‹ Le chambard socialisteChapitre 408 sur 412 · DUMANET PÈRE BT MEME · texte numérisé non relu

DUMANET PÈRE BT MEME

Après cette curieuse expérience, nous ne pouvons plus que conseiller aux citoyens quels qu’ils soient lo mutisme général à perpétuité. Fermons la bouche, n’écrivons plus.

Les Rimes Socialistes

QIIAXl) MÊ.HE S

Les foules, vers l'aube guidées,

Sentent nos souffles sur leurs fronts Et dans la lutte des Idées,

Les poètes sont les clairons.

Eclate, ô ma strophe guerrière 1 Jette dans l’air ta note fière.

Pousse ton cri large et sacré !

Sois la fanfare vengeresse,

Pendant que ce peuple se dresse Contre un Parlement abhorré I On a beau nouer les intrigues,

Combiner les petits moyens,

Elever les lois et les digues Devant le flot des citoyens ;

Dans le noble siècle où nous sommes.

On a beau faire, au cœur des hommes, Tuer par la haine l’àmour;

On a beau vouloir, à la chaîne,

Mettre la conscience humaine ;

Tôt ou tard le peuple a son jour!

Après la nuit, l’aurore pure !

Les printemps après les hivers t Après les rameaux sans verdure,

Les resplendissants rameaux verts I Après le deuil, les chants de fête !

Après le hibou, l'alouette Montant vers les deux réjouis !

Après les fers, la délivrance !

Après le Parlement, la France I Après les maîtres, le pays !

Ah ! la justice est imperdable Comme le peuple qui la sert;

Le droit n’est pas un grain de sable Qu’emporte le vent du désert ;

Le progrès s’accomplit sans trêve ;

La liberté n’est pas le rêve De quelques fous vite déçus ;

Le qiel bleu déchire ses voiles;

Et l’on n’éteint pas les étoiles,

Parce qu’on a soufflé dessus!

Illusions! chimères folles!

Rêves monstrueux à rêver !

La France a brisé ses idoles Et ne veut plus les relever.

Les hommes qui pèsent sur elle, Effleurés demain par son aile Et touchés par son doigt vivant,

Ne seront plus dans la mêlée Qu’un peu de poussière envolée,

Qu’un peu de cendre éparse au vent.

Que répondrez-vous à la France, Lorsque la France aura parlé,

Vous qui caressiez l'espérance De tenir le droit muselé ?

O passants, lui ferez-vous croire Que sa gloire n’est pas la gloire Et qu’elle a tort de s’éveiller ?

Lui ferez-vous faire silence ?

La mettrez-vous en pénitence,

Comme on y met un écolier ?

Epatpillerez-vous sa gerbe ?

Piétinerez-vous son flambeau ?

A vos yeux son drapeau superbe Ne sera-t-il qu’un vain lambeau ?

Attendrez-vous que tout s’écroule?

Entre le pouvoir et la foule,

Où sera la rébellion ?

Que deviendra votre tutelle,

Si la Sociale s’appelle Million et puis Million?

Bâtissez l’édifice sombre Des préjugés et des erreurs !

Entassez bien l'ombre sur l’ombre Et les rois sur les empereurs !

L’outragé à nos gloires sereines,

Les tentatives souterraines,

La guerre sourde aux droits humains N’empéchent pas le peuple d'être Le seul ministre et le seul maître.

Tant qu’une plume est dans nos mains.

Vous êtes l'idole d'argile

Qui tremble au souffle du destin ;

Votre puissance est plus fragile Que la lleur qui dure un matin.

Vos grands noms, vos titres splendides

La horde des valets avides

Qui glanent dans votre sillon, .

Tiennent parmi nous moins de place Que n'en occupe dans l’espace L’aile d’trn petit papillon.

Hourra I plus de fers ! guerre au glaive. Voici la paix I Voiai l’amour!

Moi, devant le droit qui se lève,

Je veille sur la grande tour; : .

Je fais, en attendant l’aurore,

Répondre à ma strophe sonore Le peuple, cet immense écho ; .

J’invite l’ombre à disparaître ;

Et, qui le sait ? je suis peut-être La trompette de Jéricho !

Clovis H-ugues.

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