LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE INSPECTE LES TROUPES
président de la République le 10 décembre 848, parplus de cinq millions de suffrages 3 prince Louis-Napoléon Bonaparte prêtait olennellement le serment constitutionnel , le 20 décembre, et recevait le pouvoir des mains du général Cavaignac , dépossédé par lui.
Commandant la garde nationale et 1»
première division militaire, Changamier, dont les tendances n'étaient un secret pour personne, croyait à la monarchie ; il s'efforçait de tenir la balance égale entre les légitimistes et les orléanistes, espérant, le jour dvi succès, s'attribuer le mérite d'une restauration à laquelle il auniit contribué pour une large part.
IjOuis-Napoléon avait, lui, de tout autres visées. Sentant le péril , il ne voulait pas laisser le général Changamier s'emparer de l'esprit des troupes. 1^ revue du 30 mai lui avait été un avertissement salutaire.
Dans ces circonstances, il résolut d'inspecter l'armée. I* 7 juin au matin , le Champ de Mars présentait une fois de plus , l'aspect des grands jours.
Toutes les troupes casemées à Paris, celles de SainMJîennain
et celles de Versailles étaient rangées sur trois lignes d'infanterie et deux lignes de cavalerie.
La première ligne d'infanterie, sous les ordres du général Dulac, était composée de deux bataillons de gendarmerie mobile et du 3® bataillon de chasseurs à pied ; la deuxième ligne se composait des G®, 7^ et 10® bataillons de chasseurs à pied ; la troisième ligne était formée par les 56® et 58® régiments de ligne , sous les ordres du général Sauboul.
La première ligne de cavalerie, commandée par le général de GrouchVj était composée des deux régiments de carabiniers et du 9® régiment de dragons ; la deuxième ligne, sous les ordres du général Reybel, comprenait le 1®*' régiment de lanciers et le 5® régiment de hussards.
Deux batteries d'artillerie étaient rangées en bataille en avant du pavillon central de l'I^A^ole militaire.
A dix heures, le Président de la République, suivi de son état-major, arriva au Champ de Mars, avec les ministres de la guerre et des affaires étrangères.
Le général Changarnier, accompagné du général Perrot, commandant la garde nationale de la Seine et du général Legendre, conmiandiint l'artillerie de Paris, s'était porté à la rencontre du chef de TKtat ciui passa devant le front des troupes. Le prince, ayant fait sortir des rangs les ofiiciers et les soldais désignés pour recevoir la croix de la Légicm d'honneur, leur adressa une allocution patriotique et leur remit la récompense de leurs services.
Pour Je délilé . le Président se plaça devant l'Ecole militaire. Les chasseurs à pied passèrent au pas gynmastiqueet la cavalerie au trot. Les troupes acclamèrent chaleureusement le chef de l'Etat.
Six mois plus tard, au commencement de l'année 1851, Louis-Napoléon Bonaparte , faisant acte d'énergie , brisait les pouvoirs (le (llumgarnier. dont la tutelle lui pesait et pai*alysait son action.
10 Mai 1852.