V. Il est défendu de traverser les cortèges
VI. Il est défendu de monter sur les arbres *des boulevards et autres promenades publiques ou de les dégrader.
Il est également défendu de monter sur les parapets des ponts et quais , ainsi que sur les piles de bois dans les chantiers.
VII. Le passage de la rivière en bachots ou batelets ne pourra avoir lieu depuis le pont de la Concorde jusqu'à la barrière des Bons-Hommes , qu'aux trois endroits ci-après, savoir :
Au pont des Invalides , à Chaillot et à la Barrière.
Les adjudicataires des droits de ces passages sont tenus de se pourvoir de bachots en nombre suffisant , pour que le service se fasse avec sûreté et célérité.
VIII. Il ne pourra être admis dans chaque bachot plus de douze personnes.
Il est enjoint aux passeurs d'eau d'j maintenir l'ordre , et même de désigner, aux officiers de police ou à la garde , les individus qui , par des imprudences, exposeraient la sûreté des passages.
A quatre heures du soir, tous les passages par eau seront interdits.
IX. Il sera pris envers le contrevenant telles mesures de police administrative
qu'il appartiendra, sans préjudice des poursuites à exercer contre eux par-devan ~^ les tribunaux , conformément aux lois et aux règlements cpii leur sont applicables^
X. La présente ordonnance sera imprimée , publiée et affichée.
Les commissaires de police , l'inspecteur général de police du quatrièmes
arrondissement de la police générale de l'Empire , les officiers de paix , Fins
pecteur général de la navigation et des ports , l'inspecteur général de la salubritéret les autres préposés de la Préfecture sont chargés , chacun en ce qui le concerne, de tenir la main à son exécution.
Pour se conformer aux ordres donnés par le grand maître des cérémonies , les habitants de Paris devaient briser la glace et la relever le long de leur maison ; cette peine leur fut épargnée. La température se modifia subitement et ce fut au milieu d'un dégel complet que la cérémonie eut lieu. Une foule considérable assiégeait cependant , dès le matin , les issues et les gradins du Champ de Mars et la terrasse des Tuileries.
A six heures les troupes étaient sous les armes.
Devant la façade principale de l'Ecole Militaire , s'élevait une grande tribune s'élevant jusqu'au premier étage de l'Ecole. Le pavillon central, orné de colonnes, portant des figures dorées en relief 5 couvrait le trône de l'Empereur et celui de l'Impératrice. Près de là, se tenaient les princes, les dignitaires, les ministres, les maréchaux de l'Empire, les grands officiers de la couronne, les officiers civils , les princesses , les dames de la Cour et enfin le Conseil d'Etat.
Le Sénat , les officiers de la Légion d'honneur , la cour de cassation et les chefs de la comptabilité nationale avaient pris place dans la partie droite; le Corps législatif et le tribunal dans celle de gauche. Les galeries étaient décorées d'enseignes militaires et couronnées d'aigles.
A l'extrémité , du côté de Paris , une tribune était réservée aux princes étrangers; du côté opposé, une autre avait été construite pour le Corps diplomatique.
Les présidents de canton , les préfets , les sous-préfets et le conseil municipal occupaient le premier rang des gradins au dessous des tribunes sur toute la façade de l'Ecole Militaire.
FÊTES DU COURONNEMENT DE l'eMPEREUR. 247
Un grand escalier dont les gradins étaient occupés par les colonels des régiments et les présidents des collèges électoraux, portant les aigles impériales, descendait dans le Champ de Mars ; à droite et à gauche de l'escalier, deux statues colossales représentaient l'une: la France pacifique; l'autre: la France guerrière. Les armes de l'Empire, sous diflférentes formes, étaient partout répétées.
Le cortège partit à midi des Tuileries, précédé des chasseurs de la garde et de l'escadron des Mamelucks. Les grenadiers à cheval et la légion d'élite fermaient la marche.
L'Empereur et l'Impératrice s'arrêtèrent dans les grands appartements de l'Ecole militaire où les membres du Corps diplomatique « furent admis à leur présenter leurs hommages » . Dès que l'audience fut terminée , Napoléon et Joséphine revêtirent les ornements impériaux et prirent place sur le trône au bruit des décharges d'artillerie et des acclamations de la foule et de l'armée.
La cérémonie s'accomplit selon le programme qui avait été tracé. A cinq heures, le cortège rentrait au palais.
Sur son parcours , une foule immense acclamait celui que , peu de jours auparavant , 3.572.329 français avaient proclamé empereur, ne laissant derrière eux que 2.569 opposants. *
2 Avril t815.