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dans le but de concourir de tous ses mojens à les multiplier, qu'est fondée la Société d^ Encouragement pour l'amélioration des races de chevaux en France.
Depuis longtemps , des théories arbitraires servaient, dans ce pavs, de guide à nos éleveurs ; on y avait procédé sans aucun succès à des essais de toute nature , à des combinaisons , à des croisements de tout genre pour améliorer nos races , et le Gouvernement n'avait pas été jjIus heureux que les particuliers dans ces recherches ; cependant j la paix j en rendant plus fréquente nos relations avec l'Angleterre , nous a permis d'étudier plus attentivement les principes qui la dirigent dans l'art de produire et d'élever les chevaux ; quelques esprits observateurs que n'arrêtaient j)as des routines surannées , où d'étroites considérations n'ont pas tardé à acquérir la conviction que l'immense supériorité de nos voisins d'outre-mer, dans cette branche d'industrie devait s'attribuer, surtout à l'influence des courses qui, alimentées })ar des chevaux de race , faisaient refluer continuellement le sang pur dans la circulation, et amélioraient de cette manière de plus en i)lus , chaque année, la population chevaline par l'intervention de ces croisements salutaires. Il était tout simple alors , prolitant des observations recueillies en Angleterre depuis trois cents ans , de s'approprier une expérience acquise en important chez soi des méthodes éprouvées , sans perdre de temps à chercher quelques meilleures solutions que les Anglais ; car on ne pouvait raisonnablement pas espérer les surpasser.
Il y a néanmoins , il faut le croire , bien de la difficulté à déraciner en France certains préjugés , puisque nous sommes malheureusement forcés de reconnaître que toutes les vieilles préventions contre les procédés employés par l'Angleterre, et en particulier contre les courses de chevaux, ne sont pas encore évanouies. Il est facile de voir, en effet , à la modicité des prix de courses fondées par le Gouvernement, combien peu l'administration des Haras semble leur accorder d'importance. Et pourtant , il est impossible de le nier, l'opinion publique paraît en progrès sensible sous ce rapport. Il existe un besoin général de donner aux courses une plus grande impulsion ; ce besoin se fait sentir tous les jours davantage , et, la Société n'est ici que l'organe de toutes les personnes éclairées, en déclarant qu'elle regarde ces épreuves comme le moyen d'améliorer le plus capital que l'on puisse employer ; aussi croit-elle devoir employer tous ces efforts à les multiplier de plus en plus en France.
C'est en n'admettant que les chevaux entiers et juments de pur sang français l\ concourir pour les prix de courses que l'efficacité de ces encouragements, comme éléments d'amélioration ne tardera pas à se faire sentir ; ici comme en Angleterre la race dc^wr sang se j)rop8gera, et son influence sur toute la population chevaline sera bien vite visible. La France a besoin d'une race de demi-sang ; le croisement de nos fortes juments indigènes avec des étalons de pure race peut promplement amener ce résultat ; offrons donc à la production des poulains et pouliches de pur sang une prime suffisante ; et pour que rencouragement soil toujours éclairé et
toujours profitable , qu'il ne soit accordé qu'au cheval vainqueur d'une épreuve où il aura remporté le prix de la vigueur, du fond et de la vitesse.
Une souscription dans ce but a été ouverte par la Société , elle monl« déjà à la somme de 15,000 fr. qui seront affectés à des prix de course disputés dans la première quinzaine de mai 1834 , aux conditions exposées plus bas.
Les soussignés ne se sont pas fait illusion sur l'efficacité des prix de courses qu'ils instituent , quant à l'influence que leur quotité peut exercer sur toute la Franc* , mais dans la carrière où elle entre , avec l'espoir d'être utile , la Société se flatte que son exemple trouvera des imitateurs.
Elle a tenu , surtout aujourd'hui , en formulant clairement les principes qui la dirigent , à faire appel à toutes les personnes de son 0])inion.
Il appartient après cela au Gouvernement d'imprimer aux courses une impulsion profonde par les puissants moyens dont il dispose.
La Société avant l'espérance fondée que les courses se propageront en France d'une manière considérable , s'attend à voir s'élever souvent , relativement à ses courses , des discussions d'autant plus embarrassantes qu'elles seront pour ainsi dire interminables , par le manque d'un tribunal compétent pour se prononcer entre les différentes réclamations . avec connaissance de cause.
Dans le désir d'obvier à cet inconvénient , elle nommera dans son sein . chaque année , trois commissaires , pour juger les difficultés qui pourraient s'élever en pareilles circonstances. Ces commissaires opineront en dernier ressort sur celles qui seraient relatives aux prix fondés parla Société ; ils seront prêts d'ailleurs , à exercer les fonctions d'arbitres , si toute autre difficulté provenant de toute autre course en France leur était soumise. Ils baseront dans tous les cas leur jugement sur le code des courses , que la Société se propose de publier incessamment.
Leurs jugements seront sans appel.
Ot acte est du mois de décembre 1833. A ce moment , la Société se composait de quatorze membres.
Le duc d'Orléans et le duc de Nemours étaient membres honoraires: Maxim (laccia. comte de (lambis, Delanuirre, coiute Demidoff. Fasquel. Charles Lalitte , Ernest I^roy. ( Ihevalier de Machado . Prince de la Moskowa , de Normandie , Rieussec , lord Henri Sevmour. étaient membres fondateurs.
Os douze membres actifs ])ouvaient s'adjoindre un nombre illimité de collègues. Un président, deux vice-présidents et un trésorier, nommés chaque année . dirigeaient la Société.
Lesmem])res fondateurs nouimaient entre eux trois sociétaires qui remplissaient les fonctions de commissaires des courses.
LES COURSES DE CHEVArX. 381
Toutes les difficultés, contestations ou réclamations qui s'élevaient pendant les courses , soit sur les qualifications et l'âge des chevaux . soit sur la course elle-même , étaient déférées à l'arbitrage de ces commissaires , et jugées par eux en dernier ressort.
(4'é talent les commissaires qui nommaient le juge de la course et le dépositaire des enjeux. Ce dépositaire inscrivait les noms des chevaux et ceux des propriétaires sur un registre spécial , mentionnant également les conditions de la course.
Toute réclamation, pour être valable, devait être présentée avant la fin du pesage des jockeys. Elle était adressée au juge de la course , ou à Tun des commissaires , ou au dépositaire des fonds. Les fonds n'étaient remis au gagnant que si aucune réclamation ne s'était produite en temps utile.
Les commissaires prenaient les mesures d'ordre et de police . qu'ils jugeaient nécessaires, et établissaient les règles qui leur paraissaient convenables relativement au terrain de course , au départ , aux hommes de service , etc.
Ils étaient seuls juges des qualifications des chevaux.
Dans toutes les courses où on payait, une entrée, l'enjeu devait être déposé Tavant-veille . avant midi.
N'étaient admis à concourir pour les prix décernés par la Société que les chevaux entiers et juments de j)?/r sany , nés et élevés en France. Les chevaux nés et élevés dans un rayon de 120 kilomètres autour de Paris devaient payer les droits d'entrée fixés par le programme des courses qui avaient lieu à Paris.
Etaient considérés comme pnr satuf français les chevaux et juments nés et élevés en France , et issus d'une jument et d'un cheval dont la généalogie se trouve constatée au Steed-Book , ou qui étaient eux-mêmes issus crancêtres dont les noms s'y trouvaient insérés.
Toute personne désirant (concourir pour les prix de la Société était tenue de faire inscrire le nom de son cheval . quinze jours avant celui fixé pour la course.
En juin 1834, la Société d'Encouragement prenait l'arrêté suivant :
Considérant que les courses entre particuliers , en entretenant le goût des chevaux de selle , et propageant celui des chevaux de race , sont à coup sûr un des éléments d'amélioration qu'elle a le plus à cœur de soutenir ;
Considérant que pour leur donner le développement dont elles sont susceptibles, il importe surtout de les régulariser, et d'en établir les transactions sur des bases fixes et convenables , arrête ce qui suit :
Article V^.
Les membres de la Société s'engagent , sous peine d'être considérés comme démissionnaires , à ne prendre part à aucune course quelconque de plus de 500 fr. de prix , si elle n'est publiée et réglée dans les formes suivantes ;
Article 2.
Il y aura , au lieu de la réunion de la Société, un livre de paris, où seront inscrits les défis ou engagements de course ; v seront mentionnés les prix des enjeux, celui du dédit , répoque de la course , la distance à parcourir, les poids à porter, l'âge, l'espèce des chevaux, le nom et l'adresse de la personne dépositaire des fonds , et toutes les conditions ou détails propres à caractériser la course , et à éviter tout malentendu. Les personnes qui accepteraient les conditions du déG signeront ainsi que celle qui le propose , sur le livre.
Article 3.
Quatre jours avant la course , un extrait du livre . comprenant l'engagement ou déti et le nom des souscripteurs . sera affiché ou Café de Paris , par les soins de l'Agent de la Société ot à la diligence du juge de la course.
Articlk 4.
La veille du jour ^\v , il sera publié un avis supplémentaire contenant l'heure des courses . les couleurs des jockevs , ainsi que les dispositions intérieures.
Article 5.
Ne seront pus soumises aux présentes conditions les courses conclues inopinément sur rHipj)odronie et qui seraient vidées dans la journée.
Ces règles ne tardèrent pas à être partout adoptées.
Dès 1835 , la Société d'Encouragement décerna des prix dans les courses qui eurent lieu les 3, 7 et 10 mai, au Champ de Mars.
Au mois de septembre, les 6 . 10 . 13 et 17, on courut encore des prix de 2,000 francs, 3,000 francs, 5,000 francs, 6,000 francs
.*)8i LE CHAMP DE MARS.
Peiidant ({ue la foule s'était portée au Champ de Mars, la me était en proie à l'insurrection. Le Ministère avait démissionné , et Armand Barbés, mettant à profit les circonstances qui lui paraissaient favorables , tentait une révolution.
liC mouvement éclata dans l'après-midi , s'apaisa dans la soirée, et reprit , plus intense . le lendemain. Au bout de deux jours , tout était terminé.
M. Drumont. dans la Fm (Van Monde, consacre à cette însurrection (iuel([ues lignes fort curieuses :
Prenez Barbes le 12 mai 1839 . au malin , dit-il. Il est jeune . très riche , très aimable , très aimé , et la vie doit lui sembler agréable. C'est un dimanche : la moitié de Paris est allée à la revue qui se passe au Champ de Mars , et cependant Barbes . en descendant dans la rue , rencontre encore pas mal de Parisiens retardataires. C'est le monde de PauldeKock, de bons bourgeois qui se dirigent vers les guinguettes de Romainville avec des paniers de provision sous le bras , et la progéniture qui suit le père et la mère. Barbes se dit peut-être : « Ce sont ces gens-là qui ont raison et qui sont des sages. »
Peut-être Barbes, en regardant passer un étudiant et sa grise tte , pense-lril à une maîtresse qui l'attend , lui aussi. Il songe peut-être aux pièces qu'il pourrait aller voir ce soir-là.
A rOpéra - Comique on donne la première représentation d'un petit acle : le Panier FUuri, d'im compositeur encore inconnu, qui s'appelle Ambroise Thomas, et qui est joué par Chollet et M^^® Prévost.
Au théâtre de la Renaissance , M"° Anna Thillon chantait par extraordinaire : VEau Merveilleuse ^ et M. Frederick Lemaître jouait , pour une de ses deraièi-es re[)résenlations , V Alchimiste , de M. Alexandre Dumas , tandis qu'au Gvmnase on avait la Belle-Sœur , où , nous dit le Constitutionnel y M"* Dorval est si parfaite, et un Ange au sixième étage , par la piquante Nathalie.
La semaine , d'ailleurs , était pleine d'attractions.
A l'Académie rovalc de musique , c'était Mario dans le Comte Ory ; aux Français , M"® Rachel qui continuait ses débuts dans Ervphile à^Jphigénie en AuliJe
Barbes , qui avait l'ôme d'im artiste , dut avoir une minute d'attention pour toutes ces séductions de Paris ; il vit , devant la porte du Palais-de-Juslice , quelques hommes de garde et un officier qui se j)romenait de long en large , et il est probable qu'il eut la consolation qu'on éprouve devant une muraille énorme qu'on est résolu à escalader.
(Jue de choses , en effet , derrière cet officier, tous les soldats et tous les officiers de son régiment et tous les soldats et tous les officiers de tous les régiments de