‹ Le Chancre SimpleChapitre 24 sur 49 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

Un coiffeur venait de constater sur son prépuce trois chancres mous. On lui inocule le 6 juillet 1855 Le pus de l'un d’eux sur le bord de la lèvre inférieure.

Le 14. il ya là un ulcère qui le 16 s’est encore agrandi, accompagné d’adénite sous-maxillaire doulourense; l’ulcère est tout à fait ressemblant à ceux du prépuce. — On inocule le pus de l’ulcère de la lèvre au bras gauche; trois jours après il y a au dernier point une petite ulcération taillée à pic, que l’on cautérise.

Les chancres du prépuce sont cicatrisés le 6 aôut ; celui de la lèvre le 16.— Pas d'induration. — Le malade, revu en 1856, n’a eu aucun accident constitutionnel.

OBsERvATION XVI,

Un clerc d’huissier se présente avec la fille qui lui a donné un chanere mou du frein; ontrouve sur elle un chancre mou de la iourchette.

Le 7 juillet 4853, inoculation du chancre du frein à tous les deux, surla commissure droite des lèvres. — Elle réussit chez tous deux. Le chancre de Ja bouche chez la fille est très-douloureux, s'accompagne d’adénite inflammatoire du côté droit. Ce chancre est cicatrisé le 2 août. Pas d'induration locale ni d’accidents constitutionnels ultérieurement.

JOBSERVATION XVII.

Un typographe vient avec une ouvrière. Il a un chancre du limbe ; elle en a deux, l’un au méat, l’autre sous le clitoris. Tous ces chancres sont mous.

(1) Buzenet. Du chancre de la bouche,.1858.

Labarthe. 8

Inoculation le 40 janvier 1856 du pus de la malade, à elle et au jeune homme, sur la lèvre inférieure. Le jeune homme porte depuis quelque temps une gerçure saignante sur la lèvre ; on y dépose simplement un peu de pus. Quant à la jeune fille, elle est inoculée à la face interne de la lèvre.

Le 14, les chancres labiaux chez les deux sujets sont déjà manifestes : ils continuent leur marche et sont cicatrisés le 20 février, sans induration. — Pas d’acidents constitutionnels dans le cours de l’année:

OBsERVATION X VII.

Un garçon de 26 ans, porte quatre chancres mous du reflet préputial ; inoculation le 26 juin 1856, de leur pus à la face interne de la lèvre inférieure, à l'angle gengivo-labial.

Le 28, l’ulcération est déjà très apparente. — Elle suit son cours, empiète et s'étend sur la gencive, détruit toute la portion de cette membrane qui recouvre les incisives, puis entre, le 6 août, en réparation pour être cicatrisée le 20 du même mois.

La même année, M. Puche et son interne M. Nadau-des- Islets, se livraient à de nombreuses expériences d’inoculations artificielles du chancre simple sur la région céphalique et ce dernier les consignait dans sa thèse inaugurale (1). Ces expériences sont de deux sortes. Dans les premières, qui sont dues à M. Nadau, on ajinoculé des individus déjà syphilisés, deux fois avec le pus de chancres simples fourni par le sujet inoculé et trois fois avec le pus de chancres simples pris à une source étrangère. Dans les secondes, entreprises par M. Puche, parce qu'il a trouvé, dans sa longue expérience et dans une véritable conviction morale, la hardiesse nécessaire pour en accepter la responsabilité, on a inoculé quatorze fois des individus vierges de syphilis avec le pus de chancres mous, recueilli sur eux-mêmes.

Les 5 inoculations de M. Nadau ont été faites à la région sous-mentonnière. Parmi les 14 inoculations de M. Puche, 8 ont été faites à la région sous-mentonnière, 5 à la région mastoïdienne et 4 à la région sincipitale. Toutes ont donné des résultats positifs.

(1) Nadau-des-Islets. De finoculation du chancre simple à la région céphalique, 1858.

Nous avons crû utile de résumer aussi succinctement que possible ces 19 faits qui à eux seuls occupent presque toute la thèse, pourtant volumineuse, de M. Nadau.

Inoculations sur un sujel déjà syphilitique avec le pus d'un chancre mou fourni par le sujet inoculé.

OBsERvATION XIX.

J...C...,28 ans. —Antécédents. Un chancre induré il y adeuxans à la suite duquel se seraient développés des boutons aux jambes et des taches brunâtres ardoisées sur le corps, dix mois après la contagion.

Acluellement, 22 juillet. 2 chancres mous de la rainure balanoposthique à gauche en haut, près de ligne médiane.

Le 23. Inoculation au flanc droit et à la région sous-mentonnière.

Le 25. Résultat positif au menton et au flanc. Pustules d’ecthyma avec aréole inflammatoire.

Le 27. Les deux pustules se sont déchirées, à leur place se trouvent 2 croûtes qui, enlevées, laissent voir deux ulcérations présentant tous les caractères du chantre mou: bords taillés à pic, renversés, decollés, aréole rouge, fond grisâtre, sécrétion purulente abondante.

Nouvelle iuoculation du flanc gauche avecle pus du chancre du menton.

Le 29, vésico-pustule du flanc gauche; chancre simple. OBsERVATION XX.

R... P..., 26 ans. Antécédents. Large chancre parcheminé sur la muqueuse préputiale en novembre 1857, 2 uréthrites.

Actuellement, 30 juin 4858. Chancre mou bien caractérisé, situé à la partie supérieure de la muqueuse préputiale, à gauche près de la base du gland; adénite inflammatoire voluminense à gauche.

Inoculation à la région mastoïdiennne droite.

4er Juillet. Résultat positif: vésico-pustule, chancre simple.

Le 15. L’adénite ouverte et inoculée au flanc a donné un ulcère simple.

Inoculations sur un sujet syphilitique avec le pus d’un chancre simple pris d'une source étrangère.

OBservaTION XXI.

G... S. B..., 21 aus. — Anfécédents. Uréthrite en janvier 1857. Actuellement, 9 juillet. — 2 chancres indurés, occupant la rainure balanoposthique ; adénopathie bi-inguinale.

Inoculation du chancreinfectant. Résultat négatif.

Le 16. Inoculation à la région sous-mentonnière et au flanc avec du pus dechancre simple, emprunté à un autre sujet. Résultat positif.

Le 18. Pustules d’ecthyma ayant succédé aux deux inoculations,; déchirées, elle laissent voir deux ulcérations spécifiques avec tous les caractères du chancre simple.

Page 1