‹ Le Chancre SimpleChapitre 13 sur 49 · SN · texte numérisé non relu

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téristique s'élève et je ne la détruis qu'après quarante-huit heures La vulve, le vagin et le col utérin sont ensuite surveillés pendant quelques jours, mais rien n’y parait, je mal reste borné à laine. (Je ne dois pas omettres de dire que bien qu’il n’y eut aucun signe de maladie à l’intérieur des organes génitaux, je n’en fis pas moins le même jour ure inoculation avecle mucus qui la baigne, et que cette inoculation resta négative).

Ce genre de contagion médiate, démontré expérimentalement par Cullerier, avait été signalé par divers auteurs du xvueet du xvm siècle, ef nous pourrions citer à l’appui certains passages des écrits de G. Vella, de Fernel, de Thierry de Héry, de Nicolas de Blégny, d’Astruc, etc. Ainsi nous lisons dans un ouvrage de G. Vella, écrit en 1505 (1), que ce médecin a connu des femmes saines qui eurent des relations avec des hommes infectés, et qui ne furent pas souillées par le principe virulent et le transmirent cependant à des individus qui coïtèrent avec elles. « Novi mulieres « sanas quæ coïverunt cum infectis, in quas tale genus ægri- «tudinis non transivit, et tamen transivit in viros alios « coeuntes cum illis. » Kernel (2) n’était pas moins explicite lorsqu'il écrivait : « Hauritur interdum lues a scorto quod « nondum sit inquinatum, cum quis cum eo volutatur, mox «ab alio impuro scortatore. » De même, Thierry de Héry (3), ce savant et spirituel syphifiographe dont on connaît la réponse joyeuse à un moine qui, le voyant dans le royal charnier de l’abbaye de Saint-Denis, agenouillé devant le tombeau de Charles VIIT, lui faisait remarquer que ce n’était pas là l’image d’un saint : « Homme simple, je m'esbaudis de ta précieuse candeur, et si jamais tu tombes en mal de Naples, je te guarirai gratis pour ton bon avis. Apprends donc que je prise le bon roi Charles un peu plus

{4) G. Vella. Opuscula de morbo gallico, Paris 1505.

(2) Fernel. De luis venerea curatione perfectissima liber, in-8. Anvers. 1577.

{3) Thierry de Héry. La méthode curatoire de la maladie vénérlenne, vulgairement appelée grosse vairolle, in-8. Paris, 4682,

qu'un saint : il a été, sans le savoir, mon bienfaiteur, puisqu'il m'a fait gagner 30,000 livres de rente en apportant la vérole d'Italie en France. »

En 1674, Nicolas de Blégny, déjà connu à cette époque par l’Académie des nouvelles découvertes en médecine, dont il était le fondateur, et la publication du fameux journal, de Mercure savant, qui fut supprimé par un arrêt du Parlement après trois ans d'existence, Nicolas de Bligny écrivait, dans son ouvrage sur les maladies vénériennes (4), les lignes suivantes : « Quelques femmes qui ont esté trouvées saines n’ont pas laissé de gaster les hommes qui ont eu leur compagnie…. Une femme peut recevoir la semence d’un homme impur et se joindre peu après à un autre, sur la verge duquel cette matière corrompue pourra s’attacher et y faire une impression pernicieus>, quoique ensuite de cela, cette mesme femme puisse rejeter tout ce qu’elle aura reçu de l’un et de l’autre sans être endommagée.» Un peu plus d’un demisiècle plus tard, Astruc admettait aussi cegenredecontagion médiate puisqu'il écrivait dans son immortel ouvrage (2): « Mulieres quæ cum infectis rem habuerunt, dicuntur mor- « bum communicasse cum aliis viris, licet-ipsæ infectæ non « fuerunt. »

Aux expériences de M. Cullerier, qui viennent corroborer les témoignages des divers auteurs anciens et modernes que nous venons de citer, sur la possibilité de ce genre de contagion médiate, viennent s’ajouter les observations cliniques dues à MM. Ricord et Puche. M. Ricord rapporte le fait suivant dans son beau livre des inoculations (3).

(1) M. de Blégny. L'art de guérir les maladies vénériennes expliqué par les principes de la mécanique, in-12. Paris 1673.

(2) Austruc. De morbis venereis librisex. & vol,in-4° Paris 1736.

(3) Ricord. Traité des inoculations appliquées à l'étude des maladies vénériennes 1838.

OBsERVALION IV.

Un jeune homme eut des rapports avec une femme affectée de chancres ; il eut le même jour des relations avec sa maitresse habituelle qui fut infectée de la même maladie,sans que lui-même en fût atteint. Il est à remarquer que ce jeune homme ne s'était pas lavé après le coît, et que, chez lui, le prépuce était fort long.

Dans un autre ouvrage plus récent (4), le même auteur rapporte uncobservation analogue qui lui a été communiquée par M. Puche, alors son collègue au Midi.

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