‹ Le Chambre bleueChapitre 31 sur 70 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

de la cour d'honneur, salcn contigu à cette originale bibliothèque, si ingénieusement arrangée par Louis-Philippe et dont Jules Sandeau était le gardien nominal. La soirée était chaude, mais on ferma les fenêtres par égard pour le lecteur. Les portes des salles voisines, éclairées, mais désertes, demeurèrent ouvertes, et bientôt il n'y eut que la voix de Mérimée qui résonnât dans cette quiétude et ce recueillement du grand palais ensommeillé. L'Impératrice était assise à une table ronde placée dans un coin de la pièce, devant un buste du roi de Rome à vingt ans { . A sa gauche, Mérimée. Autour de la table, les deux dames du palais, qui faisaient le service de la semaine, les demoiselles d'honneur, M1Ie de Lerminat et Mlle d'Elbée, enfin les nièces de l'Impératrice, Marie et Louise, avec la femme très aimable et très distinguée qui dirigeait alors leur éducation2. Une lourde lampe éclairait le cahier blanc où Lokis était écrit d'une écriture large et ferme, les éventails qui battaient l'air lentement, les broderies qu'agitaient sans bruit des doigts agiles et menus, tous ces fronts penchés et ces yeux de jeunes filles qui se levaient quelquefois vers le lecteur avec une expression de curiosité et de rêverie. Deux ou trois hommes, assis un peu plus loin, complétaient ce petit cercle. Mérimée lut de sa voix indifférente et monotone, interrompu seulement par des sourires ou de légers murmures dont l'Impératrice donnait le signal.

« Lokis est un petit roman très bien fait, très vigoureux d'exécution, très habilement varié de ton et où l'ironie se soutient à la hauteur voulue pour ne point gâter la couleur sombre du sujet. En le relisant ces jours-ci, il

laque du Japon, ornées de bronzes dorés à dessus de marbre blanc... supportent des bustes dans les angles du fond. » H. Glouzot, Des Tuileries à Saint-Cloud, p. 176-177.

1. « L'un des bustes représentant le duc de Reichstadt a été emporté par un général prussien qui trouvait qu'il lui ressemblait. » Note de H. Glouzot, Des Tuileries à Saint-Cloud, p. 7.

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