‹ Le chant "authentique" du credoChapitre 34 sur 35 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Un des buts de cette monographie était de montrer une bonne fois comment les Bénédictins s'y sont pris pour rythmer les chants syllabiques. On voudra bien reconnaître tout au moins que, dans ce travail si délicat, ils n'ont point agi à la légère. En effet, toutes les solutions rythmiques adoptées sont dictées, soit par la récitation bien comprise du texte, soit par les formes musicales, intonations ou cadences. Que si parfois certaines de ces solutions restent libres, celles-là même sont encore appuyées sur des faits objectifs de mélodie ou de texte littéraire qui les suggèrent et les justifient.

Ces analyses minuscules sembleront peut-être bien mesquines à quelques-uns, et cependant, sans elles, il serait impossible de pénétrer les raisons dernières des beautés de l'art grégorien, impossible de les réaliser dans l'exécution. Les procédés employés ici par le compositeur sont des plus simples, ils n'en ont pas moins produit une grande chose : Yunitê. Or, X unité mélodique et rythmique de ces cadences, que nous venons d'exposer si lentement, est une des causes principales qui donnent à la récitation chantée de notre Credo catholique cette harmonie à la fois grave et mystérieuse, cette régularité ferme, cette sérénité, cette noblesse d'allure, qui conviennent à l'expression publique de notre foi.

Nous avons donc lieu de l'espérer, ceux qui estimaient qu'une « récitation naturelle du texte » suffirait pour obtenir une interprétation esthétique convenable, comprendront maintenant qu'un tel résultat ne peut être atteint à première vue, sans un travail analytique pénétrant, précis, tel que celui que nous venons d'essayer. Ceci devient manifeste, lorsqu'on se donne la peine de comparer notre rythme du Credo avec ceux des divers accompagnements parus depuis quelques années. L'interprétation bénédictine révèle la logique, l'ordre, la beauté, tandis que la confusion, le désordre, la contradiction rythmique, se dévoilent à chaque pas de ces accompagnements, quelque estimables soient-ils au point de vue harmonique. Il est évident que leurs auteurs n'ont pas reconnu la belle ordonnance des formes musicales qu'ils étaient chargés de faire valoir : rien ne prouve mieux que ces contradictions la nécessité d'une notation rythmique parfaite.

Peut-être aussi, ces longs commentaires, en faisant apprécier davantage le génie artistique et religieux de nos pères du moyen âge, et la richesse de nos mélodies grégoriennes, inviteront-ils à approfondir toujours plus les études en ce sens. Du moins, ils aideront sans doute les fidèles à mieux comprendre leur symbole, à le mieux aimer, et à le mieux chanter. Et c'est, en définitive, la raison dernière de nos travaux à Solesmes. « Mens nostra concordet voci nostrae ».

Voici maintenant, pour terminer, le texte de notre Credo, tel qu'il ressort de notre analyse mélodique et rythmique.

Rédo in unumDé-um, Pâtrem omni-pot-éntem, factô-rem caéli et

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térrae, vi-si-bi-li- um omni- um, et invi-si-bi-li- um.

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Et in ûnum Domi-num Jé-sum Ohristum, Fi-li- um Dé- i u-nigé-ni-

tum. Et ex Pâtre nâtum ante omni- a saécu- la. Dé- um de Dé- o,

lumen de himi-ne, Dé-um vérum de Dé- o véro. Gé-ni-tum, non fàctum,

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consubstanti- â- lem Pat

ri :

per quem 6mni- a fâcta sunt.

Qui propter nos hômines,

et propter nôstram sa-lû-tem 1 1

descendit de

caé-lis. Et incarnâ-tus est

de Spi-ri-tu Sâncto ex Ma-ri-

a Virgi- ne :

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Et hômo fàctus est. Cru-ci- fi- xus ét-i- am pro nôbis : sub Pôntf-o Pi-lâ-

to pâssus et sepûltus est.

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ômni- um, et invisibilium

Et re-surré-xit térti- a ai- e,

secundum Scriptu-ras. Et ascéndit in caé-

c - i bs • .

lum : sédet ad déxte-ram Pâtris. Et i-terum ventûrus est cum gl<5-ri- a

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ju-di-câre vivos et m6rtu- os : ciijus régni non é-rit fi-nis.

su

JÎ-JLJ5 i — li

Et in Spi-ri-tum Sânctum, Dôminum,

et vi-vi- fi-cântem : qui ex Pâtre i i.

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Fi-li-ôque procé- dit. Qui cum Pâtre etFi-li-o simul ado-râ-tur, et con-

glo-ri- fi-câ-tur : qui locû-tus est per Prophé- tas.

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*-gM-g

Et ûnam sânctam cathô-li-cam et apostôli-cam Ecclé-si- am. Conff-

te- or ûnum baptisma in remissi- onem pecca-t6-rum. Et exspécto re-sur-

recti- ônem mortu- 6- rura. Et vî-tam ventu- ri saé-cu-li. A- men.

vel

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Dû- mi-num, et vivificântem cathô- li-cam et apostôlicam

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