MOYENS FACILES DE RÉUSSIR
Quelques journalistes et plusieurs de nos vénérables confrères nous ont fait l’honneur de nous poser, au sujet du chant populaire, une foule de questions. Dans les quelques notes qui vont suivre, nous allons tâcher d’y faire réponse, d’une manière laconique, mais, nous l'espérons, claire et suffisante.
Il y a cinq ans que le chant populaire fonctionne dans notre église, à St-Edouard de Lotbinière.
Le peuple est-il admis à chanter tous les offices ?
Non. Mer de Ségur a écrit quelque part:
‘ La grand'messe est faite pour être chantée par toute l’assistance, nous voulons dire par tous les fidèles qui peuvent chanter. Les chantres proprement dits ne chantent pas pour eux mais pour tous les assistants. [ls ne sont au lutrin que pour soutenir les voix des fidèles, pour donner le ton, pour diriger. Tout chrétien devrait dès l'enfance, apprendre et savoir chanter le Xyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus, l'Agnus Dei, tout ce qui se chante invariablement sur les mêmes tons et à chaque messe.” l’illustre écrivain ajoute : ‘“ Ces
dm ÉQ
chants sont avant tout des prières, les plus saintes de toutes les priéres. Il faut chanter avec ensemble, ni trop haut, ni trop bas, mais avec piété, avec âme... Mon Dieu ! que vos offices seraient beaux, édifiants et touchants, comme il serait intéressant d'y assister, si le peuple avait ainsi sa partie de chaque office à exécuter, et si ces règles si simples y étaient observées !?” Nous PARIS beaucoup naturellement l'opinion de Mgr de Ségur. Cependant, je ne crois pas que dans un pays où, comme au Canada, on ne fait que débuter, l'exécution du plain- -chant par le peuple soit de sitôt possible. Dans une paroisse où à peu près tout |! monde sait lire, et où l’on fait chanter le peuple à l'heure qu'il est, je n'hésite pas à croire que la jeune génération d’aujour- {l’hui pourra facilement, dans quelques années, chanter parfaitement les pièces ordinaires du plain-chant. Mais au début, à cause des repos qu'il faut observer scrupuleusement, de la quantité qu'il faut donner à chaque note, de la science qu'il faut avoir du solfège et de la rubrique, nous sommes d'opinion que le peuple ne doit être admis à chanter que les cantiques les plus faciles et quelques rares, bien rares, morceaux de plain-chant. est du moins ce que nous avons fait à St-Edouard.
Pour le plain-chant généralement et la musique vocale, nous avons deux chœurs spéciaux, l’un au sactuaire, et l’autre à l'orgue: organisation ‘et culture particulière pour ces deux chœurs.
sui DD us
Que chante le peuple à St-Edouard ?
1° Les réponses au prélude dela préface. Toujours sur le ton férial ;
20 L'Ave maris Stella. Le peuple répète la première strophe en guise de refrain.
30 Le Magnificat, sur le 5e ton, toujours, suivant le conseil que nous a donné Mgr l’Archevêque de Québec.
40 Le Parce Domine et le Laudate Dominum omnes gentes ;
59 Le refrain d’une cinquantaine de cantiques français.
Jomment procéder, pour réussir ? Il peut y avoir mille moyens plus efficaces: voici toutefois comment nous avons procédé à St.
Edouard : |
Nous avons d’abord—et ce détail est de suprême importance—endoctriné notre paroisse, formé, éclairé l'opinion sur la beauté du chant religieux, sur le rôle que Dieu lui assigne dans les cérémonies ; sur ce cachet particulier de civilisation que la culture du chant et de la musique imprime à une paroisse; sur les indulgences que l'Eglise accorde à tous les fidèles qui prennent part au chant des offices divins, etc.
À St-Edouard, il se dit chaque mois une messe basse à l’intention des paroissiens qui, durant le mois précédent, ont toujours avec bonne volonté dans la mesure de leurs aptitudes, pris part au chant populaire,
Avant tout, on le voit, il faut faire de ce