JOUBERT
♦ Soldat et Général, enfant de la Victoire,
è Four nous il vécut peu , mais assez pour la Gloire.
F. Nogaret
Imprimés distribués au Champ de Mars pendant la cérémonie.
23 Septembre 1799.
(l" Vendémiaire an VIII}.
' ^N des produits de l'industrie de l'année
.6 avait laissé au sein du gouveraement et ans la population parisienne , l'impression 'un succès national: Il semblait nécessaire de revenir à court délai sur nne manifestation de même nature; mais, dans les conseils de l'Etat où la question fut ag;itée, on résolut d'attendre quelque temps encore afin que le plan d'une exposition plus générale et plus complète pût être étudié avec maturité. La fête du l*"" vendémiaire an VIII fut cependant digne de ses aînées. Pendant les six jours complémentaires de l'an VII , du 19 au 22 septembre 1799, la cour du Palais national des sciences et des arts resta tendue de tapisseries des Gobelins, parmi lesquelles se trouvait la reproduction des fresques du Vatican. Au milieu de la cour, s'élevait une statue de l'Industrie , tenant un caducée et appuyée sur un cabestan.
C'était , comme on le \"oit , un pieux hommage rendu à l'Industrie française , mais on ne se borna pas à celui-là. On exposa également dans la même cour les produits récompensés lors de l'exposition de l'an VII ; cbacim fut admis à les visiter, en même
temps que le Muséum des arts et les Manufactures nationales qui avaient été exceptionnellement ouverts au public.
Le 6® jour complémentaire (22 septembre), des décharges d'artillerie annonçaient la fête qui devait avoir lieu le lendemain. Des feux ayant été allumés sur les monmnents les plus élevés de la capitale, le Conservatoire de musique donna, au milieu de la cour du Louvre, un concert qui fut écouté dans le plus profond silence.
Le lendemain , l®** vendémiaire , des salves d'artillerie annonçaient « à la naissance du jour » l'ouverture de la fête qui fut célébrée, dès le matin, par les administrations municipales. L'après-midi , les cérémonies publiques eurent lieu au Champ de Mars.
Un autel « à la Concorde » avait été élevé près de l'autel de la Patrie ; à sa base , on lisait cette courte inscription :
Paix à V homme juste,
A Vobsertateur fidèle
des Lois.
Près de là , s'élevait une colonne consacrée à la gloire des héros morts au champ d'honneur en défendant la Patrie.
Le Conservatoire de musique, dès que les autorités constituées eurent pris les places qui leur étaient affectées, exécuta plusieurs chants patriotiques , puis le Ministre de l'Intérieur s'avança près des degrés de l'autel de la Patrie et proclama les belles actions accomplies pendant l'année; le Président de l'Institut national des sciences et des arts lui succéda et proclama à son tour les titres des meilleurs ouvrages publiés, ainsi que les noms de leurs auteurs.
Après ces proclamations vivement applaudies, le Conservatoire de musique chanta un Hymne sur la fondation de la Bépubliqtte et le Président du Directoire , Gohier , prit la parole :
Citoyens, dit-il, nous célébrons l'inauguration du premier, du plus grand jour delà France républicaine. Les bastilles, en s'écroulant devant la nation levée tout entière pour briser ses fers , ont manifesté son courage. Les canons du 10 Août
ont fait éclater sa puissance ; mais c'est le 22 septembre que la majesté du peupl a été reconnue , que sa souveraineté a été proclamée.
Ce jour est votre fête, hommes énergiques qui, les premiers, avez levé l'étendarc^ national, et marché aux cris répétés de vivre libre ou mourir !
Ce jour est votre fête, patriotes de la première assemblée du peuple , qui , en. Mr%~^ anéantissant les distinctions insolentes du régime féodal , avez réveillé la fierté £>-^ de l'homme libre . et publié la sainte égalité des droits.
Ce jour est votre fête, législateurs courageux, qui avez reconquis la puissance ^*e nationale abandonnée à un roi parjure, sans consulter le vœu des Français ; qui, « ^^
fidèles à votre mandat , en avez prévenu Texpiratioiï , l'avez généreusement ^ ^^
abdiqué , pour ressaisir la nation entière de tous ses droits.
Ce jour est votre fête , membres de cette convention célèbre , dont la calomnie ^ ^
veut buriner les erreurs, et dont le génie de la France réclame l'histoire.
Ce jour est votre fête , amis constants de la liberté, intrépides défenseurs du xju
pacte social qui nous la garantit ; en un mot , ce jour est la fête de tons les bons ^s
Français.
Cette commémoration de la fête de la République, si souvent célébrée au milieu des chants de la victoire et de l'allégresse , reçoit un caractère plus sévère , mais non moins touchant, des circonstances qui l'environnent. Quels peuples sur la terre ont pu se flatter de fixer la fortune ? L'adversité leur est peut-être nécessaire pour leur rendre cette énergie créatrice de tout ce qui est grand et sublime ; • ;
celte sagesse conservatrice de tout ce qui est utile et bon. Les républiques s'usent ^ Mii et s'éteignent quelquefois dans la mollesse et les prospérités; c'est dans la j^àa mauvaise fortune qu'elles se retrempent et se fortifient.
Que des esclaves prennent quelques triomphes éphémères achetés par les trahisons, ])our le gage de destinées constamment prospères , une glorieuse expérience vous a appris que c'est dans les revers , au sein même des orages d'une nation libre , que se prépare la foudre qui doit écraser ses ennemis.
Français ! rappelez-vous comment, il y a sept années, une cour perfide appelaitS-cj^Jai^ les hordes étrangères au sein de la France; comment toutes vos places étaientt.c:c^.ent livrées , et une portion considérable de votre territoire envahie. Le canon du lO -C 10 Août gronde ; la République est proclamée, pour ainsi dire,en présence du roi qu'elles -CX^>eDe précipite de son trône , et sous les veux des puissances accourues pour s'enr^*^^'en partager les débris ; au même moment , deux cent mille braves se lèvent. Nou— -■Lr<:>ouveaux dans l'art des combats, ils vont se mesurer avec de vieilles armées accou-.drc:>ODtuniées à vaincre , et ces bandes aguerries tombent ou s'enfuient devant de^-fc> des mains novices, que dirigent des cœurs enflammés de l'amour de la patrie.
De quelles victoires ont été suivies ces premiers succès! Quels jours dE» de
gloire ont succédé à ces premiers jours de triomphe !
Peuple, non moins admirable au champ d'honneur , lorsque tu domptes
X)iûssances ennemies , que par ta patience à supporter tous les besoins , à lutter <x)ntre les fléaux , à te défendre contre toutes les factions , à quelque profondeur clés siècles que parvienne ton histoire, elle sera lue avec attendiissement ptr toul ce qui porte une âme élevée, un cœur sensible ; et la postérité reconnaissante le conservera le litre que t'ont décerné les nations dont tu avais brisé les fers.
Ta grandeur, tes vertus, •ton dévouement, tes sacrifices, sont à loi ; tes erreurs ne t'appartiennent })as , elles sont l'ouvrage , elles sont le crime de l'étranger.
Qu'il est beau d'être Français , de faire partie d'un })euple souverain qui a si solennellement proclamé les droits de l'homme ; qui ne connaît d'autre noblesse que la vertu, d'autres privilèges que la gloire ; d'autre politique que la lovauté et son courage ; d'autres législateurs , d'autres magistrats que ceux qu'il tire de son propre sein, et qui sait s'honorer lui-même en res})ectant son propre ouvrage !
Ce grand peuple ne cherche point à bouleverser le monde. Fidèle à la paix envers les puissances neutres , à l'amitié envers les puissances alliées , quelle que soit la forme de leur gouvernement, il ne sera terrible qu'envers ses ennemis.
Une constitution, fondée sur la raison, sur la justice, est indestructible comme
elles. Semblable à un fer ardent, qui se consolide sous les coups qu'on lui porte,
et qui couvre d'étincelles brillantes ceux qui le frappent, la République se fortifiera
par les attaques même de ses ennemis , et elle les dévorera des feux qu'ils feront
jaillir de son sein.
Les forces de la lléj)ublique sont dans la réunion des ré{)ublicains. S'il v a du péril , il n'est pas dans le nombre de ses ennemis , mais dans les ])a8sions (jui divisent ses amis ; il n'est pas ù nos frontières , mais au milieu de nous.
Averti de son imj)uissance par toutes ses tentatives infructueuses . c'est sur de
nouveaux éléments que le rovalisnie établit aujourd'hui ses affreux calculs. Il
invente des fables absurdes , fait circuler des suppositions criminelles , imaginées
pour exaspérer les esj)rits , constituer des partis , relever des factions , et écarter
tous les cœurs du gouvernement constitutionnel. Il sème les défiances, broie des
poisons, prépare des divisions pour nous fra})per plus sûrement de ses poignards.
Il se propose d'armer les uns contre les autres , tous les réj)ublicains qu'il veut
perdre ; et , lorsqu'il croit avoir mis les armes à la main de ceux qu'il égare , il
vient dénoncer son propre ouvrage aux magistrats qu'il calonmie. Citoyens
reconnaissez dans ces horiibles machinations l'ouvrage de l'Anglais ; l'esprit
infernal de l'odieux gouvernement qui veut toujours nous agiier de ses fureurs,
nous déchirer de nos propres mains.
Repoussons les torcJies incendiaires dont on voudrait embraser la République ; mais conservons le feu sacré dont nos cœurs doivent brûler pour elle. Dans tous les combats contre le rovalisme , vous avez vu , vous verrez vos magistrats sur la brèche avec vous. Rejetez avec un niépriségal, la calomnie qui veut nous désunir et la séduction qui veut nous captiver.
Vous envisagez , sans doute , avec le dédain d'une fierté républicaine , ce fantôme de roi , qui , du fond des cours , où il cache sa rage impuissante , prétend vous flétrir de ses pardons. Le {)ardon de vouloir être libre ! Mais voyez à Naples comment les rois pardonnent , vovez dans l'histoire anglaise , le cours sanglant de trente années de supplices, suffire à peine à l'expiation de la punition d'un roi.
Qu'avons-nous besoin de chercher dans les temps éloignés et sur des terres étrangères , des exemples qui sont dans nos histoires et sous nos propres jeux ! Plus de quarante mille républicains ont été Iftchement égorgés dans l'intérieur par les satellites des rois. Que les crimes des valets vous apprennent ce que feraient les maîtres 1
0 vous , qui calomniez la République , qui feignez de douter encore de la solidité des bases sur lesquelles elle repose , jugez de sa grandeur et de sa puissance ])ar tous les moyens , par toutes les forces qu'emploient ses ennemis coalisés contre elle ! Depuis huit ans , une moitié de l'Europe est en mouvement pour la détruire ; et ce n'est point sur les brutales fureurs des hordes septentrionales que la coalition compte aujourd'hui ; elle sent que le sol français , qui n'est ])a8 souillé de leur présence , s'ouvrirait sous leurs pas, s'ils osaient y entrer. Barbares, que les forêts de la Moscovie vomissent auprès de nos frontières , vous ne retournerez pas aux lieux qui vous virent naître. Ce n'est pas dans la Batavie seulement que les soldats de la liberté vous feront mordre la poussière. La destinée qui plaça votre berceau dans les antres du Nord , a marqué votre tombe sur le sol des Républiques que vous avez profanées.
Jeunes conscrits ! la Patrie . en proclamant avec orgueil vos noms , proclame ses plus chères espérances. C'est à vos jeunes courages que la nature a confié la défense des objets de votre tendresse , et la loi vous appelle aux frontières pour les proLt'^ger contre leurs ennemis. Tel d'entre vous est inconnu dans les rangs , qui, destiné à remplacer les héros que nous avons perdus , doit remplir le monde de sa gloire. Oh ! songez que ce sont les derniers efforts de la coalition que vous avez à combattre , et que si vos frères d'armes ont eu l'honneur de voler les premiers à la défense de la Patrie, l'honneur non moins insigne de terminer cette guerre imj)ie vous est réservé.
Oui, c'est vous qui donnerez la paix à l'Europe, le repos et le bonheur à votre pays. Vos ])halanges réunies })Our combattre l'ennemi extérieur , sont le gage de la réunion qui va s'opérer entre tous les républicains. La loi n'aura pas voulu en vain que la fête de la fondation de la République soit aussi celle de la Concorde. Quand nous allons nous serrer pour combattre l'ennemi commun , quel est celu£ qui voudrait sortir des rangs , se séparer du faisceau républicain? Marchons ver» l'autel de la Concorde ; c'est là que nous devons porter le dernier coup à tous le ennemis de la République.
A ce moment , au milieu des acclamations , Gohier , suivi du Directoire et des autorités constituées, quitta l'autel de la Patrie et se porta vers celui de la Concorde , où il prit de nouveau la parole , en ces tenues :
Concorde î Divinité lutolaire des peuples libres , c'est en s'armant de toute ta force que les Français ont brisé leurs fers ; c'est devant toi, et par toi, qu'aujourd'hui le peuple debout est armé contre les ennemis extérieurs et intérieurs , i)our Imtégrité de son territoire et le maintien de sa constitution. Dans t€s bras s'est formé le faisceau républicain , que le royalisme s'efforce de diviser parce qu'il ne peut le rompre. Ah ! préservc-le des atteintes que les ennemis de la République voudraient lui porter ! Sauve la République elle-même en réunissant tous ses •mis! Ton autel, que jamais le sanjr n'a rougi , ne reçoit , n'exige que des sacrifice» dignes des attributs de ton culte. Tu veux qu'on s'en approche , non j)Our le rouvrir des richesses de la terre, des chefs-d'œuvre des arts, mais pour v déj)oser k fardeau de tous les douloureux souvenirs ; pour v sacrifier les ressentiments , Iw haines, toutes les passions capables d'énerver la force du gouvernement répu- Wicain , de troubler la tranquillité , de compromettre la sûreté , le bonheur du P*Qple. Eh ! quel est l'ami de la liberté qui , au moment où elle est attaquée par ^03 les eftbrls réunis de ses ennemis coalisés , refuserait de se lier à c«ux qui •ont cfaargf's de la défendre et qui jurent de la maintenir? Quel est le citoven '™Ç«i« qui voudrait s'éloigner de ton enceinte sacrée, lorsqu'il ne lui reste que le ^"Ojx^ ou d'embrasser ton autel, ou de servir de marchepied à un trône teint du *^ des républicains ?
^^ à ceux qui ont souffert dans le cours sanglant des réactions , pour la cause '^^ de la liberté , de bannir entièrement de leur cœur les défiances nourries j;^ de lâches trahisons, par d'injustes persécutions qui ne renaîtront jamais. leur, dis à tous les Français que les membres du Directoire exécutif mourront ^ lois plutôt que de transiger avec leurs devoirs et leurs serments ; que. fons **■* inaltérable union avec le Corps Législatif, ])leins du môme courage, nies <i'iin égal dévouement , il n'est point d'obstacles qui puissent les arrêter , . ^^ dangers qu'ils ne bravent, point d'ennemis qu'ils ne combattent pour le ^<>naph^ jg |j^ République.
**^*»Hje aussi ceux qu'on effraie du retour d'un régime que tous les Français *^8^1emenl en horreur , et qui les a également tous frappés. Calme leurs imafÇ*" ^oiig inquiétées ; fais briller à leurs yeux ces paroles consolantes sorties de lonaaiiciuaire:
Pais à V homme juste , à Foiseroafeur fidèle dest lois. ^ • iKvinité si chère aux grandes âmes , auguste sœur de la liberté , veille sur
ses autels ; régularise son culte , ne donne à tous ses amis , à tous ses enfants
qu'une même volonté.
S'il était j)ossible que les Français fussent sourds à ta voix ; s'il arrivait que
tes temples fussent désertés par eux y et que des passions particulières pussent
jamais prévaloir sur l'intérêt commun, ne nous rends pas témoins de ce douloureux
speclacle ; ne nous laisse pas survivre à ce comble des maux de la Patrie ;
accorde-nous la mort ])lulôt que des jours empoisonnés par les divisions de ce
peuple généreux. Mais non ! l'enthousiasme de la vertu va rempUr les cœurs ,
l'amour de la Patrie va réchauffer toutes les âmes, et les Français réunis, seront
encore l'effroi de leurs ennemis , feront encore l'élonnement et l'admiration de
l'Europe.
Vive la République!
(îe discours teniiiné , Gohier revint à l'autel de la Patrie où devait être prononcé, au bruit d'une salve d'artillerie, le serment civique.
(( Je jure fidélité, dit Gohier, à la République et à la Gonsti- (( tu lion de Tan III: je jure de m' opposer de tout mon pouvoir f( au rétablissement de la royauté en France et à celui de toute u espèce de t\Tannie ».
Et la foule électrisée répéta : « Je le jm^e ».
Quand cette puissante voix fut éteinte, le Ministre des finances vint rendre hommage aux départements où l'emprunt forcé se percevait avec le plus de régularité ; il fit connaître les noms de ces di^parloments et loua en termes émus , leur dévoûuient au ])ays et leur zèle patriotique. Puis le Ministre de la guerre s'avança à son tour et, par suite des décrets rendus par le (.Ioq)s législatif, proclama, comme ayant bien mérité de la Patrie :
I /administration centrale de la Haute-Garonne, l'administration municipale de la comnnme de Toulouse, les administrations centrales de l'Aude, de TAriège, du Gers, des Hautes-IVrénées, du Lot, du Lot-et-Garonne et du Tarn; les chefs militaires, les colonnes mobiles , les gardes nationales qui avaient contribué à la (h^faile des a brigands royaux » ou ([ui s'étaient « généreur(Mnent dévoués à la défense de la République et de la constitution de Tan III , en combattant les hordes royales qui aNuienl arboré le drapeau blanc et proclamé Louis XVIII ».
Le Ministre ajouta les noms des départements où la loi sur les conscrits avait été exécutée avec le plus d'enthousiasme.
A ce moment , s'avança vers l'autel de la Patrie , un bataillon de jeunes conscrits ; le Président du Directoire se leva , leur remit un étendard , et prononça les paroles suivantes :
Brave jeunesse , recevez l'étendard dont la Pairie honore votre courage. Porté
par vous, il se trouvera toujours au chemin de la gloire. Un don semblable
électrisa les braves que vous allez rejoindre ; ils sont Français et vous êtes leurs
frères ; la palme de l'honneur est inséparable de leur exemple. Allez imiter l'un et
partager l'autre. Le nom des conscrits a plus d'une fois déjà semé la terreur parmi
les rangs ennemis ; achevez l'ouvrage de vos compagnons d'armes ; remplissez
vos glorieuses destinées. Partez , volez à la victoire ; la discipline la prépare , la
valeur la donne ; l'une enchaîne la gloire , l'autre commande l'estime : un soldat
français ne les sépare point ; suivez ce drapeau que je vous remets au nom
de la République ; entourez>le dans les batailles : dites alors , en le vojant : La
Patrie compte sur nous ; et vous vaincrez.
Vive h République.
\jà fête prenait fin. Des évolutions militaires eurent lieu ensuite et les troupes défilèrent devant la colonne élevée aux soldats morts en défendant la République ; les drapeaux et les étendards saluèrent cette colonne , au bruit de chants patriotiques et de salves d'artillerie.
Le soir , Paris tout entier était en joie ; un feu d'artifice fut "tiré sur la terrasse du Palais du Conseil des Cinq Cents, en présence d'une foule immense.
5 Béc^nbre 1804.
(U FBtMAlBB AN XIll).
FÊTES DU COURONNEMENT DE L'EMPEREUR, DISTRIBUTION DES AIGLES A L'ARMÉE.
" ""—""""Tient de l'Empereur avait eu lieu à Nôtredécembre 1804 ; la distribution des aigles au Champ de Mars deux jours plus tard. ette solennité marque le point de départ d'une ère nouvelle dans l'histoire du pays. Elle s'éloigne sensiblement des fêtes révolutionnaires ,
On prétend maintenant repremlre, dans le cérémonial adopté , les traditions de l'ancienne monarchie et faire du soldat couronné , du brillant général de la Révolution, le continuateur ou plutôt le restaurateur des coutumes et de l'étiquette de l'ancienne cour.
I^ 12 frimaire an XIII {3 décembre 1804) , le grand maître des cérémonies L.-P. de Ségur , faisait publier le programme de la troisième journée des fêtes du couronnement, réservée spécialement à la distribution des aigles. Le voici :
Art. 1. Mercredi 14 frimaire (5 décembre 1804), S. M. l'Empereur fera la distribution des drapeaux aux corps de toutes les armes de l'armée et aux gardes nationales des 108 départements de la République , el recevra leurs serments.
II. L'Empereur parlira à dix beurea des Tuileries dans l'ordre qui a été