‹ Le Champ de Mars, 1751-1889Chapitre 79 sur 99 · suffrages avaient couvert de leur · texte numérisé non relu

suffrages avaient couvert de leur

approbation, l'acte que la haute cour de

justice, constituée quelques jours plus tôt

sous la présidence de M. Hardoin . quali-

iiait énergiquement de « crime de haute

trahison u.

Le plébiscite du 20 décembre, confiait ù Louis-Napoléon, pour

dix années, non-seulement la présidence de la République, mais

encore les pouvoirs constituants qui devaient le conduire au

rétablissement de l'Kmpire.

La no\ivelIe constitution était promulguée le 14 janvier 1852 ; peu de temps après , l'aigle impériale était rétablie sur les drapeaux français.

Sûr de lui désormais , le Président avait résolu de procéder , le 10 mai à la distribution des aigles. A cette occasion, le bruit s'était répandu dans le pays tout entier, que la cérémonie projetée devait servir de prétexte à la proclamation de l'Kmpire. Le gouvernement hésitait cependant : il lui paraissait ([ue cette proclamation, si avidement poursuivie par les ouvriers du 2 décembre , ne pouvait avoir lieu d'une manière aussi rapide.

Il fallait donc calmer les impatiences trop vives des amis et des conseillers du Prince et laisser croire , pendant quelque temps encore, aux partis vaincus , que la République , aux mains d'un sauveur , ne courait aucun péril.

Un (( communiqué » fut envoyé aux journaux de Paris :

Un grand nombre de ])ersonnes s'imaginent et répèlent que l'Empire doit être proclamé ù l'occasion d'une fôte. Supposer ainsi au gouvernement le désir d'un prétexte pour changer l'ordre de choses établi , c'est se faire une bien fausse idée de la manière dont il envisage ses devoirs. Si la nécessité amenait jamais une semblable résolution , elle ne pourrait s'accomplir que sur l'initiative des pouvoirs constitués , et avec l'assentiment du peuple entier.

Quant aux acclamations de l'armée , elles sont , il est vrai , pour le chef de l'Etat , un témoignage précieux des sentiments dont elle est animée , mais elles ne sauraient produire aucun résultat politique. Aussi , à la cérémonie du 10 mai prochain , les 60,000 hommes réunis au Champ de Mars auraient beau saluer le Président du nom d'Empereur, que le rétablissement de l'Empire n'en serait pas avancé d'une heure.

On espérait que la distribution des drapeaux de la garde nationale pourrait suivre immédiatement celle de l'armée , mais la réorganisation des légions n'étant pas assez avancée , le gouvernement déclara que la distribution de leurs aigles ne serait faite que le 15 août suivant.

La cérémonie du 10 mai avait été cal([uée sur celle du Champ de Mai de 1815 , à laquelle assistait le futur Napoléon III , alors ûgé de six ans et demi.

Un crédit de 100.000 francs avait été ouvert au budget de la guerre pour la célébration de cette fête militaire.

Le génie avait construit seul les tribunes couvertes qui s'élevaient devant l'Ecole militaire et concurremment avec l'industrie privée celles qui se dressaient sur les tertres.

Devant ces tribunes , réservées aux corps constitués , des gradins découverts pouvant contenir douze cents personnes étaient affectés aux étrangers, notamment aux ofliciers des armées étrangères.

Au tiers du Champ de Mars, un autel orné de fleurs, de

DISTRIBUTION DES AIGLES A i/aRMÈE. 3i9

candélabres et de cassolettes, était surmonté d\mo iinnioiiso croix latine. Cet autel avait huit mètres d'élévation , et on v pouvait accéder par cinquante degrés , sur lesquels étaient échelonnés les membres du clergé. Au sommet de Tautel , des fauteuils étaient disposés pour recevoir l'archevèciue de Paris , les cardinaux et les autres prélats assistant à l'office.

A dix heures du matin, les troupes se mettaient en mouvement ; à onze heures elles commençaient à se former en ordre de bataille sur deux lignes dans toute la longueur du vaste hij)p()drome : l'infanterie par bataillon en masse, la cavalerie en colonnes serrées par escadron.

L'infanterie était à droite du pont d'Iéna, la cavalerie à gauche, séparées par un iutervalle de soixante mètres. L'artillerie et le train des équipages fermaient le Champ du côté du pont.

I^s députations des différents corps des armées de terre, et de mer étaient placées dans l'espace vide entre les lignes et l'Kcole militaire : les députations à pied dans leur ordre réghîinentaire du côté de Tinfanterie ; les députations à cheval du côté de la cavalerie.

A midi, toutes les troupes étaient en ordre de bataille. KUes se trouvaient ainsi composées :

LNFAXTERIE.

Trois divisions, sous les ordres du générdl ClAHKKLKret deux brigades hors ligne.

1"* brigade hors ligne : général Forey. Kcole de Sainte ^yr, 5*, 6*, 8^, 9^ bataillons de chasseurs à pied, équipages militaires, ouvriers et infirmiers.

Première dirmon. — Général lîorjRooN.

l'* brigade: W léger. T2^ de ligne, général de (j)lU'.. 2* brigade: 18^. XJ* et 58^ de ligne, colonel f^mslon, i'jjiuuîun^ danl pro\i>/jire.

y brigade: If léger. 4if de ligne, généml (Janniliert*

Deuxième division, — Général Renault.

P'® brigade: 19®, SV, 38® de ligne, général d'Hugues. 2*^ brigade : 5P, 56® de ligne , général Bouat. 3® brigade : 6®, 35® de ligne . général Riper l.

Troisième division. — Général Levasseur.

P"® brigade : 6® léger, 3® de ligne , général d'Alphonse. 2® brigade : 19® léger , 44® de ligne , général Marulaz. 3® brigade : 31®, 48® de ligne , général Répond.

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