‹ Le Chancre Syphilitique Du Cuir CheveluChapitre 9 sur 31 · Diagnostic différentiel · texte numérisé non relu

Diagnostic différentiel

Il est ordinairement facile de reconnaître le chancre syphilitique du cuir chevelu à condition d'y penser. Nous avons développé au cours de l'étude de la symptomatologie les caractères positifs du chancre du cuir chevelu. Ceux-ci pourront suffire à établir le diagnostic certain de chancre. De plus, la recherche du Tréponème sera positive, et la réaction de Wassermann pourra ainsi être positive.

Le chancre du cuir chevelu ayant le plus souvent l’aspect croûteux, c’est surtout d’avec les lésions croûteuses qu’il faudra le différencier, lorsque ces lésions sont localisées.

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Parmi celles-ci, l'affection que nous croyons le plus à même de simuler l’accident primitif est l’Ecthyma, et de fait, c’est le diagnostic qui fut posé primitivement

chez le malade qui fait le sujet de l’observation originale de ce travail. La surface ecthymateuse, une fois la croûte enlevée, se présente avec un fond plus irrégulier et avec des bords moins nettement marqués que pour le chancre induré ; son fond est plus suppurant ; sa base peut avoir un certain empâtement inflammatoire, mais on ne doit pas y trouver l’induration caractéristique du chancre syphilitique. L’adénite de lPecthyma n’est tout d’abord pas forcément constante comme dans la syphilis, et, quand elle existe, elle revêt un type inflammatoire, tandis que l’adénite spécifique est froide et indolente le plus souvent. On peut, en plus, trouver autour des lésions croûteuses de l’ecthyma, des lésions de même nature à leur début, c’est-à-dire des pustules entourées d’un halo rougeûtre.

Le diagnostic est également à faire avec les syphilides ulcéro-croûteuses du cuir chevelu à la période secondaire. Ainsi, le chancre du malade observé par HAHN (obs. 35) ressemblait à une syphilide pustuleuse de grandeur moyenne. La coexistence d’autres lésions secondaires cutanées ou muqueuses développées simultanément, le manque d’induration de la base et l’absence d’adénopathie, permettront d’éliminer le diagnostic d’accident primaire.

Les lésions syphilitiques tertiaires ulcéro-croûteuses sont plus étendues, plus irrégulières comme fond et comme bord, et, là encore, on ne trouvera pas l’adéno-

pathie satellite du chancre.

Une autre lésion du cuir chevelu qui pourra simuler un chancre induré est l’épithélioma chancriforme, surtout lorsque cette dernière affection s’accompagnera d’une adénopathie. On se basera, pour faire le diagnostic, sur l’âge du malade, la durée et l’évolution de la lésion. De plus, les bords de l’épithélioma sont plus nodulaires et l’ulcération en est plus anfractueuse. Un diagnostic hésitant sera tranché par les examens histologique

et bactériologique.

Pronostic.

Le pronostic du chancre syphilitique du cuir chevelu rentre dans la grande question du pronostic des chancres extragénitaux en général et des chancres céphaliques en particulier.

Il n’est pas dans notre intention de vouloir trancher définitivement cette question si controversée encore.

Le Docteur LACASSAGNE, à propos d’un accident primitif de la région temporale inférieure (Lyon médical, 1921, page 771) exprime ainsi son opinion :

« … Pour un grand nombre de syphilitiques, le pronostic serait plus grave, on y verrait plus fréquemment que dans les chancres génitaux l’apparition d’un tabes ou d’une P. G. Tout récemment, M. Clément Simon a traité cette question et partage cet avis qui est aussi celui de son maître, BRoCQ et de M. JEANSELME. Par contre, telle n’est pas l’opinion de FOURNIER. »

Dans une discussion soutenue à la Société médicale des hôpitaux de Lyon le 4 avril 1922, M. le Professeur NIcoLAs, à propos d’un chancre syphilitique de la paupière, a fait remarquer que les chancres céphaliques donneraient plus fréquemment des syphilides secondaires

malignes.

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