SECULA, SECUNDUM
— M. de Bonnefon, écrivain sacré, homme de lettres qui trempe sa plume dans le bénitier, vante le courage, l’intelligence, les entreprises do l’abbé Garnier. Celui-ci très flatte reproduit modestement ces éloges dans son journal, bien qu'ils aient servi de prétexte A des attaques furibondes du mémo écrivain contre l’archevêque Richard. Catholique et cabotin, c’est la devise du curé, poissard.
Bonnefon félicite Garnier de ne point dépendre do Richard qui éteint toutes les ardeurs.
Bigre! A cet Age-IA î Garnier doit être jaloux.
— In qm 11’a rien A envier au vieux bonze de N. D., c’est le vicaire d Olivel, dont les exploits amoureux défrayent les chroniques. Sous prétexte tle parfaire l’éducation d’une pauvre orpheline pensionnaire au couvent de 8aint-Vincent-de-l’aul, il l'amena chez lui, et la garda pendant trois mois.
Au bout île ce temps il la renvoya A la supérieure. I, 'éducation de la demoiselle était parfaite ot la passion du curé satisfaite.
On porta ces faits A la connaissance du préfet du l.oirot. Celui-ci, en digne lonctionnaire de la Hepublique, no voulut point y mettre son nez pudibond et le seandalo eut été étonfle sans l’attitude énergique du conseil municipal d'Olivel qui vient de démissionner en niasse.
Il va falloir se résoudre A poursuivre l'abbé suborneur, car la population se montre très exaltée contre ce misérable et ses protecteurs officiels
A l’Elysée on en lire la désolation Pensez donc toncher A un ministre du cul 1 0 1 Le préfet a reçu l’ordre de préparer un rapport démontrant que la présence du corps de la jeune lille dans le lit ecclésiastique n’élail pas réelle, contrairement au dogme de l’Eucharistie.
Elle est restée vierge, malgré les coups do goupillon du vicaire et elle pourra comme par le passé aller voir lever l’aurore sur le clocher de Nanterre.
ÇrAco A ces saintes pratiques, les habitants de l'Elysée et les fonctionnaires de la .République A Léon XIII espèrent gagner le paradis; pourvu quo la malhoureuse enfant n'ait pas gagné autre chose, elle!