OBSERVATION XIV
M. B., soldat du régiment d'infanterie de Nyssi-Nowgorod. âgé de 34 ans, d’un tempérament lymphatique, entra le 24 novembre 1857 à l'hopital de Kiew, où il est inscrit sous le n°7, avec des vézétations condylomuata acuminata des Allemands, sur le prépuce, et à l'exception de ce symptôme, il ne présente aucune autre affection. Le malade n’a jamais eu de syphilis. L’excision et la cautérisation furent employées, et dans l’espace de trois semaines, les végétations disparurent complétement.
Le 22 décembre del. même année, M. Milliot, externe de l’hopital et assistant à ma clinique, fit sous mes yeux au malade une inoculation sur la face, immédiatement sous l'arcade zygomatique gauche, à peu près à { centimètre et demi de la commissure labiale gauche, avec le pus d’un ulcère vénérien d’un malade S..., dont la virulence avait été constatée d'avance par une autre inoculation.
L'endroit inoculé à été mis sous un verre de montre. Le jour suivant, apparut une petite papule rouge qui se développa et se transforma en une pustule, et qui à son tour, au bout de 40 jours (le 4er janvier 1858) mit à nu un wlcere à Jond lardacé, et sans la moindre induration. Cet ulcère a passé sous le doigt de la plus grande partie de mes élèves (à peu près 150) et l'absence totale de toute trace d’induration a été parfaitement constatée; aucomble du fait, le 2 janvier,
une glande lymphatique de larégion parotidienne s’enflamma et passa bientôt à la suppuration, de sorte que nous eûmes un pelit bubon qui fut ouvert le 9 janvier par une incision et présenta l'aspect d'un chancre ganglionnaire. Le chancre et le bubon ouvert ont été traités de la manière la plus simple: on tousha les deux ulcères, avec le nitrate d'argent, puis on fit un pansement avec l'infusion de camomille. A la suite de ce traitement, le chancre se cicatrisa le 22 et le bubon le 29 janvier.
Les quatre faits qui suivent sont dus à M. Bassereau, et ont été consignés dans la thèse de M. Buzenet (1).