‹ Le chancre cutané d'inoculation tuberculeuseChapitre 12 sur 19 · OS -E · texte numérisé non relu

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variable : MM. Tscherning, Deneke, 14 jours et 6 semaines après blessure par fragment de crachoir ; de 5 semaines pour M. Siegl ; M. Rotnes cite récemment un cas où elle a duré un peu moins d’un mois. Enfin, pour M. Boeck, elle est de 4 mois.

Cette durée d’incubation est donc très variable, les dates extrêmes étant 10 jours et 4 mois. Les résultats sont en accord avec ceux obtenus par M. Robert Debré dans les cas où l’inoculation se fait par voie aérienne. |

Les différents modes de début :

Cette période d’incubation écoulée, le chancre apparaît.

S'il siège le plus souvent à la verge dans les observations rapportées jusqu'ici, il peut aussi siéger à n'importe quel point du corps. Au visage : joues, front, lèvres, menton, oreille, œil. On a cité des cas de chancre du thorax (dos et région présternale), et des membres, surtout des mains et des pieds. Dans notre cas, il siégeait au pli inguinal.

Il semble plus fréquent au niveau des parties découvertes, en particulier au visage, surtout chez le tout petit. On conçoit que cette plus grande fréquence puisse s’expliquer, d’une part parce que ces régions sont les plus exposées aux traumatismes, et d'autre part parce qu’elles sont plus facilement et fréquemment en contact répété avec le bacille de Koch.

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Le début du chancre est rarement constaté.

Dans le cas où la porte d’entrée est passée inaperçue, il se fait tantôt « par une petite tuméfaction », par un nodule ou par des boutons, rouges et douloureux, tantôt par une papule, inflammatoire ou non, au sommet de laquelle apparaît un point blanchâtre. Les lésions sont d’abord minimes. Dans tous les cas, rapidement, en quelques jours, elles s'ouvrent, donnant issue à du pus plus ou moins séreux. |

M. Tscherning rapporte un cas où le début s’est fait par un panaris. Mais fréquemment la lésion initiale est constituée par une érosion d’abord très superficielle, qui va se transformer en ulcération plus ou moins profonde (MM. Bernard, Lelong et Lamy, Rotnes, Lesné), indolore le plus souvent.

Enfin, elle peut revêtir l’aspect d’une petite plaque bien limitée, de couleur cuivrée, recouverte de fines squames, dans les cas exceptionnels où le chancre d’inoculation se présente sous la forme de tuberculose verruqueuse (MM. Milian et Delarue).

Cette forme serait due à une inoculation très superficielle (brûlure, tatouage).

Au niveau de l’œil, la lésion se présente comme une kérato-conjonctivite aiguë (MM. Rist. Pellissier-Valtis.

Si l’inoculation est consécutive à une plaie, ou bien celle-ci persiste sans aucune tendance à la ci-

catrisation, et change de caractère au bout d’un certain temps. Elle devient violacée, suintante, entourée de lésions parakératosiques, sans suppuration franche ni phénomènes inflammatoires. Ou bien, après avoir évolué normalement pendant un temps variable, elle apparaît infectée et compliquée de lymphangite. Dans tous les cas, la plaie s’éternise, puis s’uleère.

À la suite d’une plaie superficielle, MM. Queyrat et Laroche ont vu survenir de l’enflure et une manière de mal blanc qui donna issue à du pus.

S'il s’agit d’une tuberculose de la verge, si la plaie ne cicatrise pas, elle continue à suppurer, devient grisâtre, fongueuse. Puis apparaissent, parfois, après un stade de rougeur et de gonflement, soit de petites ulcérations grisâtres non indurées, soit de petits néoplasmes évoluant vers la caséification. (MM. Lehman, Lindman.)

Mais quel qug soit le siège de la plaie, elle peut se cicatriser, Il apparaît alors sur la cicatrice un ou plusieurs nodules durs, qui suppurent, s'ouvrent au dehors, formant une ulcération qui s’agrandira. Parfois, la plaie se rouvre, prenant un aspect torpide (au bout de six semaines. M. Beneke).

Dans le cas d’inoculation par lésions infectieuses de la peau, l'aspect du chancre au début est difficile à préciser, car il est modifié par la lésion sur laquelle il se greffe.

Un caractère doit attirer l'attention : la résis-

ne se fi pas, et qui | prend dk spach ae one violacée à bords décollés suintants Rs Colin-Letailleur). ,

Dans le cas d’impétigo, sous l'influence du trai-

tement habituel, les lésions régressent, Mais il per-

siste « une lésion minime recouverte d’une croûtelle » (MM. Hallé et Garnier) ou une petite plaie (M.

Amsler) qui augmentent progressivement. Outre la

persistance de la lésion initiale porte d'entrée, on voit celle-ei se modifier, en particulier au niveau des bords qui deviennent violacés, décollés, suintants.

Là encore, dans ce mode d’inoculation, la cica-

trisation peut se faire et le chancre apparaîtra ulté-

rieurement. Chez une jeune fille qui avait eu une poussée d’herpès sur la joue, apparurent quelque

temps après la disparition de l’éruption, et au mèême endroit, de petites élevures circulaires, puis d’autres excentriquement, qui s’ulcérèrent en commençant par celles du centre pour former le chancre tuberculeux (M. Craps).

Quel que soit le mode de début, quel que soit le sièce de la lésion, celle-ci va évoluer vers la formation d’une ulcération à tendance en général lentement extensive, au moins pendant une partie de l'évolution : le chancre tuberculeux.

L'extension du chancre se fait de proche en proche, par destruction graduelle des bords infiltrés

de granulations tuberculeuses qui s’ulcèrent à leur tour. Ces granulations peuvent apparaître secondairement au fur et à mesure que la lésion progresse. Ou bien, plusieurs petites élevures circulaires apparues ,d’autres se développent en dehors de celles-ci. Quand l'extension s’arrête, elles s'ouvrent successivement dans l’ordre d’apparition, laissant après elles des ulcérations, qui s’unissent pour former le chancre. La marche du chancre tuberculeux est en général très lente, demandant plusieurs mois. Mais elle peut être très rapide (MM. Hallé et Garnier).

La lésion constituée, est le plus souvent recouverte d’une croûte noirâtre ou jaune, mais qui peut manquer. La croûte enlevée, l’ulcération apparaît, en général peu profonde, simple érosion même dans quelques cas (M. Rotnes). Cependant, au niveau de l’œil, c’est une véritable lésion destructive (M. Rist).

De forme le plus souvent ovalaire ou arrondie, quelquefois irrégulièrement étoilée (M. Craps), elle est de r cm. en moyenne, mais ses dimensions sont très variables : 7 mm. (M. Siegl), 11 em. de long, (M. Holt) véritable chancre phagédénique. Deux autres cas de chancre phagédénique ont été signalés : l’un apparu au niveau de la région temporo-malaire, augmenta très rapidement, atteignant l’œil et la conjonctive (MM. Hallé et Garnier) ; l’autre, rapporté par MM. Arluch et Winocouroff où, après une inoculation au cours de la circoncision rituelle, tout le fourreau de la verge fut transformé en une vaste ulcération gagnant le scrotum.

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