‹ Le chant "authentique" du credoChapitre 14 sur 35 · CHAPITRE II. — PREMIER MEMBRE MÉLODIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — PREMIER MEMBRE MÉLODIQUE

et fa en un seul groupe signale le mi comme note importante de la mélodie et du rythme; c'est d'ailleurs une note caractéristique du quatrième mode. Sans hésitation, donc, du haut du tableau jusqu'en bas, on peut mettre un ictus sur le mi-j. Si de l'intonation on passe à la cadence dactylique sol-fa-mi, on y trouve encore des dispositions mélodiques et verbales fixes, qui permettent de rythmer d'un seul coup tout un lot décadences.

Le rythme naturel des mots dactyliques, est celui-ci : Dbminus ictus sur les première et dernière syllabes. Or ce rythme doit être conservé tant qu'une raison quelconque d'ordre mélodique, tonal ou autre, ne s'y oppose pas. Rien n'empêche de l'appliquer aux lignes 1, 2, 4, 5, 7, 8, n et 12, c'est-à-dire huit fois sur douze. Dans toutes ces cadences, l'épisème est placé sur la syllabe et la note d'accent sol-ç, puis sur la syllabe finale mi-11. Toutes les exceptions — lignes 3, 6, 9, 10 — s'expliquent par des conflits qui seront exposés ci-dessous.

Abordons maintenant l'étude des incises qui présentent quelque difficulté.

Ligne 2 (v) — Un épisème vertical sur la syllabe clum de sanctum suffirait à la rigueur; et alors, il faudrait supprimer l'ictus rythmique du dactyle qui suit, tout comme aux lignes 3 et 6. Nous avons cru préférable de profiter du sens logique qui autorise une légère pause après Sdnctum. Ce retard de la voix, doux et léger, s'il est fait avec grâce et aisance, donne plus de naturel et de souplesse -à la récitation, et fait ressortir le mot Dominum, comme il convient pour un mot si important dans la profession de foi. — Ce procédé nous permet d'ailleurs de rythmer naturellement tous les mots de cette incise, comme à la ligne 1, ce qui est essentiellement grégorien.

Nous avons mis un point sur chacune des deux notes de la clivis finale mi-ré ; peut-être un episème horizontal sur le mi serait-il suffisant : il maintiendrait le sentiment de la cadence habituelle, et mettrait plus d'harmonie dans notre Credo. Ce ré, ajouté à la cadence habituelle, n'existe en effet, on s'en souvient (cf. p. 20), que lorsque l'incise de liaison manque complètement; il la remplace, et relie les deux premiers membres de phrase, tout comme le ré du podatus, à vehturi saiculi (cf. Tabl. VI). Ici et là, il n'est qu'une note de passage, une transition habile. — De même, aux lignes 3 et ir.

Ligne 3, 6 et ro (c, d, j), nouveau conflit entre deux ictus successifs :

vi-si-bi-li- um omni- um lî-num Dô- mi-num propter nos hô- mi- nés

L'un des deux ictus marqués d'un astérisque doit disparaître, car ici le sens ne permet pas d'arrêt avant le dactyle final. Or, comme il est toujours séduisant pour un musicien latin de rythmer les mots, c'est le parti qui a été pris. Le premier touchement rythmique di;s mots omnium, Dominum et homincs tombe, mais l'accent reste au centre d'un temps ternaire avec son intensité propre.

Lignes 4, 5 et 6 (y, dd, d). — Pas de difficulté. La montée ou arsis mélodique, dynamique et rythmique, qui comprend trois notes mi-fa-sol, s'élève d'un bond jusqu'au sommet pour retomber doucement, en forme d'appui, de thésis, sur la dernière syllabe des mots (voir plus loin, p. 26.)

Arsis ou montée rythmique

— — dynamique

— — mélodique

Thésis rythmique

— dynamique

— mélodique

Qui cum Pâ- tre Et vi- tam

Et in il- num

Ligne ç (s). — Là, il y a une particularité intéressante. Un appui rythmique a été placé sur \efa-10, dernière syllabe dit du mot ascéndit, au lieu de l'être sur la dernière note de la cadence mi. Rien n'empêchait de faire comme partout ailleurs; on a préféré assimiler le rythme de ascéndit au rythme de toutes les cadences spondaïques qui suivent immédiatement l'intonation mi-fa, (Tabl. VIII), et rythmer le mot ascéndit en spondée, conformément au rythme oratoire, abstraction faite de la suite mélodique de la phrase : il y a là un entraînement rythmique naturel auquel il est difficile de résister. La régularité et l'eurythmie s'établissent ici entre toutes les cadences littéraires spondaiques, et non entre les cadences musicales dactyliques.

Mais l'effet de cadence n'est-il pas détruit, puisque l'ictus ne porte plus sur le mil — Il est vrai, il n'y a plus de cadence, et nous attendions cette occasion pour faire une remarque importante. Si cette expression cadence imparfaite A est employée justement, pour la généralité des cas, afin de caractériser le rôle de cette petite incise sol-fa-mi ou sol-mi, néanmoins il arrive plusieurs fois que cette même incise adhère si étroitement, par les paroles, à V incise dite de liaison, que le sentiment de cadence avec mora vocis ou simple appui s'affaiblit, ou même disparaît totalement. C'est précisément le cas pcar ascéndit in caélum. Il serait impossible d'allonger la note mi-11 sur in sans rempre le mouvement récitatif qui est de rigueur dans tout le Credo. Un simple e fugitif appui sur ce mi serait tolérable, nous l'avons déjà dit, mais en plaçant le touchement sur le fa nous enchaînons plus intimement ce qui sert ordinairement de cadence avec la liaison qui conduit au deuxième membre.

Ligne 10 (j). — On a vu plus haut (p. 15) que l'adaptation du texte qui propter nos à l'intonation n'est qu'un pis-aller de la forme régulière, et in ûnum. La syllabe pter tenant lieu d'accent, il n'y a donc qu'à adopter le rythme du type ordinaire, avec accent au levé, et ictus sur la syllabe suivante, nos.

Ligne 11 (aa). — Au lieu d'un simple touchement sur nam de ûnam, le point-mora permet de bien distinguer une à une, dans une récitation intelligente et ferme, les notes de la véritable Église, ûnam sânetam cathblicam, etc, (cf. p. 48)-

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