SALUT A LA COMMUNE
Salut, Commune ! Quand tu vins,
La Fr ance agonisait livrée Par les rhéteurs subtils et vains,
Par les repus de la curée, l es bourgeois monnayaient l'affront ;
Les chefs criaient : " Feu sur qui bouge! » Versailles riait, cette gouge!
Toi, tu pleurais, la honte au front.
Salut, ô grande vierge rouge !J
Salut, Commune ! en te dressant.
Tu vengeais de leurs capitaines Tous ces parias 'dojat le sang Est moins cher que l’eau des fontaines. C'était l’aube auguste des droits Qui se levait dans ta prunelle :
Les peuples e'taient sous tqn aile ;
Tu ne combattais que les r«is.
• Salut, Patrie universelle ! ”
Salut, Commune ! Tu clamais :
« Ne coulez plus, larmes amères!
« Debout ! Faisons sur les sommets « Rayonner les saintes chimères ! »
Tu rêvais, ô toi qu'on proscrit,
Le mal mort, la haine bridée,
Dans l'humanité fécondée Par; tous les mâles «Je l'Esprit.
Salut, glaneuse de l'Idée !
Salut, Com mune ! ô jours maudits!
Contre toi, contre tes apôtres,
Se dressent toujours les bandits Qnt mangent le pain blanc des autres.
Lorsqu'ils t'eurent collée au mur,
Fou triquet .éclata de rire :
On tira sur.toi comme on tire Sur les moineaux dans le blé mlïr.
Salut, glorieuse martyre !
Salut, Commune! Le ciel bleu Riait aux flots baisant la rive.
Tu respirais encore un peu :
On t'enterra dans la chaux vive !
L'herbe refleurit les talus;
L'eflroi dispersa ton escorte ; l.orsque le vent battit ta porte.
Personne ne répondit plus.
Salut, toi qui pour nous est morte !
Mais non, tu n’es pas morte, non I Pour dgraciner le vieux monde,
Naps iTavous qu’à jeter ton nom A rénorme foule qui gronde.
Buvez, chantez, faites l'amour :
Le gouffre a laim, la planche glisse.
Il faut que le sort s'accomplisse 1 Il faut que le peuple ait son tour 1 Salut,. Demain I Salut. Justice'!
Clovis Hugues.