CHANCRE LATENT
Le chancre peut passer complètement inaperçu du malade qui n’a pas souffert du nez, n’a pas eu d’obstruction nasale ni de troubles de ce côté : c'était le cas de notre malade.
Le médecin n’a pu le voir à cette époque, car le malade était bien portant.
A cette période de la maladie, nous nous trouvons en présence d’un malade porteur d’une syphilis secondaire, syphilis sans chancre; le chancre peut manquer, comme le dit M. Gougerot.
«Le chancre dont les classiques admettaient la nécessité peut manquer. »
« La syphilis sans chancre peut être moins exceptionnelle qu’on ne l’a cru. »
Connaissant la possibilité de syphilis sans chancre, nous devons malgré tout chercher un chancre qui peut être caché quelque part.
Le malade dont nous citons le cas présente une roséole de caractère particulier ; roséole de type remonté de JEANSELME, débutant à la face et à la partie supérieure du thorax pour s'étendre ensuite vers le bas.
Ce sont des éléments maculeux, non saillants, arrondis et ovalaires, rose pâle (fleur de pêcher), non prurigineux; leur dimension oscille entre 2 et 15 mm., leur bord s’estompe dans la partie saine.
Cette roséole peut être accompagnée de syphilides papuleuses disséminées sur le tronc et les membres; elles ont une prédilection pour le front où elles forment la couronne de Vénus; l'aile du nez où elles prennent un aspect circiné; les pourtours des lèvres.
Ces papules sont surélevées, saillantes à la vue et surtout au toucher avec infiltration importante du tégument, de couleur rouge sombre, de nuance vieux cuivre ; elles sont recouvertes de squames, et quand cette surcharge est plus marquée, la syphilis est dite papulo-squameuse. |
Parfois, c’est l’apparition d’adénopathies cervicales qui fait penser à un chancre céphalique; ce fut le cas chez notre malade.