‹ Le chambard socialisteChapitre 96 sur 412 · SALUT A LA COMMUNE · texte numérisé non relu

SALUT A LA COMMUNE

Salut, Commune ! Quand tu vins,

La Fr ance agonisait livrée Par les rhéteurs subtils et vains,

Par les repus de la curée, l es bourgeois monnayaient l'affront ;

Les chefs criaient : " Feu sur qui bouge! » Versailles riait, cette gouge!

Toi, tu pleurais, la honte au front.

Salut, ô grande vierge rouge !J

Salut, Commune ! en te dressant.

Tu vengeais de leurs capitaines Tous ces parias 'dojat le sang Est moins cher que l’eau des fontaines. C'était l’aube auguste des droits Qui se levait dans ta prunelle :

Les peuples e'taient sous tqn aile ;

Tu ne combattais que les r«is.

• Salut, Patrie universelle ! ”

Salut, Commune ! Tu clamais :

« Ne coulez plus, larmes amères!

« Debout ! Faisons sur les sommets « Rayonner les saintes chimères ! »

Tu rêvais, ô toi qu'on proscrit,

Le mal mort, la haine bridée,

Dans l'humanité fécondée Par; tous les mâles «Je l'Esprit.

Salut, glaneuse de l'Idée !

Salut, Com mune ! ô jours maudits!

Contre toi, contre tes apôtres,

Se dressent toujours les bandits Qnt mangent le pain blanc des autres.

Lorsqu'ils t'eurent collée au mur,

Fou triquet .éclata de rire :

On tira sur.toi comme on tire Sur les moineaux dans le blé mlïr.

Salut, glorieuse martyre !

Salut, Commune! Le ciel bleu Riait aux flots baisant la rive.

Tu respirais encore un peu :

On t'enterra dans la chaux vive !

L'herbe refleurit les talus;

L'eflroi dispersa ton escorte ; l.orsque le vent battit ta porte.

Personne ne répondit plus.

Salut, toi qui pour nous est morte !

Mais non, tu n’es pas morte, non I Pour dgraciner le vieux monde,

Naps iTavous qu’à jeter ton nom A rénorme foule qui gronde.

Buvez, chantez, faites l'amour :

Le gouffre a laim, la planche glisse.

Il faut que le sort s'accomplisse 1 Il faut que le peuple ait son tour 1 Salut,. Demain I Salut. Justice'!

Clovis Hugues.

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