‹ Le chantierChapitre 101 sur 106 · A MER Y · texte numérisé non relu

A MER Y

Couvertes, en été, d'orangers et d'olive?. Comme au lieu du festin s'élancent les convives, S'engouffrer dans le Gibraltar.

Hideux Léviathans , inondant de leur bave L'archipel de rochers dont la côte se pave, Ces flots, quand deux d'entre eux se fondaient en un seul , Semblaient deux noirs Titans qui, vomis par l'orage, Expiraient tout à coup d'une étreinte de rage, Tandis que d'autres flots tendaient sur leur naufrage Un vaste et livide linceul.

Un instant, au milieu du fracas des rafales. Je crus entendre au loin des clameurs triomphales; De sublimes accords le ciel se remplissait. Les rochers et la mer, les vents et les nuages. Tout chantait à la fois, et l'écho des rivages Répétait le poëme au fond des monts sauvages, Et le tonnerre applaudissait!

Et I'Eurotàs roulait sur l'Océan sonore, Il fumait et grondait, ainsi qu'un météore Son grand poitrail de bois de sueur ruisselait, Et parfois, sons ses pas, comme une arche superbe

A MKRV. 27 3

Le flot s'arrondissait, puis jaillissait en gerbe ; Tel du pâtre attardé, foulant le champ plein d'herbe. Le pied fait surgir le follet.

Et, bien qu'il ressemblât au volcan qui s'enflamme. Bien qu'il eût, comme lui, des entrailles de flamme, Quand la mer déferlait sur ces milliers d'îlots Que des vagues d'azur la blanche écume allaite, Le navire volait comme une escarpolette, Et ses membres puissants, ses larges flancs d'athlète, Craquaient sous l'étreinte des flots !

Mais ni les bruits du vent, ni la mer, ni l'orage, Ne purent ébranler un instant mon courage ; Car j'étais soutenu par un bien doux espoir : Je savais, ô Méry, toi que j'aime et j'admire, Que Marseille la grecque et la sœur de Palmyre Était là, près des flots où son orgueil se mire ; Je savais que j'allais t'y voir!!!

MEKY

Page 1