‹ Le chancre et les syphilides cutanées et muqueuses et le traitement généralChapitre 45 sur 72 · SCLÉRO-GOMMES DU PHARYNX · texte numérisé non relu

SCLÉRO-GOMMES DU PHARYNX

n'existe pas de lésions du larynx. Ses modifications portent sur l'intensité et surTarticulation des sons. La voix n'est pas nasonnée comme dans les perforations du voile ; elle est assourdie, et l'on peut dire que c'est une voix pharyngée,

La difficulté que le malade éprouve à avaler sa salive est cause d'une expuition fréquente ; cette salivation abondante existe, d'ailleurs, dans la plupart des affections de la bouche.

A côté des lésions isolées de la voûte palatine, du voile, des amygdales ou du pharynx, on peut observer des cas plus complexes, d'une excessive gravité, oii toutes ces lésions sont associées et sont même accompagnées de lésions semblables de la langue. Ces cas, appartenant à des syphilis malignes, sont malheurei^pement loin d'être rares.

Il existe alors un mélange de gommes et de sclérose, d'où résultent des ulcérations multiples, envahissantes en surface et en profondeur, phagédéniques, qui atteignent les cartilages et même les os. Les ulcérations, si elles se propagent en avant, peuvent détruire les cartilages et les os du nez ; localisées à la paroi postérieure du pharynx, elles peuvent creuser jusqu'aux corps vertébraux; elles peuvent même atteindre les os du crâne, sans qu'aucun traitement puisse arrêter leur évolution.

Ces désordres progressifs se terminent par la mort.

Il est très rare, exceptionnel à la vérité, de rencontrer des lésions pharyngées d'une telle gravité, mais il faut se rappeler que, même en Tabsence de lésions ulcératives si redoutables, ces syphilomes diffus, scléro-gommeux, généralisés à tout le pharynx et au palais, déterminent toujours, par leur étendue et par leurs conséquences, des troubles fonctionnels graves.

Les cicatrices des ulcérations amènent la rétraction fibreuse de la muqueuse pharyngée et produisent Vatrésie gutturale . L'isthme du gosier n'est plus alors constitué que par un orifice rétréci, ayant perdu sa mobilité, sa contractilité, un orifice rigide, au travers duquel la déglutition devient très difficile, quelquefois même impossible pour les aliments solides.

On peut observer, aussi, des adhérences partielles entre la partie postérieure du voile et le pharynx, lorsqu'il existe des ulcérations symétriques de ces régions : c'est ce que M. Fourniera appelé Vankylose palalO'pharyiigée,

Vous concevez l'importance des troubles fonctionnels que peuvent déterminer ces soudures muqueuses, troubles de la déglutition, de la phonation et de la respiration, dont la gravité est en rapport avec la profondeur et l'ancienneté des lésions ulcératives, et avec le degré des rétractions cicatricielles consécutives.

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