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A MER V

Méry, la poésie a longs tlots me déborde En revoyant ces rocs, noir bataillon qui borde Notre rade d'azur qu'à chanter tu te plus. Pour traduire des mers le solennel cantique, Pour ranimer l'ardeur de notre siècle étique, Ami, que désormais ton soleil poétique Compte un satellite de plus.

Naguère un char marin, désertant nos parages, Sur les vagues, patrie immense des orage>. M emporta pour te voir. Oh ! sur cet élément . Dont l'autan vient fouiller les ondes et l'arène,

Toujours une puissance ardente et souveraine, Pour contempler ta gloire, ô poète, m'entraîne. Ainsi que l'acier vers l'aimant.

Je partis. Quelques pleurs mouillèrent ma paupière. Lorsque les deux Siciers, longs cadavres de pierre, Me masquèrent Toulon, ses vaisseaux, ses hangars Où s'alignent les troncs du chêne et du mélèze: Et mon cœur fut saisi d'un étrange malaise, Lorsque les flots, hurlant au pied de la falaise, S'offrirent seuls à mes regards.

L'horizon se teignit d'une couleur blafarde ; Des flots, qu'à son lever l'aube écarlate farde, Le mistral, par degré, renfla le sein mouvant. Puis, quand il les fouetta de ses larges lanières, Pareils à des lions traqués dans leurs tanières, Je les vis écumer, secouer leurs crinières. Et rugir en se poursuivant.

Je crus voir au lointain les vagues atlantiques Se lasser d'explorer leurs océans antiques ; Et pourvoir l'Orient enivré de nectar, Pour contempler iios cieux et no? heureuses rives,

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