‹ Le chambard socialisteChapitre 409 sur 412 · OPINIONS SINCÈRES · texte numérisé non relu

OPINIONS SINCÈRES

— Charles Ferry n’aime pas que los journaux rappellent l'originel do sa fortune ut lui parlent do la banque F«mco-Egypliunne dü JSa-j vicr-Chauffonr...

— Berry n’aime pas que los journaux rappellent le temps où il ie-.constituait le grand chambellan de la baronne d’Ange, la célèbre proxénète de la rue Saint-Georges, qu’il conduisit au premier bal doj.

— Reinach n’aime pas que les journaux rappellent les hauts faits do son gredin de beau-père, ni surtout i’hisfoiro do cotto fameuse due cueillie dans les poches des victimes du Pannma. ot qu’il n’a pasj

— Rouvier Mainte pas qne los journaux lui parlent de son ami Ylaslo, le banquier grec. . .

— Olmudoy n’aime pas qne les journaux dévoilent ses frasques doc

— Roitto n’aime pas que los journaux rappellent lo culte touchau» voué par son ancêtre indirect aux madones d’argent ou d’or massif" enlevées à la vénération dus Espagnols cievots...

— Jules Roche n’aime pas que les journaux racontent los détourne» munis de son protégé Favette...

— Mackau n’aime pas qne los journaux rappellent ses tentative? misérables contre la République...

— Tons les sinistres personnages formant la majorité ont horreur? de la presse, qui dévoile leurs turpitudes...

Voilà pourquoi ils votent des lois contre la liberté d’écrire ot traitent nos articles d’infftmes.

Prop fle Thomas Tirelop

XVf

F.h bien! mon vieux Vlreloqùe, qü’est-oe que tu en dis ?î Voilà ce qui couronne ta vie de lutte et d’efforts...

IF-capitule. Il y eut, en 1830, un escroc qui s'appelait Louis-; Philippe d’Orléans et qui, après avoir chanté la Marseillaise^ le parapluie sur le ‘cœur, se liâta, avant volé la royauté, d'ap-j peler anarchistes tous ceux qui ne lui léchaient pas le cul.

Alors, il appela à la rescousse les Forces sociales, la magis-j Ira iure, l'armée et le reste. Ou emprisonna, on déporta, oui fusilla.,.

Aussi toi, vieux Thomas le biftîn, tu pris nu fusil et lit 18'iS.',

Pauvre naïf! L’anarchiste de Louis-Philippe fut l'anarchiste! d) Marrait et do Cavalgnae. .Seulement, de démocrate, il eut était venu à s’appeler socialiste. C’était le même, ne t’en dédis? pas. C'était le bonhomme quia horreur de l’injustice sociale, celui qui dit avec Rousseau : — L'être qui le premier dit ; Ceci est à moi! commit un crime!...

Toi. mon crétin de Vireloque, alors que Guizot gueulait du] haut de la tribune ; — Bourgeois, enrichissez-vous ! tu damas : — Je veux que tout le monde mange.

Parole anarchiste au premier chef. En juin 1848, on te prouve' que la meilleure manière de nourrir la peuple, c’est de lui faire avaler des lames deisabre... '

Imbécile! tu te battis... et tu fus vaincu! et cette fais lu sentis sur la gorge lo talon d’un Bonaparte. Souvicns-toi, Vire-j loque, de Cayenne, de Lambessa, quand ce n’était pas l'égorge-.l mont nocturne en quelque trou ignoré.

Sale animal! Incorrigible! Tu veux que nul ne meure de faim ! Tu Veux une société organisée de telle sorte que le droit de vivre prime tous les autres!... Tu veux l’égalité première,' l’égalité de la livre de pa'iu assurée à tous! Crapule I on t’eu foutra, du pnin...

Et pendant dix-huit ans, tu fus traqué comme bête puante... et, ne dis pas le contraire, sans les saletés de 1870, les Napo-I léon te tiendraient encore au cou...

1870 ! La liberté !... avec ce je ne sais, quoi d’enivrant de la ! lutte renouvelée de la France contre la Barbarie, de Paris contre Coblentz...

Ou te livra. ()n te vendit! Eh! vieux Thomas! quand je* pense que le 30 octobre tu as dénoncé Bazaine f et qu’on t'a fichu au bloc, connue plus tard, lors delà honteuse capitulation; au janvier. Ferry t'a fusillé!

Les bourgeois, les spéculateurs avaient des vivres plein leurs caves. On a ouvert les portes de Paris, sous prétexte j qu'ou mourait de faim.

Hé '. Vireloque ! qu’est-ce que tu en dis !...

Tu t’es consolé eu te disant : — J’ai la République!...

F, h bien, oui. 11 y a ou uu moment d'espoir. Do 70 à 77, ou a lutté chaud et dur contre la réaction. Et ta forme Républicaine a été proclamée.

Et toi, bon naïf, tu t’es dît :

— La République, c’est la rénovation sociale!... C’est la réforme definitive et logique d un état de choses jadis créé par la sauvagerie première, par la pédérastie grecque, par la brutalité romaine, par le bondiéusage, chrétien, parla théocratie moyenâgeuse... la République, c’est la notion saine du droit de chacun sur l'avoir de tous, du devoir de tous envers ■chacun...

Et tu as proclame, toi, tout seul avec quelques camarades, l’éclosion du socialisme...

Imbécile! Triple imbécile!... t’es-tu assez fichu dedans! Plus que jamais le droit de quelques-uns sur tous s’affirme, plus que jamais l’iniquité — par tous confessée au fond de leur ! conscience — s’étala et pèse...

L’anarchie! c’est uu prétexte à écrasement du socialisme !...

Qu’en dis-tu, Vireloque!...

(Thomas Vireloque, se répondant à lui-même.)

Misère ot. Corde !- laisse faire petit. Ce qui est vrai est vrai. L’homme doit manger. Ne sors pas de là. On déportera, on fusillera, on tuera ..

Tu connais les jeux de fêtes publiques, On tire sur un bonhomme en bois, visant uu rond noir qu’il a au milieu dn ventre. On touche le rond. Il sort au-dessous de la tête un symbole quelconque...

LE GHAMBARD

Tirez* tarez sur le populo. .. . , . V

Vous toucherez dans le mille, el ce jour-là, il sortira de sa tête ceci — qui est une vérité :

— Envers et contre tous, le droit au pain !

Jules Lermina.

J’estplurlesÊosses

Tu n

MONOLOGUE

la femm’, que d’politique

n'mêler activ’n Tu t’effrai’s mêm’ que j’me syndique,

Ça t’ turlupine à tout moment.

Tu dis comm’ ça : « Des pauvres comme Des i-ich’s on en verra toujours.

. Cherch’ pas à changer çà, mon homme,

Çà n’peut T jouer qu’ des mauvais tours. »

J’ sais bien, tu crains qu’ la compagnie Me fiche à la port', quéqu’ matin.

Pour c’ que not’ bourse en est garnie !...

Enfin, comm’ tu dis, c’est du pain!

Du pain pour toi, ma pauvre chère,

Du pain pour les mioches aussi.

Mais, nom de Dieu ! çà m’exaspère

D’ songer qu’en turbinant ainsi

Pour un tas d’faignants, un tas d’ rosses,

On arriv’ juste à s' mettr’ dans 1’ bec.

Dans c’lui d’sa femme et d’ses trois gosses.

Un bout d’pain dur, un bout d' pain sec I Mais heureus’ment, malgré qu’ t'en dises,

Faudra bien qu’çà change un d’ ces jours.

T'as beau penser qu’ c’est des bêtises :

Des gros y en aura pas toujours.

Crois-tu donc qu’ si d’vant nos ancêtres,

Du temps des barons féodaux,

On avait dit : Un jour, vos maitres Verront râser Kfus leurs châteaux,

Les bœufs les plus gras de vos étables Ne seront plus pour vos abbés.

Vous cess’rez d’ètr1 des corvéables Et redress’rez vos dos courbés. »

Crois-tu qu’en regardant leurs loques,

Ils n’auraient pas dit, les pauvr’gens;

« T’es fou, bonhomme, ou tu te moques,

Faut des seigneurs, faut des manants. » Aujourd’hui, j’ sais bien, l’ long martyre De Populo n’a guèr' changé,

Si c’est changé, c’est p’t-ètre en pire;

Il est toujours volé, grugé.

D’ ses fill’s on fait des fill’s de joie :

L’ droit du seigneur ayant du bon,

V patron veut qu’on noce ou qu’on s’ noie,

A moins qu’on n’ préfèE le charbon.

La dime est mort’, mais c’ n’était guère Auprès de c’tte kyriell’ d’impôts,

Qui font qu’ les griff’s de la misère Nous agripp’nt sans trêve ni repos.

Tiens, çà ni’ fait mal dans la poitrine

D’ voir qu’en trimant nous manquons d'tout :

R’gard’moi les trous qu'a ta bottine !

D’ vivr’ de la sort’ je suis à bout.

Oh ! oui, faudra bien qu' tout çà change,

Qu’on n’en voit plus qui n'ai’nt pas d’ pain Quand d’autr’s sans mal, çà boit, çà mange jusqu’à plus soif, jusqu’à plus faim!

Les goss’s n’ verront plus çà; j’espère...

Allons ! parc’ que j' pari’ des enfants,

V’ià qu’tu souris : ton cœur de mère Sent bien qu’ c’est eux seuls que j’ défends;

Car nous, qu’ cà fait, si d’ peine on crève.

Les fils, au moins, s’ront plus heureux :

Nous n’aurons connu que le rêve,

La réalité s’i a pour eux.

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