OBSERVATION XXXIX
Le malade porte depuis un an à la lèvre inférieure un cancroïde dont le surface est irrégulière et anfractueuse; des douleurs Jancinantes s’y font sentir. De temps à autre, il y a très-peu de suppuration, pas de trace d’engorgement sous-maxillaire.
Au commencement de septembre 1858, nous pansons la partie atteinte de cancroïde avec des plumasseaux de charpie qui ont séjourné toute une nuit sur un chancre simple en période de progrès; répété quatre jours, ce mode de pansement transforme le cancroïde en plaie chancreuse. Elle devient alors grisâtre et suppure
(4) Melchior Robert, Nouv. Trait. des mal. vénér. Paris, 1861. Labarthe. 9
abondamment; sa surface se creuse en certains endroits et quelquesuns de ses bourgeons exubérants disparaissent.
13 septembre. Nous inoculons le pus de la lèvre à la cuisse du iwalade.
Le 15, L'inoculation a déterminé une pustule rouge et enflammée, le chancre labial continue à suppurer abondamment et occasionne d’assez vives cuissons au malade. Il n’y à pas de trace d’adénite.
Du 1° au 13 octobre, la plaie semble perdre de ses caractères chancreux, ses bords présentent un liséré cendré qui nous fait
espérer un instant la cicatrice; mais, dans le courant du mois de.
décembre, les caractères du cancroïde reviennent, l'aspect fongueux et violacé reparaît, l’ulcération cancéreuse a de nouveau repris le dessus, et notre tentative a complétement échoué.