PROCLAMATION DE LA LOI MARTIALE
a déclaré que des coups de feu avaient été dirigés sur la garde nationale et sur Lafayette , son commandant. Ce fait n'est point prouvé, mais ce qui ne peut être nié, c'est que, vers six heures, sans sommations préalables, « les violences exercées sur la troupe les ayant rendues impossibles, » dit encore Bailly, la garde nationale fit une première décharge en l'air, puis une seconde sur la foule terrifiée , et enfin une troisième , qui fut plus meurtrière que la précédente.
Les soldats , il est juste de le dire , avaient longtemps résisté aux provocations des factieux , mais , le premier sacrifice accompli, ils se comportèrent avec une coupable cruauté. Un assez grand nombre d'hommes , de femmes et d'enfants , qui s'étaient réfugiés sur l'autel de la Patrie, furent massacrés; d'autres furent poursuivis par les cavaliers jusques dans les plaines qui avoisinent le Champ de Mars.
Le lendemain , l'Assemblée prenait , en présence de Bailly, la délibération suivante :
L'Assemblée nationale a appris avec douleur que les ennemis du bonheur et de la liberté de la France , avaient forcé les dépositaires de la force publique à substituer aux mesures de douceur, la sévérité. L'Assemblée nationale approuve votre conduite ; elle voit avec grande satisfaction que les gardes nationales , soldats de la liberté , soutiens de la Loi, ont continué à justifier la haute estime que leur avait déjà méritée leur zèle infatigable.
L'Assemblée nationale ne vous invite point à assister à la séance , elle sait combien il est nécessaire que vous retourniez à vos fonctions.
18 Sept^nbre 1791.