CHAPITRE III. — DEUXIÈME MEMBRE MÉLODIQUE
sol-j ne peut ni être doublée, ni recevoir un touchement rythmique, parce qu'elle suit immédiatement le fa -4, note ictique immuable dans toutes les cadences de cette famille. La syllabe tonique se trouve au levé du rythme, elle n'en est que mieux accentuée.
20 JZaison d'une bonne accentuation. Cette accentuation légère, si conforme à la nature de l'accent latin, est précisément la deuxième raison qui nous a déterminé à adopter cette marche rythmique, basée déjà sur la nécessité d'une parfaite unité rythmique, d'une pleine harmonie, entre les cadences sœurs C, D, B. La cadence B appartient à cette forme musicale dont les deux dernières notes à l'unisson, sol-sol, sont plus élevées que la note précédente fa. Or, dans les cadences montantes, l'allongement de l'accent tonique est ordinairement prohibé ; il nuirait à ce quelque chose de léger, de « lancé », qu'est essentiellement l'accent. D'ailleurs, cet allongement sept fois répété dans le cours du Credo, en troublerait l'économie rythmique et donnerait à la cadence B une apparence de grande cadence que sa constitution mélodique et le contexte musical repoussent avec évidence.
Il n'y a, en réalité, qu'un seul moyen de maintenir l'unité rythmique de cette cadence B avec l'ensemble de la pièce : c'est de ne donner qu'un seul temps au dernier accent tonique. Alors tout est dans l'ordre : mélodie et rythme s'écoulent doucement jusqu'à l'avant- dernière note sol-2. Là seulement on s'aperçoit qu'une note manque, la dernière, sol-i ; mais cet effet est voulu par le compositeur, et c'est lui qui donne l'impression de cadence imparfaite; le rythme est abrégé, écourté, il n'est pas boiteux; la mélodie fait un pas de moins, elle n'a posé qu'un pied, pour ainsi dire, elle est encore en marche, ce n'est qu'avec les grandes cadences C, D qu'elle posera les deux pieds sur les deux notes doubles à l'unisson qui les caractérisent. — La demi-cadence B, ainsi rythmée, est plus légère, plus gracieuse; elle n'arrête pas le cours de la récitation; on la distingue nettement des grandes cadences C et D. Et alors que celles-ci sont annoncées par un léger retard qui, en s'augmentant peu à peu jusqu'au dernier accent, le double tout naturellement, la cadence B, imparfaite, alerte et vive, ne réclame aucun ralentissement; son accent tonique final, élancé, bref, transitoire, reflète lui-même le caractère de la cadence dont il fait partie
En résumé, le goût, l'esthétique, la grammaire, la musique, s'accordent pour ne pas allonger cet accent.
Ceci fixé, toute la rythmique du deuxième membre avec cadence B est facile à déterminer. L'identité est complète avec la cadence C. Il n'est besoin je crois d'aucune explication, celles qui ont été données au sujet des cadences C suffisent.