‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 56 sur 99 · DISTRIBUTION, ET BENEDICTION DES DRAPEAUX · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION, ET BENEDICTION DES DRAPEAUX

uelques jours plus tard à Gompiègne , puis à St-Ouen , les ommages des grands corps de l'Etat.

Le 4 juin , en présence du souverain , le chancelier Dambray nnonçait au Corps législatif la charte octroyée. On sait <5omment , le 20 mars 1815 , le court règne de Louis XVIII fut dnterrompu par le retour de l'Empereur ; et comment , à son 'tour, l'Empire disparut 5 entraînant le pays dans sa chute.

Le 8 juillet 1815, Louis XVIII avait repris possession du trône. Un an après , le 20 juin , le lendemain de l'anniversaire de Waterlo, il distribuait les drapeaux à sa garde royale. La cérémonie n'eut point le caractère grandiose et saisissant des fêtes de l'Empire.

Au lieu de ces proclamations concises et nerveuses qui électrisaient les masses , au lieu de ces splendides déploiements de troupes qui passionnaient soldats et spectateurs , Paris assista à ime manifestation terne , froide , sans élan , plus religieuse que militaire.

Beaucoup de vieux soldats de la garde impériale avaient pris du service dans la garde royale. Ceux-là comparaient et faisaient de sombres réflexions. Combien les temps étaient changés !

En 1804 , la France était maîtresse du monde. L'armée avait à sa tête un homme qui s'appelait Napoléon. Elle avait derrière elle Valmy , Fleurus , Jemmapes , Marengo. Les derniers échos d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, de Wagram, de la Moskowa, étaient à peine affaiblis.

En 1816, la monarchie réapparaissait appuyée par l'étranger. Le roi était incapable de monter à cheval; deux fois éconduit, deux fois ramené par l'invasion , il régnait sur une France qui n'était plus sûre d'elle-même.

Sans doute , les blanches mains de la duchesse d'Angoulème et de la duchesse de Berrv allaient attacher de brillantes cravates aux drapeaux de la garde royale, mais parmi les soldats présents à cette solennité, plus d'un pouvait se souvenir qu'un an

auparavant , le roi , assis à présent sur un trône mal équilibré faisait des vœux pour les ennemis du pays.

Lorsque le « roi de l'étranger » remit à ses régiments , 1 « drapeaux de la défaite » comme on les appela, plus d' brave dut songer à « Tautre » qui , là-bas , à Sainte-Hélèn.< agonisait lentement sur son rocher, victime d'un guet-ape misérable.

Le défilé des régiments eut lieu en silence ; . le roi , qui n'él pas très rassuré sur l'état d'esprit des troupes, l'avait ai prescrit.

La veille , à six heures du soir et le jour même à neuf heia.: du matin , des salves d'artillerie avaient annoncé la cérémoi

Le roi , revêtu de l'uniforme de colonel-général de la gar< partit des Tuileries à midi et demi. 11 avait avec lui, duchesse d'Angoulème et la duchesse de Berry. Le duc d'. goulème et le duc de Berry étaient à cheval de chaque côté la voiture royale. L'artillerie de la garde annonça l'arriv»' du roi au Champ de Mars. Un des maréchaux de Napoléoi Macdonald , duc de Tarente , major-général , vint l'y recevo, et le complimenter. Louis XVIII passa alors devant le front régiments , puis se plaça sur son trône ayant à sa droite Modt^ ^ sieur , le duc d'Angoulème et le duc de Berry; à sa gauche 1^ duchesse d'Angoulème et la duchesse de Berry.

Les colonels des régiments d'infanterie et de cavalerie de la garde s'avancèrent tour à tour au pied du trône et Clarke, duc de Feltre , ministre de la guerre , présenta à Louis XVIII les drapeaux et étendards de chaque régiment. Le roi , aidé de Monsieur , inclina alternativement les hampes vers la duchesse d'Angoulème et vers la duchesse de Berry j qui attachèrent successivement les cravates. Des salves d'artillerie annoncèrent le moment où le roi remit les drapeaux aux colonels , puis celui où les colonels , escortés par des compagnies d'élite prises dans tous les régiments de la garde royale, arrivèrent près d'un autel dressé dans le Champ de Mars.

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