au port. Jo cours vers la petite maison. Je sonne.
— C'est bien ici M. V...? Je viens le saluer de la part d'an de ses
— Oui, mo répondit la fille. Vous voulez bien parler do M. V..., décoré ?
— Oui.
— Eh bien ! Entrez ici. Je vais le chercher.
La bonne sort et rentre aussitôt.
— Je croyais M. V... à la maison. Il est sorti.
La fillette est bavarde. Elle no tarit pas d'élogos sur son maître. Quel'brave homme 1 Et puis, décoré de la médaille militaire, do la Légion d’honneur ! Ah! mais I II s'est joliment battu en Grimée; en Italie, à Solférino, où il a laissé sa jambe...
— Comment! Laissé sa jambe 1 criai-je, ahuri. M. V... a perdu une jambe à Solférino ?...
La bonne mo regarde, stupéfaite.
— Mais, vous ne saviez pas ? On ne vous Ta pas dit ?
— Mais, répondis-je, alors M. V... n’est pas mon oncle ! J'avoue ainsi que je venais voir mon onclo. Mon oncle, qui s'appelle aussi M. V..., et qui est aussi décoré de la Légion d’honneur et de la médaille militaire, a ses deux jambes solides...
— Ab ! vous voulez parler de M. V . .., d.e Poligny, reprend la bonne ! C’est votre oncle ? Fallait le dire, que c'était celui qui a ses deux jambes...
Il a quitté Dôle depuis nn an et il habite maintenant à Poligny, rue Trnvot.
J’appris ainsi que si jo voulais trouver mon vrai oncle, il me fallait meremettre enroule. Jo remerciai la petite bonne, qui me reconduisit à la porte d'entrée :
— Ah ! je vais raconter cela à mon maître, quand il va rentrer, me dit-elle en me saluant, ce qu'il va rire de bon cœur!
En roule donc de nouveau pour Poligny, où nous sommes à la; tombée de la nuit.
Aussitôt arrivé, ot mon guide payé, je m'engage dans la rue Travot, Mon oncle, le vrai, est debont sur l'uno des marches de la porto de sa maison. Je vois dans la pénombre du soir qui vient, sa haute stature, sa face énergique et ploino de douceur à la fois... lima reconnu.
ie dît-il entre ses den ,ui, reste immobile...
. Entre. Derrière cctto porte. Ne
D un coup, il se retourne.
— AU ! te voilà, animal ! Je te croyais cependant bien m tout au moins dedans. .. Les journaux l’ont dit. . . Ma fem: le journal de côté... AU ! canailles que vous êtes tous, dire
Mais mon oncle n'a pas la — Oui, oui, mon oncle, dis-je en le m’en voulez, pour la colonne ? Nous
en colère. Je me hasarde :
rapantla parole, je sais, vous recauserons... Ce que j'ai
t l'excellent oncle n Tas rien à craindre ic
ji'embrasse.
ment (u t’es sauvé. . . D'abord, li avec tous les gendarmes. . .
. 11 y on a qui étaient de mon nez dehors. . .
: exquis que tiennent mon oncle les péripéaon passage à la cour
o conter çà. cornu ’ - . Je suis ami Je fais tous les jours ma partie avec eux. régiment. Ne montre cependant pas Ion :
Et. tout en lampant forco tasses de ce marc en réserve les vignerons du Jura, je racoutai à ties de ma fuite. Il pleura presque au récit de n martiale.
— Ah ! tu en as échappé uno belle . . . Qu'est-ce que tu veux, en temps de guerre. . . Et puis, après ce quo vous avoz fait. . .
Je crus qu’il allait me servir encore sa colonne.
Le récit du wagon à Chaumont lo fit péter de rire :
— Ah I cet imbécile de B . . . , criait-il en avalant d'énormes rasades ! Où est-il maintenant, pendant que nous buvons tranquillement? En
Et l'oncle jubilait. Vers minuit, nos yeux se fermaient à tous doux. La bouteille de marc était sèche. Brave oncle! les larmes me viennent an souvenir de ton affection et do ta gaieté. . .
Je dormis d’un sommeil tranquille. Le lendemain, je retrouvai Tonde à son poste d'observation, toujours debont et fumant sa pipe. Je m’étais assisvlerrière la porte vitrée, et là nous causions à mi-voix, lorsque, subitement, il rentra :
— Est-ce qne tu serais déjà filé? me dit-il. Depuis deux minutes, je vois un escogriffe — c'était un de ses mois favoris — qui se promène dans la rue et qui regarde toutes les maisons, Tune après l'autre. Je ne connais pas cetto figure-là. . . Tiens, le voilà qui approche... Regarde. . .
Un coup de fusil ne m'eût pas autrement frappé.
Qu’as-tu? me dit l'oncle, voyant mon trouble. .
— Ce que j’ai? Mais, mais, c’est bien lui...
— Mai s qui, lui ?
— Qui? L'ami B. . .. celui qui a été arrêté avec moi à Chaumont, et dont je vous ai conté l'histoire hier au soir. . . Comment diable est-il
Un Vieil Insurgé.
DEUXIÈME ANNÉE. - N* 33. ÎO CJOntlmea SAMEDI 28 JUILLET ISM.
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23, rue Montmartre Satirique — (Illustré — paraissant tous les (Samedis sixmois a*.
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PARIS Rédacteur en Chef: GÉRAULT-RICHARD ÉTRANGER LE PORT EN SUS