‹ Le Change Espagnol et Son Amélioration ActuelleChapitre 23 sur 23 · TES · texte numérisé non relu

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L s'engagea à fournir à un tarif fixe et identique des traites de New-York sur Manille et de Manille eur New-York ; ces dernières, achetées en argent philippin, étaient acquittés en or à New-York, précisément grâce à la réserve-or établie.

Des traites furent aussitôt demandées et vendues à Manille sur New-York, si bien qu’à un certain moment on s’apereut qu'il devenait urgent que la réserve fût remplie par l’or que devaient verser à New-York les acheteurs de traites sur Manille.

Maïheureusement il ne s’en présentait pas et l’on ne tarda pas à se rendre compte qu’on ne trouverait pas à vendre à New-York des traites sur Manille au taux fixé et on dut abaisser le taux des traites à New-York. La vente des traites devenait plus chère à Manille qu'à New-York, on consacrait done une certaine dépréciation du peso philippin. L'expérience fut interrompue par la hausse de l’argent en 1906 ; on n’eut plus intérêt désormais à se procurer des lettres de change payables en or, puisqu'il était plus avantageux ‘le se livrer à l'exportation du métal.

Elle fut suffisante pour mettre en évidence un facteur que les auteurs de réformes avaient négligé : la balance des comptes.

Si l'Argentine à vu son change s'améliorer dès que de fortes mesures furent prises pour entraver la spéculation, «est grâce à l’essor économique du pays. Tout le monde le comprenait d’ailleurs, puis-

que déjà en 1892, le gouvernement à qui l’on reprochait de n’incinérer que des quantités de papier ridicules, faisait répondre par le ministre des fi nances : (€ que cette quantité était efficace pourvu que la production du pays augmente, que l’exportation dépasse l’importation, c’est-à-dire que les soldes internationaux soient en faveur de la République. »

De même, l'échec de la réforme des Philippines était dû à une balance déficitaire. Les Amérieains n'ayant pas de dettes à paver, n’achetaient pas de traites sur Manille.

Les réformes entreprises ne recevront donc leur «pplication définitive en Espagne que si la balance des comptes est créditrice ou tout au moins en équihbre. MM. Théry et Villaverde n’ont pas discuté ce point, parce qu'ils sont persuadés que pendant la crise, il a dû sûrement en être ainsi. Il semble cependant, comme nous l’avons vu, d’après M. Barthe, qu’en réalité les déficits aient été très grands.

[ est possible d’ailleurs qu’il en soit autrement aujourd’hui. Nous avons déjà constaté un revirement en 1898, et le fait a pu se produire sans avoir d’action sur le change. Mais il ne faut pas oublier que dans un pays où les moyens de règlements extérieurs ne sont pas suffisants, il suffit qu’à certaines époques la balance soit défavorable

pour que la spéculation maintienne : constamment les cours élevés.

Le rôle d’une caisse de conversion est préciséinent de ruiner la spéculation en mettant toute la inonnaie extérieure à la disposition des acheteurs de traites sur l’étranger. L'intervention du Trésor à déjà atteint ce but, et on peut dire que l’établissement d’une caisse de conversion analogue à celle de l’Argentine n’est pas absolument indispensable. Cependant la création d’un bureau de change nous paraît être la première mesure à prendre pour rendre cette intervention obligatoire et régulière. Jusqu'ici, les sommes livrées ont été parfois insuffisantes et ont entraîné la hausse. L’intervention, pour être effective, doit être continue et pour ainsi dire automatique. Pour commencer, le Trésor doit continuer à se fixer à l’avance, suivant les circonstances et l’état économique du pays. un taux maximum du change à partir duquel il livrera des chèques. De cette manière, il augmentera son influence sur la baisse et aussi sur l’instahilté les cours, dont les commerçants se sont plaint autant que de la hausse elle-même.

Dans le même but et pour compléter la réforme, et notamment pour empêcher les spéculateurs de reconquérir leurs positions à un moment de crise, il semble qu'on devrait procéder ensuite à l’établissement d’un fonds de conversion distinet de celui

qui résulte simplement du payement en or des droits de douane.

À certaines époques nous avons vu le Trésor livrer tout ce que lui rapportaient les droits de douane. Il faudrait avoir une réserve proprement dite, alimentée par une opération financière quelconque : emprunt extérieur, qui aurait l’avantage \’agir momentanément sur la balance des comptes, stock d’or de quelques centaines de millions, que l’on pourrait se procurer en donnant en garantie le produit des mines d’Almaden, etc.

Pour augmenter la somme de monnaie extérieure disponible, on a demandé dans ces dernières années la suppression de l’Affidavit, cette mesure indispensable à l’époque où le change était à 38, le paraît moins aujourd’hui.

Cependant, nous avons vu l’importance du rôle de l’Extérieure pendant la crise et comme elle à limité en quelque sorte le secours du change. IT est certain qu’en dehors des considérations que ces droits leur ont fait valoir, la suppression de l’Affdavit équivaudrait à la création d’une monnaie internationale supplémentaire et constituerait à côté de l’intervention du Trésor une mesure secondaire, mais utile pour l'amélioration définitive du change.

(1) Villars. Le change Espagnol. Economisle Européen,

? Ca à « s # 7 MoxOMÉTALLISME OR ET CIRCULATION DE L'OR

Le projet de M. Urzaïz comprenait l’établissement lointain du monométallisme or. Ce système monétaire, qui à été adopté par différents pays, paraît être le régime moderne par excellence et donner toutes les garanties actuellement désirables

En réalité. outre que la démonétisation de l’argent serait excessivement onéreuse pour l’Espaone, elle a déjà entrainé pour les Etats qui l’ont adopté un certain nombre d’inconvénients. Un des plus connus, surtout pour les embarras qu'il a causés en Angleterre, provient de l’obligation pour la banque d’émission de rembourser intégralement les billets en or et de la difficulté qu’elle éprouve à garantir son enéaisse en temps de crise.

La Banque d’Espagne serait ainsi amenée à laisser passer son or dans la circulation.

Cette mesure est possible, mais ne paraît pas actuellement prudente. Avant de remettre l’or en cireulation, il faudrait être sûr de pouvoir l’y maintenir, Et on ne l’est pas suffisamment aujourd’hui. Malgré l’amélioration certaine de la balance des comptes, l’état de ses soldes annuels n’est pas encore suffisamment établi. Si, pour des règlements à opérer à l'étranger, une partie de l’or que l’on aurait mis en circulation sortait d’Espagne, il est

à présumer que la spéculation ne tarderait pas à s’emparer de ce qui resterait, comme elle l’a déjà fait, dans la dernière crise. et on retomberait dans les mêmes embarras.

D'ailleurs, la circulation absorberait la plus grande partie de l’or, et diminuerait d’autant le stock de métal jaune effectivement disponible pour les règlements à l’étranger. Le régime monétaire qui à été adopté dans les réformes les plus modernes, le système du Gold Exchange Standard, a, au contraire, pour but de conserver tout l’or disponible pour les payvements de J’Extérieur. C’est là, tout au moins, pour des pays qui n’ont pas un stock d’or énorme une incontestable supériorité ; avec une même somme ils peuvent assurer bien plus longtemps la stabilité de leurs changes et la solidarité de leur système monétaire.

Les inconvénients de la mise en circulation de l’or ne sont compensés par aucun avantage très sérieux. Car si l’on sait que l'or est entre les mains du Frésor, si celui-ci satisfait, soit ‘au pair, soit au taux fixé, à toutes les ‘lemandes qui sont formulées par le publie, le changé se maintiendra au même prix que si l’on utilise l’or dans le pays pour les transactions quotidiennes.

Malgré cela, il demeure certain que, quelle que soit l'importance de la réserve et les mesures prises pour la garantir, l’or ne restera pas et finira

toujours par s’épuiser, si la balance des comptes ?

est d’une manière constante déficitaire. Et il paraît bien établi aujourd’hui que toutes les théories contraires sont illusoires.

Il faut done, en dehors des mesures à prenire pour rétablir actuellement le pair et ramener l’or, s'occuper de le converser, et on ne le fera que si, par l’encouragement donné à l’agriculture et à l’industrie nationales, on arrive à rendre et à maintenir créditeurs les soldes internationaux de l’Espagne,

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