INTRODUCTION XXXV
s'allier à nous; mais naturellement les exemples sont rares, les ours étant peu avantageux...
a Avez-vous eu la curiosité d'aller entendre les discussions dans la salle du Préaux-Clercs sur le mariage et l'hérédité? On dit que cela est très amusant pendant quelques minutes et, par réflexion, très effrayant lorsqu'on se représente combien de fous et de chiens enragés courent les rues. »
Mais l'Inconnue demande encore des corrections, que Mérimée exécute avant de recopier une fois de plus la nouvelle. Il écrit de Cannes, le 23 février 1869 :
« Je pense que vous trouverez mon ours plus présentable sous sa nouvelle forme. Quand je puis peindre, j'y fais des illustrations pour le donner à l'Impératrice quand je reviendrai à Paris. Ne croyez pas que je représente toutes les scènes, celle par exemple où cet ours s'oublie. »
Après ces ultimes retouches, Mérimée était enfin décidé à offrir sa nouvelle à l'Impératrice. Il en fit même, devant elle, une lecture dont Augustin Filon nous a laissé le récit dans son livre Mérimée et ses amis, à la page 303 :
« Je crois voir Mérimée s'installant avec son petit cahier relié pour lire Lokis devant l'Impératrice. C'était pendant l'été de 1869, au château de Saint-CIoud, dans le salon qui occupait le milieu du premier étage \ au fond
1. « Le salon de la Vérité ou de famille occupe l 'ayant-corps de lo façade d'honneur, trois portes-fenêtres entre les colonne-; ioniques de Girard. Il se dégage d'un côté sur le salon de Vénus, de l'autre sur celui de Mercure, et au fond sur la bibliothèque... La tenture murale en damas cramoisi provient oV La fabrique d<- Lyon. Le meuble en tapisserie à fleurs est Empire, mais, au milieu de la pièce, s'étale une table à patins semblable à celle du salon de Vénus, et devant la cheminée s'ulignent. sur deux nies. quatre « confortables » capitonnés. Deux encoignures en ébène et