DISTRIBUTION ET BENEDICTION DES DRAPEAUX
Le grand aumônier de France bénit les drapeaux et étendards et s'adressant aux colonels dit :
Messieurs , le rang que vous tenez dans l'armée française ; le nom que vous avez rhonneur de porter ; la faveur du roi , qui vous a choisis pour veiller autour de sa personne sacrée ; le zèle avec lequel vous avez jusqu'ici répondu à sa confiance ; la bravoure de la plupart d'entre vous , déjà connue de l'ICurope entière ; la valeur et l'habileté des chefs qui vous commandent , accuseraient avec raison notre ministère , si nous entreprenions d'élever ici notre faible voix pour vous parler de courage et de fidélité.
Non , Messieurs , c'est un juste hommage qu'on se plait à vous rendre ; non, vous n'avez pas besoin de recevoir des leçons de valeur, de dévouement et de discipline. Emule , sans être rivale de ces fidèles compagnies , qui n'ont sur vous que le bonheur d'approcher le prince de plus près; substituée à cette célèbre maison du roi , à qui la France dut plus d'ime fois son salut et sa gloire , qui illustra les grands siècles de la monarchie, et qui fut souvent j)ar son intrépidité la terreur de nos ennemis les plus redoutables, conune elle en fit l'admiration par la générosité et l'héroïsme de ses sentiments , la garde rovale sait donner aussi dans toutes les occasions les plus beaux exem[)le8 des vertus militaires.
Vous n'aviez pas besoin , Messieurs , de ce nouveau témoignage d'estime et de satisfaction que le roi vous destinait dej)uis longtemps , et qu'il n'a réservé jusqu'à ce jour que pour vous le rendre plus précieux et plus cher, en vous le donnant en présence de toute son auguste famille ; à défaut d'étendards , on vous aurait vus les jeux fixés sur le panache blanc des fils de Henri IV, serrer autour d'eux vos imj)énétrables bataillons , et former un rempart inaccessible.
Mais , Messieurs , il ne doit pas suffire à la garde rojale de donner la première À toute l'armée, l'exemple des vertus guerrières, il faut encore qu'elle soit le modèle des vertus religieuses.
Un soldat de la garde rojale doit être un soldat chrétien , non moins jaloux de servir son Dieu , que de servir son roi ; aussi exact à remplir les devoirs essentiels de la Religion , qu'à obéir aux ordres de ses chefs ; attentif à faire son salut en même temps que son service... Les héros qui conservent au milieu des batailles les sentiments de la foi ne le cèdent en rien à ceux que le siècle tout seul admire.
Tel est , Messieurs , le véritable esprit de cette cérémonie , c'est c^ que doivent toujours vous rappeler ces enseignes que vous recevez aujourd'hui de la main du roi , que deux princesses du sang de Louis XIV ont ornées des symboles touchants de la fidélité , heureux pnfsages de la victoire , que vous venez abaisser aux pieds des autels du Dieu vivant , et que la religion va vous rendre après les avoir sanctifiés par ses bénédictions et ses prières...
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30 Septembre 1824.