‹ Le Chancre Cutané TuberculeuxChapitre 15 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

(Observation personnelle) (1).

L'enfant P... Æ., 4 ans et demi, nous est conduit le 2 août 1929, pour une adénile inguinale datant de 2 mois. ‘ |

Au début de juin est apparu à la face postérieure de la cuisse gauche un élément cutané d’aspect furonculeux, que l’enfant a gratté et qui s’est ulcéré ; il s’est mis à suppurer pendant plusieurs semaines et ce n’est qu’à la longue, après applications répétées de pansements humides, que la cicatrisation s’est effectuée.

Quelques jours après le début de cette lésion cutanée est apparue une adénite inguinale gauche à évolution aiguë d'aspect inflammätoire, rouge, douloureuse et chaude s’accompagnant de fièvre. Plusieurs ganglions étaient pris ; ils se ramollirent rapidement si bien que le chirurgien, consulté à cette époque, décida de les ouvrir. Par les deux incisions effectuées s’écoula un pus abondant, jaunâtre, épais et crémeux. On pensa alors

(4) Huninez, MarGeRIDON, Mme Coin : Primo-inoculation tuberculeuse cutanée et adénite suppurée inguinale bacillifère (Société de Pédiatrie, juin 1930).

La

que la fermeture serait rapide, mais on vit persister l'écoulement de pus qui devint plus fluide, séreux et Citrin et la poche purulente se fistulisa à la peau par deux trajets.

En même temps, l’état général devint moins bon. L'enfant cessa de se développer. Il devint grognon, craintif, sa timidité naturelle augmenta. On doit le forcer à s’alimenter et il rejette souvent son repas.

Localement, l’adénite suppurée fut traitée par des pansements humides à lPalcoo! et l’enfant fut soumis chaque jour à une séance d’héliothérapie.

Ainsi se passent les mois de juin et juillet 1929 et c’est dans cet état que l’enfant nous est amené le 2 aout

À ce moment, l'enfant, normalement constitué, parail encore en assez bon état de santé. L'examen général ne révèle rien d’anormal. L’appareil respiratoire est indemne, Il n’y a aucune anomalie osseuse ou articulaire.

Localement, dans la région inguinale gauche, on constate deux fistulettes auréoltes d’une couronne inflammatoire, par où s'écoule un liquide peu abondant, séreux et citrin. L’adénite sous-jacente forme une masse adhérente à la peau, de consistance uniforme, mais dans laquelle Ja palpation permet d'isoler plusieurs ganglions. On ne sent pas d’adénite profonde dans la fosse iliaque correspondante.

A la face postérieure de la cuisse gauche, on voit la cicatrice de la lésion cutanée primitive. Elle est arrondie, nummulaire, violacée, souple, sans réaction inflam-

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matoire de voisinage. Sa surface est très légèrement

sSquameuse,

Nous n'avons retrouvé chez notre malade aucun antécédent héréditaire notable ; on nous a signalé une spécificité probable chez un grand-père maternel mort vraisemblablement de P. G. Mise à part une scarlatine, l’enfant a Loujours eu une excellente santé.

Le 2 août, on pralique une culi-réaction à la tuberculine ; 48 heures après, elle se montre très fortement posilive.

Le 5 août, on prélève de la sérosilé issue des ganglions inguinaux et on l'injecte à la cuisse gauche d’un cobaye. Celui-ci est examiné le 17 septembre. Son état est apparemment normal, il a conservé l’appélit et augmenté de poids pendant les 6 semaines qui ont suivi lPinoculation. Cependant, on le sacrifie ct à l’autopsie on découvre une polyadénite ingainale gauche; un ganglion est prélevé et incisé; il contient un pus jaunâtre, épais, dans lequel on trouve à l'examen direct des B. K. Les surrénales sont légèrement augmentées de volume par ailleurs.

A cette date (17 septembre), l’état de l’enfant n’a pas changé. Une radiographie thoracique est pratiquée et ne révèle aucune lésion pulmonaire.

On soumet l’enfant à un traitement de rayons U-V. et I-R. (30 séances).

Il est examiné à nouveau le 26 décembre. Son élat général est sensiblement amélioré, l’appétit et la bonne humeur sont revenus. Localement, la suppuration in-

AO

guinale est tarie, l'orifice des fistulettes fermé et recouvert d’une légère croûtelle.

L'enfant est envoyé à la montagne le 28 décembre. : Nous l'avons revu à son retour le 19 mai 1930 en parfait

état.

Obs. II (Léon Bernaro, Marcel LeLonG et Maurice Lamy).

L'enfant Dur.…., âgée de dix mois, entre le 31 août 1928 à la crèche de 1 hôpital Laennec, en même temps que sa mère atteinte de tuberculose pulmonaire.

À l'examen, nous constatons l'existence d’une ulcération siégeant sur la face antérieure du thorax, au devant du sternum, légèrement à gauche de la ligne médiane. Elle est ovalaire, à grand axe vertical ; ses dimensions sont de 8 millimètres sur 4. Les bords de l’ulcération sont minces, décollés et de coloration violacée, entourés d'une zone de desquamation. Il s'agit, à vrai dire, plutôt d’une érosion que d'une ulcération vraie.

Le fond est rosé, lisse, propre, sans suppuration, mais saignant facilement ; il n'est pas creusé ; il est presque végétant, papillomiateux. La lésion repose sur une base non indurée, parfaitement souple, mobile sur les plans profonds.

Dans l’aisselle gauche, sur la face interne du creux, il existe un paquet ganglionnaire assez volumineux. Les ganglions agglomérés formentune masse dure, irrégulièrement bosselée, dont les dimensions atteignent celle d'une noix. Cette masse est indolore : elle est mobile sur les plans profonds et n’adhère pas à le peau dont l'épaisseur et la coloration sont normales.

Cette lésion, au dire de la mère, évolue depuis quinze jours environ. D'abord insignifiante, elle s’est agrandie en surface, mais sans creuser profondément, en même temps ” que s’accusait davantage la tuméfaction de l'aisselle.

Le reste de l'examen donne un résultat à peu près négatif,

PSS

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