II. Infiltration scléro-gommeuse du pharynx
Dans toutes les régions que nous venons d'examiner, on peut observer, au lieu de gommes isolées, une infiltration scléro-gommeuse.
Si la lésion est accessible à la vue, c'est-à-dire si la lésion siège à la partie moyenne de la paroi postérieure du pharynx, on voit que cette paroi, infiltrée dans toute son épaisseur, est saillante et li'aspecl
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lardacé, dure, d'une dureté surtout sensible au toucher, mais appréciable même à la vue.
Sur cette infiltration en nappe, on constate des nodules gommeux d'abord durs, qui se ramollissent et s'ulcèrent, donnant lieu à des ulcères gommeux de dimensions et de nombre variables, de dimensions ordinairement restreintes, mais de nombre souvent considérable, présentant les caractères habituels des ulcérations gommeuses.
Cette infiltration de la paroi pharyngée est quelquefois totale, plus souvent partielle, médiane ou unilatérale, supérieure ou moyenne, rarement inférieure. Elle peut intéresser les piliers.
Quand Tinfiltration scléro-gommeuse est très étendue et d'une grande épaisseur, elle diminue notablement la largeur de l'isthme du gosier; Il en résulte une atrésie gutturale avec toutes ses conséquences, atrésie qui est d'autant plus à redouter, que l'infiltration scléro-gommeuse, qui en est la cause, est beaucoup moins facile à guérir que les gommes isolées.
Les troubles fonctionnels de toutes ces lésions gofnmeuses ou scléro-gommeuses du pharynx^ à part les symptômes spéciaux dus aux localisations supérieures (surdité, ozène) ou aux localisations inférieures (dyspnée, dysphagie) — symptômes que j'ai déjà signalés à propos de ces localisations, — les troubles fonctionnels, dis-je, sont variables d'intensité
et en rapport avec l'étendue et la saillie des lésions.
Ces troubles, qu'on peut observer déjà, très atténués, à la période de crudité, existent principalement à la période d'ulcération. C'est, tout d'abord, une douleur très variable, habituellement minime, réduite à une simple sensation de gêne, quelquefois nulle, même lorsque les gommes ou Tinfiltration sclérogommeuse sont déjà ulcérées. Cela explique pourquoi ces lésions sont si souvent torpides, et pourquoi les malades viennent consulter si tard.
La di/sphagie, qu'on observe dans tous les cas de gommes du pharynx, quel qu'en soit le siège, est surtout marquée dans les cas de lésions de la portion inférieure du pharynx. Cette dysphagie, plus considérable pour les solides que pour les liquides, est produite plus particulièrement par les aliments, tels que le pain, qui déterminent par leur passage une irritation mécanique du pharynx. Les liquides irritants, le vin, Talcool sont souvent mal supportés aussi, et cette gêne de la déglutition est ordinairement le phénomène qui décide le^ malades à consulter le médecin.
La rigidité des piliers du voile du palais et la tuméfaction de la paroi pharyngée, qui résultent de la présence des gommes ou de Tinfiltration scléro-gommeuse, occasionnent le reflux nasal des aliments, surtout des aliments liquides.
ha voix est également altérée^ même lorsqu'il