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Le Château des Saules.
Une vieille maison au coin de la rue Cortot et de la rue des Saules, tout en haut-de la ; Butte, une maison historique qu'ont habité, il Fra y a quelques siècles, Ignace de Loyola et les | premiers jésuites. Elle est encore fort bien conservée avec sa porte massive, roulant sur des gonds énormes et éclairée par un judas.
C’est là qu’habite Bruant. 11 couche dans le chœur de la chapelle des pères jésuites et fait sa toilette dans la sacristie. |
Derrière la maison et sur la pente nord de la Butte, un vaste clos, terminé. par une merlé charmille qui conduit à une salle à manger d'été, construite en planches et tapissée | d’affiches multicolores. Des plantes grimpantes -
recouvrent le tout et forment un dôme naturel
qui font de cette installation un séjour embaumé et toujours frais, même dans les plus chaudes journées de l’été. |
Non loin de là, les communs, la- cuisine, l'office, la chambre de François, à la fois jardinier, valet de chambre et sommelier; plus loin le chenil, le poulailler, le PGSCRREt et le toit du es
Pas de bruit que le chant du coq ou l’aboiement des chiens, s’il survient un visiteur On se croirait à dix lieues de Paris. Bruant rêve de s’agrandir encore, de louer, puis d'acquérir
ANENET PARA TUE NS 4 i
tout l’ancien É des Pères qui touche au Château par son extrémité. Us as
- Nous verrons, je vous le prédis, Bruant grand “ propriétaire. :
En attendant il adore son coin qu ‘il ne vou= drait j jamais quitter.
Il se lève tard, fait un tour die en sabots et veste du matin, suivi deses chiens, puis déjeune. Le couvert est toujours mis pour les camarades qui ne reculent pas devantune ascension matinale: n’ai-je pas dit déjà que Bruant est le plus affable et le plus dévoué des amis?
- Puis Bruant passe ue la saison dans son cabinet ou dans sa salle à manger d'été, s'assied devant son piano ou uns sa table et se met à l’œuvre. ;
— Il n’y a que dans ce décor, dit-il, milieu de ce grand calme, que l'inspiration m me vient.
Disons un mot de son procédé de travail,
Bruant n'invente rien, mais si une idée, un
mot, fait surgir en lui un sujet de chanson, il y pense longuement; Se coupe mentalement ses couplets, puis il écrit, :
Parfois la chanson vient d’un seul jet: lé plus souvent il l’écrit dix fois avant de se dé-
clarer satisfait et de la fixer dans une forme
définitive. S’il doit employer un mot d’argot, il s ’enquiert, s assure FL il est encore dans la
circulation, qu’il n’a pas été remplacé par un plus neuf, Il a Le souci de l'exactitude poussé ‘au suprême degré ; il veut être actuel, précis, Rien n’égale sa joie de découvrir le premier un vocable Nouveau et d’en user. De là, cette intensité d'expression, si frappante dans Ja moindre de ses œuvres, À six heures, Bruant dîne très légèrement ; il fait son « lézard » jusqu’à neuf. Alors il s’habille, endosse à regret sa veste de velours à côtes, chausse ses bottes, jette son grand manteau sur ses épaules, se coiffe de son vaste chapeau et descend au cabaret d’où il remonte à deux heures du matin. x - Telle est sa vie habituelle, sauf les Jours où le soin de son journal l’oblige à rompre la
régularité de son existence.
Le Mirliton
Car Bruant est encore directeur de journal !
Le Mirliton, organe de la « Boîte », dont la collection vaudra cher dans dix an$, & paraissait à l’originetrès irrégulièrement, une dizaine « de fois par an. > |
Mais, avec le succès, le public est venu et il a fallu songer à contenter cette nouvelle eu tèle.
De mensuel, /e Mirliton est devenu bi-men-..
suel, puis enfin hebdomadaire avec un format
double.
Dessin de STEINLEN.
Nouvelle Année
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