POUBELLE
Albert CHRISTOPHLE.
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Ces points ayant été fixés de manière définitive, l'Association de garantie s'empressa de réglementer ses opérations et de faire appel aux souscripteurs.
Son règlement, sagement établi, est conçu ainsi qu'il suit:
Article F'. — Il est formé, entre toutes les personnes qui adhèrent aux présents Statuts, une association avant pour objet de garantir, dans la limite d'une dépense totale de 43 millions de francs, et jusqu'à concurrence d'une somme qui np pourra jamais excéder 18 millions de francs, la portion des frais et dépenses de toute nature occasionnés par l'Exposition universelle de 1889 qui ne serait pas couverte : V par la subvention de l'Etat et de la Ville de Paris ; 2° par le produit des droits d'entrée et des recettes de ioxiie nature de l'Exposition.
Article II. — L'Association se compose de toutes les personnes qui, dans les formes et délais à déterminer par une décision ultérieure, auront souscrit une ou plusieurs parts d'intérêt et versé une somme de 50 francs pour chaque part d'intérôt souscrite.
La somme totale à souscrire est illimitée ; elle ne peut toutefois être inférieure à 18 millions de francs.
Les parts d'intérêt de l'Association de garantie seront de 1 .000 francs chacune ; il ne sera admis aucune souscription pour une somme moindre.
Article III. — L'Association de garantie sera administrée et gérée par une Commission spéciale, choisie par le Ministre au sein delà Commission générale de l'Exposition, et qui sera composée de membres représentant l'Etat, la Ville de Paris et l'Association de garantie, chacun dans la proportion de leurs contributions respectives aux dépenses de l'Exposition.
Cette Commission devra être consultée par le Ministre du commerce et de l'industrie sur toutes les questions intéressant la gestion financière de l'Exposition. Il ne pourra pas être passé outre à son avis toutes les fois qu'il s'agira de questions concernant les recettes de toute nature à percevoir h Tocxîasion de l'Exposition.
Article IV. — La souscription d'une ou plusieurs parts d'intérôt dans l'Association emporte de plein droit l'adhésion au présent règlement et aux décisions de la Commission spéciale concernant ladite Association.
La souscription d'une ou plusieurs parts d'intérêt implique en outre l'engagement de solder, à la ])remière réquisition de la Commission spéciale faisant fonctions de Conseil d'administration, et ce jusqu'à concurrence du montant de chaque ])art d'intérêt, les sommes nécessaires ])our couvrir, sous déduction des subventions et recettes indiquées à l'article l''^, les frais et dépenses de toute nature de l'Exposition universelle de 1889.
Il est ex})ressément stipulé que les subventions, ensemble de 25 millions, accordées par TEtat et par la Ville de Paris, seront d'abord employées aux dépenses de l'Exposition, et qu'il ne sera fait apj)el à l'Association de garantie qu'après épuisement de ces 25 millions.
La somme à verser par le souscripteur de chaque part d'intérêt sera déterminée par la Commission spéciale, d'après les comptes de l'Exposition, dressés sous sa surveillance.
Chaque associé n'est responsable que jusqu'à concurrence du montant de sa souscription.
Arïiclk y. — Tout propriétaire de part aura droit, dans la proportion de son intérêt dans l'Association, à une (juote-part dans la portion des bénéfices de l'Exposition réservée à l'Association de garantie par la Convention en date du 27 mare 1886, passée entre le Ministre du commerce et de l'industrie, représentant l'Etat, le Préfet delà Seine, agissant au nom et pour le compte de la Ville de Paris, et les fondateurs de l'Association de garantie.
Cette répartition des bénéfices sera faite, comme la répartition des pertes par la Commission spéciale, d'une manière définitive et sans recours.
Article VI. — Les parts d'intérêt dans l'Association de garantie resteront nominatives. Elles seront représentées par des certificats de souscription non négociables.
Artiglk vil — Tous pouvoirs sont conférés à la Commission spéciale pour gérer et administrer, tant activement que passivement, les affaires de l'Association, ainsi que pour la représenter en justice, et notamment pour recouvrer et percevoir les sommes dues par les associés, en raison de leur garantie.
Si on pénètre plus intimement dans l'organisation des services de l'Exposition universelle, on constate que les évaluations des recettes se divisent de la manière suivante :
Produit des entrées 14,500,000 fr.
Produit des concessions, locations et recettes diverses 1 ,000.000
Produit de la revente des bâtiments et matériaux 2,500,000
Total des produits 18.000.000
ries évaluations sont très modérées ; elles ne dépassent que de 514,803 fr. 45 cent, les recettes de mr^me nature recouvrées par le Trésor pour TKxposition de 187S, et dont le total est de 17,485,196 fr. 55 centimes.
Suljv<'ntion de la ville de Pans 8.000.000 IV.
Pari conlriijulive de VKUM 17.000,000
Total général 43.000.000
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lies prévisions de dépenses se résument ainsi qu'il suit :
Admmistralion 3,350,000 fr.
Travaux 29,650,000
Exploitation 5,000,000
Réserve spéciale pour les travaux de l'Esplanade des Invalides, les appontements du quai d'Orsav et la reproduction de constructions historiques. . 2,000,000 Réserve générale 3,000,000
Total général 43,000,000
Le crédit affecté à la direction des travaux semble considérable, mais, il faut se représenter que le Palais des Beaux-Arts et le Palais (les Arts libéraux, dont M. Formigé est l'architecte, doivent coûter tous deux six millions trois cent mille francs.
11 faut remarquer encore que la galerie des machines, œuvre admirable et qui comptera à MM. Dutert et Gontamin, pour l'une des conceptions les plus hardies , les plus grandes et les plus belles, absorbe, à elle seule, six millions cinq cent mille francs.
Ajoutez à ces deux chiffres, cinq millions neuf cent mille francs pour le dôme central et pour les galeries des industries diverses, dont l'exécution est réservée à M. Bouvard et vous reconnaîtrez sans peine, si vous voyez les résultats obtenus, que toutes les constructions ont été faites avec la plus rigoureuse économie. L'architecture de notre époque a apporté aux installations intérieures le secours d'un art aimable bien approprié au but qu'il convenait d'atteindre. C'est à M. Paul Sédille que cette mission séduisante a été conliée.
Vu du Palais du Trocadéro, le spectacle sera grandiose. Vu de la tour Eiffel, il sera féerique. Jamais exposition n'aura été plus vivante et plus gaie : la science française a accompli pour elle, de véritables prodiges. L'électricité, répandant partout la lumière à profusion , va donner à cette ville nouvelle la physionomie d'un immense palais diamanté , dont la France , avec la courtoisie qui lui est habituelle , va faire honneur au monde entier.
Un rédacteur de la Pall Mail Qflzette, M. Jules Priée, a visité les travaux de l'Exposition universelle ; il en parle dans son journal avec un accent de sincère admiration :
Les Français, dit-il, aiment à faire grand ; ils sont en train de prouver une fois de plus qu'ils s j entendent. Leur Exposition du centenaire de 1789, comparée surtout aux misérables déballages que nous avons accoutumé de voir à Kensiuglon, est déjà absolument stuj)élîante. Ni les peines, ni l'argent n'ont été ménagés. Rien de mesquin n'afflige le regard. Jusque dans la plus pelite charpente de fer, le sentiment artistique et le goût éclatent. Le résultat est de nature à démontrer à l'univers que la France est toujours la plus laborieuse et la ])lus artiste des nations, et qu'une fois résolue à faire une chose, elle sait s'j mettre cor[)S et âme. Si les nuages dont l'horizon politique reste chargé n'éclatent pas en orage, l'Exj)osition va attirer à Paris la moitié du monde civilisé.
Un pareil témoignage nous semble précieux à recueillir ; la vérité, nous venant de Londres, est pour nous chose nouvelle. Gela n'est pas douteux, l'avenir, un avenir prochain, donnera raison à M. Price et nous enregistrons, non sans quelque lierté, le jugement qu'il porte sur rœu\Te à laquelle nos savants et nos artistes ont donné leurs veilles.
Dans quelques mois. rKxposilion universelle de 1889 sera terminée et le (Hiamp de Mars reprendra le cours do ses destinées. Quel (jue soit le sort (pii l'attende , nous avons la conviction que Thistoiro lui conservera un juste tril)ut (radniiraliou et de respect.