LA CADENCE MIXTE ET L' " AMEN
chœur formé par un maître intelligent, se jouera du présent problème qui consiste à distinguer un mot sans le séparer de ce qui suit : c'est le propre du retard — mora vocis — bien rendu, de produire à la fois cet effet de distinction et de liaison.
article il — Amen
L'harmonieuse unité de toutes les parties du Credo persévère jusque dans le motif mélodique de Y Amen, qui se rattache certainement aux cadences B et C par les trois premières notes; c'est pourquoi nous avons mis l'ictus sur le/a du premier climacus.
Cad. B.
Cad. C.
De plus, dans le pes subtripunctis so\-la-sol/a-m\, on peut voir un souvenir, un rappel des mêmes notes appartenant à la deuxième partie de la cadence C.
II est nécessaire de ne pas isoler Y Amen de ce qui précède. Les mots : Et vitam vénturi saéculi, Amen, ne forment qu'un seul membre de phrase littéraire et musical dont toutes les parties sont étroitement unies. Il se compose du premier et du deuxième membre mélodique qui s'enchaînent sans la moindre interruption.
1er Membre. | 2e Membre. Cadence.
Et vf-tam ventiî-ri saécu-li. A- men.
Mais après Yintonation et la récitation habituelles du deuxième membre, les cadences B et C, qui le suivent ordinairement, ne peuvent plus servir; elles se terminent sur le sol, et il faut enfin aboutir au mi, note finale du 4e mode. Elles sont délaissées, et c'est la clausule mélodique de Y Amen qui les remplace; cette clausule amène la note mi, qui donne l'impression d'une cadence parfaite, définitive.
C'est donc une véritable erreur, un contre-sens musical, de considérer la formule mélodique de saècidi comme une cadence qui peut être suivie d'une double barre. Ce n'est pas au beau milieu d'une récitation qu'une phrase peut se terminer. L'élan musical ré-la-si-la-la appelle une réponse immédiate, qui est Y Amen. La double barre eût été avantageusement remplacée par un quart de barre, et la reprise par le chœur entier indiquée au moyen d'un astérisque, placé soit avant et vitam, soit avant Amen. Ainsi le dessin mélodique eût été respecté, et avec lui, l'unité parfaite de notre Credo.
Mon. (Jrcg. III.