‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 13 sur 99 · REVUE PASSÉE PAR LOUIS XVI · texte numérisé non relu

REVUE PASSÉE PAR LOUIS XVI

lui était échu. Une société nouvelle se levait, plus remuante, plus exclusive peul-ètre que celle qu'elle allait remplacer.

Le 29 mai 1790. Louis XVI passait en revue , non plus à la plaine des Sablons , mais bien au Champ de Mars , la garde nationale parisienne , composée de détachements envoyés par tous les districts. Il y eut là environ cinq mille hommes. Cette revue , la première à laquelle le roi prit une part personnelle , après les événements de 1789 , laissa au souverain une impression qui dut lui être particulièrement douloureuse 5 elle combla de joie , au contraire , le peuple qui se sentait désormais maître de lui-même , et qui ne devait point tarder à le montrer.

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14 Juillet 1790.

imière d'une Confédération générale n'ap-

Dt pas à Paris. C'est, croyont-nous , la

âpalité de la ville de Rennes qui, le 29 avril

en conçut la première pensée , et en pro-

la réalisation dans une adresse qui fut

'oyée par ses soins à toutes les gardes

nationales du pays ; le 4 mai suivant , le

district de Saint-Eustache , à Paris , prit

une délibération conforme à ce vœu ,

et appela l'attention du Corps législatif sur ce projet, dont

l'adoption devait tenir une si grande place dans les actes de

la Révolution triomphante.

Sans attendre Paris , qui s'attardait , au boui^ de l'Etoile , près de Valence , quatorze communes de la province du Dauphiné , avaient prêté le serment de rester à jamais unies et de voler au secours de leurs frères de Paris ou des autres villes de France qui seraient en danger pour la cause de la liberté ; le Poitou , la Bretagne , l'Alsace et la Lorraine , le DaupMné , l'Anjou, s'étaient isolément confédérés. A Angoulème, avait eu lieu une réunion de plus de cinquante mille hommes ; de leur côté , le Berry, la Touraine , l'Orléanais , le pays Chartrain ,

s'étaient unis le 9 mai , dans une cérémonie patriotique au cri de : Vive la nation , Vvoe la loi y Vive le roi , qui devait bientôt devenir une sorte de cri de ralliement dans toute* l'étendue du royaume.

Ce qui détermina l'Assemblée nationale à prendre une résolution définitive et à se placer à la tète de ce mouvement, auquel il semblait difficile de résister, fut surtout la réception à sa barre d'une députation de la ville d'Arras. Composée de citoyens habiles et résolus , cette députation demanda que toutes les gardes nationales fussent appelées à envoyer à Paris , pour y prêter le serment civique, des délégués choisis par ellesmêmes.

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