‹ Le chant "authentique" du credoChapitre 25 sur 35 · CHAPITRE III. — DEUXIÈME MEMBRE MÉLODIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — DEUXIÈME MEMBRE MÉLODIQUE

qualité de demi-cadence qu'elle apparaît au Credo pour la première fois sur le mot omnipotente»^ ce qui est déjà une indication assez significative de sa valeur. Il n'y a aucun doute, non plus, que ce ne soit en cette même qualité qu'elle revienne aux lignes 3, 6 et 7 du présent tableau : le texte littéraire en est un garant.

Or on peut, en chant grégorien, et en toute musique, je crois, poser avec assurance ces deux règles générales : une cadence reconnue imparfaite au point de vue mélodique et rythmique, ne peut jamais devenir une cadence complète, parfaite; au contraire, une cadence parfaite peut se prêter, s'abaisser, pour ainsi dire, au rôle de demi-cadence. L'oreille, les faits, le bon sens, s'accordent pour appuyer et justifier ces deux règles; qui peut le plus peut le moins.

Les trois doubles barres après la demi-cadence B — lignes 2, 4, 5 — n'indiquent donc pas nécessairement une grande cadence, une fin de phrase; de fait, elles sont uniquement l'indice d'un changement de chœur dans un chant alternatif. Elles correspondent peut-être à la ponctuation actuelle du Missel ou du Graduel romains, mais non à celle que l'auteur avait en vue au moment où il ponctuait le texte du Credo au moyen de ses différentes cadences musicales. — Nous aurons plus loin l'occasion de revenir sur ce fait, à propos de de Déo véro (p. 46).

On peut considérer les cadences seaindum Scriptûras et déxteram Pdtris, musicalement, malgré les doubles barres et les points qui les suivent, comme des cadences imparfaites ponctuant une longue phrase littéraire et mélodique qui comprendrait les articles de foi relatifs à la résurrection, à l'ascension et au dernier avènement de Notre-Seigneur. Voici comment se composerait cette phrase :

Demi-cadence B

Demi-cadence B

se

etresurré-xit térti- a di- e, seciindum Scriptûras,

et ascéndit in caélum, sédet ad déxte-ram Pâtris,

Demi-cadence A „■■■ ■■■■ ■ § ~

i Z rm*

et i-te-rum ventiî-rus est cum glô-ri- a,

Cadence C, g . ^ g— —

abaissée au rôle ~~ ■ *

de demi-cadence

Grande cadence D finale

ju-di-câ-re vf-vos et môrtu- os

eu jus régni non é -rit fi- nis.

Toutes les cadences B avaient donc pour le compositeur un caractère d'imperfection; pour nous, l'impression qu'elles laissent est suspensive, appellative, elles demandent une suite. Ce t'ait est important à constater : il est un élément positif, capable d'éclairer le rythmicien sur un point assez difficultueux, je veux parler de la valeur quantitative du dernier accent tonique; car il s'agit de cadences spondaiques.

Faut-il allonger cet accent jusqu'à le doubler, comme nous le ferons pour le dernier accent de la cadence D, ou lui attribuer seulement un temps simple?

omnipo-téntem

omnipo-téntem

C'est la première décision à prendre; de la valeur quantitative de cet accent dépend la place des notes ictiques dans le. reste de la cadence. Deux raisons principales nous ont déterminé à ne donner à cet accent qu'un temps simple.

i° Raison d'unité rythmique entre les diverses cadences; 2° raison d'une bonne et latine accentuation d'un spondée.

i° Maison d'unité rythmique entre les cadences. L'étroite affinité qui relie les grandes cadences C et D et la cadence imparfaite B a déjà été indiquée transitoirernent; il importe de les rapprocher de nouveau.

Grande cadence-C

Demi-cadence B

Grande cadence D

PL

C bi

On vient de dire que les cadences C et D sont les formes, dactylique et spondaïque, d'une même cadence. La demi-cadence B est de la même famille : elle tient de l'une et de l'autre mais elle est écourtée. La ressemblance est plus frappante avec la cadence C.

En C et en B, même intonation, même récitation, même descente mélodique la sol fa. Ici seulement les deux cadences se séparent un instant pour se retrouver aussitôt et se terminer ensemble sur le sol. L'unité, j'allais dire l'identité mélodique de ces deux motifs entraîne naturellement leur unité, leur identité rythmique.

On s'explique dès lors la place donnée aux ictus dans la cadence B. Par là même aussi est fixée la valeur quantitative de l'avant-dernier accent :1a note d'accent

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